dimanche 13 novembre 2011

LA MÉDÉE D'EURIPIDE: au coeur du noeud de l'Étrangère

Deux fils
Photo:l.l.



JASON


Tu en conviendrais si tu n'étais pas aussi obsédée par les coucheries. Vous autres, les femmes, vous estimez que tout va bien tant que vous avez votre homme entre les jambes. Qu'il vous échappe et c'est la guerre !

LA MÉDÉE D'EURIPIDE
Marie Cardinal

MÉDÉE

Amies, mon acte est décidé: le plus vite possible je tuerai mes fils et m'enfuirai loin de ce pays pour ne pas, par mes lenteurs, exposer mes enfants à périr par une main plus hostile. Il faut absolument qu'ils meurent. Puisqu'il le faut, c'est moi qui les tuerai, qui les ai mis au monde. Allons! arme-toi, mon coeur! Que tardons-nous ? Reculer devant ces maux terribles, mais nécessaires! Va, ô malheureuse main, prends un glaive, prends; marche vers la barrière d'une vie de chagrins. Ne sois pas lâche. Ne te souviens pas de tes enfants, que tu les adores, que tu les as mis au monde. Allons! pour cette journée du moins, oublie tes fils : après, gémis! Car si tu les tues, pourtant ils t'étaient chers; et je serai, moi, une femme infortunée! (Elle rentre dans le palais.)



Henri Berguin
MÉDÉE
Garnier
Εὐριπίδης
Μήδεια



Dans la mythologie grecque Merméros et Phérès sont les fils de Jason et de Médée. Ils furent tués encore enfant, soit par leur mère Médée, qui voulait ainsi se venger de l'infidélité de Jason avec Glaucé (la fille de Créon, roi de Corinthe), soit par les Corinthiens eux-mêmes, qui les massacrèrent en représaille (Médée ayant tué Glaucé et sa famille).
(wikipedia) 

Au sein nu du choeur des femmes amies
 Festin de mains et de larmes à mères
Poison d’or sur corps d'entre-déchirés
Silence d’argent d'armes tranchantes
Meurtres dans l’œuf des vies nouvelles



En grec, analogia signifie proportion. Le terme désigne une similitude entre des choses ou des idées de nature différente. Une analogie est une ressemblance.


***

Trois jours plus tard, je suis encore sous le choc brutal de la finale poignante de LA MÉDÉE D'EURIPIDE. Les mots n’apparaissent pas toujours aussi facilement sur mon écran que je le voudrais, mais doivent-ils toujours être aussi apparents pour décrire l’Innommable ? La Médée d'Euripide, surtout celle de Linda Laplante, tragédienne d'exception de la Cité, a en-chanté, avec toute la passion et le talent qui l’habite, une autre de ces histoires de femme trompée qui n’en finissent jamais avec leur vérité et…celle de leurs maris...

Non, pas vraiment encore réellement descendue de cette scène dans laquelle Médée chante avec douleur la perte anticipée de ses deux fils. J'y ai vu là le nœud de la pièce, le nœud découlant du sein de la sainte-maternité, l'objet d'un grand amour bien identifié. À ce moment précis, on pouvait entendre se couper les souffles courts d’un public hypnotisé. Non, on ne peut pas ne pas avoir eu une ou plusieurs pensées à l’endroit de ce père qui, il y aura bientôt trois ans, sous l’emprise dont ne sait trop quelle folie meurtrière, a exécuté, de sang froid à chaud, ses deux blondes progénitures, que certains ont comparé à de petits anges. Non, on n'a pas pu ne pas y penser. Impossible. Beaucoup trop de ressemblance avec l’histoire de la Médée d’Euripide...

" Quand le pire est trop grand, il finit par occuper tant d'espace qu'on n'a plus la place pour réfléchir. " [...]

Comme nous l'a rappelé récemment le dramaturge Wajdi Mouawad, les Grecs de l'Antiquité écrivaient des tragédies pour tenter d'organiser leurs pensées face à la souffrance. Ils ont aussi construit toute une mythologie d'une complexité pratiquement aussi riche que la nature humaine. Et ces mythes comptaient parmi leurs héros le personnage de Médée, une mère qui tue ses enfants pour attaquer en fait leur père, Jason, l'homme de sa vie, qui l'a répudiée pour une autre.[...]

Suis-je la seule à trouver que Médée était un peu là, sous la neige, par ce jour affreux de février?

Marie-Claude Lortie
La Presse
21 avril 2011
extrait de MÉDÉE ET PIEDMONT


Hugues Frenette, en Jason, mari éploré par le dénouement tragique de son histoire avec Médée, aura tout de même procuré quelques rires, discrets cependant, à son audience muette. Et comme toujours, via sa voix touchante de survivant, a rendu son interprétation dans toutes ses grosseurs. Il était accompagné par une distribution des plus distinguées:

Lise Castonguay Précepteur
Denise Verville Nourrice
Gill Champagne Égée
Richard Thériault Créon
Véronique Daudelin Coryphée
Guylaine Jacob Choeur
Danielle Le Saux-Farmer Choeur
Noémie O’Farrell Choeur



La mise en scène a été confiée au Bolivien Diego Aramburo, celui-là même qui avait magistralement orchestré le splendide MACBETT joué au Trident en novembre 2009. Une fois de plus, il aura greffé à la chair fraîche de ses brillant (e) s interprètes les gestes qui font variablement danser les mots de feu sacré, récités en espagnol par l'Étrangère, et chuchoter ceux plus poétiques par le Choeur des cordes raides de la voix féminine de toutes ces histoires mythiques de rois, magiciens et déesses. Des histoires qui vous apprennent par choeur que ce qui vous tracassait autrefois ressemble drôlement, ou tragiquement, à ce qui vous casse encore la tête...actuellement.

Après tous ces siècles des siècles de lumières et de couleurs, les coeurs fendus en deux des mères enrobées d'amour/haine n'auront d'aucune manière véritablement changé: durement perforés par l'abandon des leurs ou la misère des autres, capables et incapables de percer le mystère de la chair de leur chair avec les armes blanches de la fuite...

Jean Hazel, guide-scénographe de cette pièce indémodable, du dessous de ses piliers millénaires au piédestal du rideau de sang, aura fait brillamment parler le bruit des murs sans cloisons; pendant près d'une heure trente de lente douleur éclairée à la lueur du drame des drames, il aura fait se téléporter l'an 431 de Corinthe directement dans celui de Québec 2011. Les éclairages, sobrement éclatants, création de Denis Guérette, enveloppés par l'ambiance sonore de David Arze, ajoutèrent à la profondeur du chant émouvant des femmes amies, faisant frissonner les superbes costumes de Maude Audet, dont cette robe de rigueur et d'ombres...

Il n’y a pas plus beau présent que celui de l'affolant, affriolant ou reposant génie des artisans de théâtre qui confectionnent, soir après soir, pour un public, averti ou non, des moments uniques, empreints de la grâce des éternels retours...

LA MÉDÉE DE PASOLINI



431  

vendredi 28 octobre 2011

ENTRE VOUS ET MOI, IL N'Y A QU'UN MUR: L'écho des frontières

Jocelyn Pelletier
Photo: Steve Deschênes Le Soleil






Mardi dernier:

L.R.: Devine ce que j'ai vu sur Grande-Allée devant le resto COPAS? les E.T. en papier bulles de DANTE recyclés en décors d'Hallowen, ils dégustent de la chair fraîche miam miam.. ciao a+

 

Hier:

L.L.: Je n'ai pas vu les E.T. en papier bulles mais Hanna, au coin de Du Pont et St-Joseph...toujours des beaux hasards dans cette ville dont je tombe de plus en plus amoureuse à chacune de mes sorties culturelles. Aujourd'hui: Martin Bureau chez Lacerte: absolument magnifique ! Au Lieu: des Camerounais qui ont mis le couvert pour des plantes en pot sur des chaises cheap en plastique, surprenant ! Et les TROPHOUX de Roch Plante alias Réjean Ducharme: j'en voyais de visu pour la première fois, très inspirant pour la ramasseuse d'objets qui traînent dans les rues. Et le théâtre ce soir, ENTRE VOUS ET MOI, IL N'Y A QU'UN MUR, présenté chez Premier Acte, une pièce du jeune et super créatif Jocelyn Pelletier (l'un des comédiens de DANTE, celui qui se virait la tête telle une machine)... Encore une fois bien nourrie par cette jeunesse qui n'en finit plus de me surprendre et de me rassurer qu'elle prend la relève et met ses culottes pour l'Art... Au plaisir d'une conversation autour d'un bon chocolat chaud...;-)


DANS MES YEUX

(Millimetric)





HIER soir, chez Premier Acte, dans une salle pleine à craquer: de la lumière, de la musique, des mots, du mouvement, de la rigueur, du style, un genre.Tout ce qui rassemble ou démembre…une caméra, un mur, un couple, une mère, des filles, des gars, du sexe, du sang, des paroles…Tout ce qui se ressemble ou fait la différence…un gun, un film, la fuite, la mort, la vie…la suite …dans un décor approprié aux quatre volontés de SUSHI poisse-son-mort.


Les armoiries (mot toujours au pluriel) sont ce qui est représenté graphiquement sur un objet armorié (au minimum : l'écu). Les armoiries comprennent l'ensemble de la panoplie formée par l'écu, qui désigne le sujet, et ses ornements extérieurs éventuels (support, couronne, collier d'ordre…), qui disent quelque chose sur ce sujet. Certains ornements extérieurs (cimiers, tenants) font partie des armes (et leur sont systématiquement associés), certains sont arbitraires ou fantaisistes (lambrequins, symboles allégoriques ou votifs), mais la plupart sont la représentation héraldique de titres, de charges ou de dignités: ils sont attribués officiellement, et peuvent varier suivant l'état du titulaire à un instant donné. 
(wikipedia)


Épaulé par la même équipe que LA MÉLODIE ENTRE LA VIE ET LA MORT, Jocelyn Pelletier dessine, avec l'aide de Rachel Lapointe, le clair-obscur des armoiries de son théâtre: son bruyant du silence, noir fondu sur l'illumination dévorante de son intelligence, grésillement effervescent de ses interférences. Les complètent: Jean-François Labbé, aux éclairages, qui installe ses spots de manière à mettre en valeur l'air poétique des mots bien en chair, Pascal Asselin, alias Millimetric, avec sa musique toujours aussi vibrante et originale, des notes qui créent une aura propice aux situations renversantes, Dominic Thibault, à l'irréprochable scénographie, qui établit la frontière entre le Spectateur et l'Acteur. S'est ajoutée, aux mouvements, Karine Ledoyen; fallait voir les scènes de changements de costumes, tout simplement renversantes; elles m’ont fait subito presto penser à celles vues en juin et en septembre derniers lors d’IMAGINATION DU MONDE, cette pièce monument de l'URD Théâtre, dans laquelle Jocelyn Pelletier nous avait offert l'une de ces divines prestations...


…L’impression de m’être retrouvée à la suite de la précédente histoire, celle de l'infernal trio que formaient Hank, Félicité et Mark. Un autre fort beau tableau de flou artistique, celui d’une société de spontanés, corps qui nous entourent 24 heures sur 24, à deux pas de chez nous ou a cinq mille kilomètres, ici et là, devant l'écran ou dans la rue, dans l'univers suffocant des trop petits appartements ou dans ceux beaucoup trop grands des rois déchus et des sultans à moitié nus. À travers le mur fendillé des sons cachés, au-delà d’une fugue plus ou moins bien organisée, dans la chambre intime d’un mec qui filme les courbes d’un temps perdu...de la musique...encore de la musique...



SUFFOQUE





ENTRE VOUS ET MOI, IL N'Y A QU'UN MUR...dérangeant, accessible, ébranlant, à l'affût d'un regard de circonstance...une fresque de corps touchants, des jeux de voix troublantes, des coups de pieds aux ventres de glace, une tête qui tourne en rond entre le passé et le futur…l'éclatement d'une cervelle présidentielle en plein midi...

La salle était donc remplie de cette jeunesse en dentelle et bottes de cuir de bouc qui, pour une heure 45, avait doucement éteint ses cellulaires…pour écouter ce qu’un homme de parole avait à lui dire à propos de l’amour conditionné, celui qui aère l’espace ou qui l'étouffe entre les cuisses de la suffocante promiscuité …Un mur abattu pour écouter flamber le feu dans les yeux de la guitare de Lucien Ratio, pour entendre couler l’eau claire de la bouche baveuse de Gabriel Fournier, pour toucher le fond du baril de poudre des extasié(e)s, pour émerger du monde douillet de la fluidité des femmes, brillantes et ravissantes Alexa-Jeanne Dubé, Joanie Lehoux et Frédérique Bradet, pour la douce et fragile mésentente des sexes atrophiés, pour les cœurs évachés sur les sofas de l’enfance, pour rien de moins...que l'interférence... 



LES PROTAGONISTES DU RIEN




dimanche 23 octobre 2011

LINO: Capture d'âmes pour feu qui hante




Créer est une nécessité pour entretenir les liens qui nous unissent au monde, c’est une activité de tous les jours.

Lino

Le 7 octobre dernier, juste avant de m'envoler vers le Nord de chez ma mère, un arrêt s'imposait au Centre de design de l'UQAM. Lino, illustrateur, peintre, poète, y exposait.

Présentant 40 affiches, 40 planches graphiques originales, des publicités, des livres, des brochures et des animations, elle illustre la profondeur de sa réflexion et l’homogénéité de sa démarche artistique sans concession, quel que soit le produit réalisé.
[site du centre]

Je ne voulais pour rien au monde rater ça. L'endroit est particulièrement vaste et tranquille, on y circule comme dans une espèce de vaisseau spatial. De voir les toiles et les planches originales de Lino, celles dont on a l'habitude de feuilleter dans les livres ou encore dans les divers médias imprimés, ou encore de reluquer sur les façades des théâtres d'ici et d'ailleurs, ajoute la couleur exacte de cette dimension, la 3ème, celle qui fait que l'Art est toujours plus vivant LÀ qu'entre les pages d'un beau livre...quoique... L'Art en face de vous; l'Art qui vous parle entre vos deux yeux ébahis; l'Art au centre de votre douleur, ou/et de celle de l'Artiste; l'Art au coeur du coeur...


J'ai particulièrement apprécié la reconstitution de l'atelier de l'Exposé: tous ces crayons, pinceaux, pots de peintures, encres, rubans gommés, ciseaux...tous ces petits riens qui forment le grand tout, qui cohabitent dans le quotidien de l'Artiste et qui créent son univers... Tiens, je viens tout juste de retracer un article sur la toile, ça devrait en dire plus long et large sur cette magnifique exposition...

http://www.cyberpresse.ca/arts/arts-visuels/201110/13/01-4456941-lino-lartiste-de-la-vie-au-centre-de-design-de-luqam.php

Pour terminer ma nourrissante visite, me suis installée dans un fauteuil confortable afin d'y emplir les interstices vacants de ma mémoire trouée. Les vibrantes animations que Lino a illustrées pour TV5, M POUR MOURIR, qui a remporté l'hiver dernier le grand prix 2011 du concours Grafika. Contemplez:


Et cette inoubliable CHAMBRE DE L'OUBLI, que j'ai lue tout en l'effeuillant: même émotion, même élévation d'âme, même ré(in)confort, parce qu'il y a beaucoup des deux dans l'oeuvre de Lino, tout comme dans celle de Wajdi Mouawad, avec qui l'Artiste a travaillé pour certaines des affiches de son théâtre. Par ses mots omniprésents, Lino donne de cette énergie spirituelle qui incite à voir plus loin que ses images; il sait comment dessiner la fermentation d'un désir d'en arriver à ouvrir encore plus grands nos yeux, nos oreilles et nos âmes. J'oserais écrire à la manière d'un certain Jean-Marc La Frenière, pour qui Lino a illustré le scintillant recueil CE FEU QUI ME HANTE...

L'exposition se termine le 30 octobre; vous avez encore du temps...

***

En souvenir de ces précieux instants, et n'ayant pas assez d'argent pour me procurer le superbe ouvrage sur Lino, que la maison d'Éditions ALTO a récemment mise sur le marché, je suis tout de même repartie avec LES CENDRES DE MAMAN, un livre écrit par Lolita Séchan et illustré par Lino. C'est l'histoire de Mia, une petite fille qui a perdu sa mère...dans une cheminée...

***

Il faisait une splendide journée en ce doux et ensoleillé vendredi de début octobre. Splendide comme le serait pratiquement la majorité du temps passé chez ma mère. Je me suis mise en ligne pour le bus qui me mènerait vers les autres couleurs, celles que les feuilles des arbres bientôt gelés voudraient bien encore me donner après quelques 55 années d'automne...Et comme le hasard fait souvent de ces petites choses absolument géniales, une jeune maman interpella sa petite fille: « Mia ! Mia ! »...Le tour venait encore une fois d'être déjoué entre les pages feutrées d'une toute nouvelle hsitoire d'inventé(e)s...

L'expo se termine le 30 octobre.

HEURES D'OUVERTURE
Mercredi au dimanche,
de midi à 18h

Adresse
1440, rue Sanguinet
Montréal, Québec
H2X 3X9
Métro Berri-UQAM
T. 514 987-3395
centre.design@uqam.ca


À la droite du Centre, d'autres sortes de couleurs...








Photos: L.L.


samedi 22 octobre 2011

EN TOUTES LETTRES


André et Gilles



Chère Louise,

Ton courriel d'avant-hier m'a fait énormement plaisir. Merci surtout pour la photo d'André et moi, ce qui m'a ramené à d'excellents souvenirs d'il y a longtemps. Cette photo fût prise par notre père* qui était un grand amateur de photographie, ayant même un mini-laboratoire au sous-sol de la maison sur la rue Louis-Hébert, pour développer lui-même ses photos. C'était en hiver '43, André et moi étions pensionnaires au Collège Jean-de-Brébeuf et nous avions la permission d'aller dîner et souper un dimanche par mois à la maison. Nous portions tous les deux la tenue vestimentaire officielle des dimanches au collège. Nous n'avions pas encore la permission de porter des pantalons longs, nous devions nous contenter des pantalons "breaches" lacés jusqu'aux genoux et avec des bas longs.

Oncle Gilles
le 22 septembre 2011


* mon grand-père, Georges-Cléophas

vendredi 21 octobre 2011

100 % MORENCY: dans le bleu des coulisses du Corona






Montréal, le 6 octobre dernier
2490 rue Notre-Dame Ouest

Le coeur de l'été indien bat son plein...
Le manager et moi entrons au CORONA,
magnifique théâtre Art déco fondé en 1912.
Une atmosphère d'antan y flotte.
L'équipe de production s'affaire;
elle attend les cassettes vidéo.

Jean-François Blais
le réalisateur
est prêt.

C'est JUSTE POUR RIRE
qui produit cette émission de télé,
qui devrait passe en ondes en janvier prochain.

Nous faisons le tour de la salle,
elle est vide
(pour le moment).

Le rideau est bel et bien rouge.
Les projecteurs se réchauffent.








Vers le sous-sol des petites loges,
le repère d'une scène de MUSIC HALL,
série tournée par Alain Desrochers (GERRY).

Je reconnais l'escalier et la blue light
qui mènent le bal aux carreaux noirs et blancs du plancher
(le souvenir heureux d'un certain Claude Blanchard...)

Vers les 16 heures les cassettes vidéo arrivent,
c'est la répète des cue avec l'Artiste.
Tout baigne...dans les rires...
pas trop gras ;-)







Entracte avec le manager pour un souper au  LIMON.
les saveurs du Mexique montréalais s'étalent sur nos papilles affamées.
L'exquis au rendez-vous des palais les plus capricieux.






18:45 heures

L'entrée des Spectateurs
bien habillés, bien maquillés.
Ils et elles seront quelques 600
venu (e) s voir leur Préféré.
Parmi eux:
Jérémy Du Temple Quirion,
jeune aspirant de l'humour québécois.
Nous serons voisins de parterre
le temps de le dire
le temps de le rire.

Pour se mettre dans l'ambiance:
présentation d'extraits de spectacles de l'Artiste.
La salle est pratiquement pleine
et les rires fusent de bord en bord du Corona.

Pour la mise en bouche:
Pierre Prince,
auteur humoriste et proche collaborateur.

La table est mise pour un public en feu,
foule enthousiaste maintenant prête
à accueillir LE maître de cérémonie.

Aucun rire en canne.
Que du vivant,
que du vrai,
que du live.

De l'humour à vif.
De l'humour au vent.;

Que des bons nouveaux numéros
entrecoupés de vidéos originaux.
La recette infaillible
pour faire lever cet immense gâteau...
de must...

Tous ces gens qui oeuvrent dans l'ombre de l'Artiste,
savent comment capter les rires (et les sous-rires) des fans.
Pour une heure de captation (bien trop courte),
pour un futur gros 44 minutes de télévision.

À la sortie de scène,
les fans en ligne,
non pas sur leur portable ou leur I-phone,
mais bien LÀ, en chair et en os.

Ils conversent et se font prendre en photos avec leur idole.
Il y a de la magie (et une certaine patience) dans l'air.
C'est la générosité de l'Artiste qui les récompense amplement.

Aucune espèce de faux-semblant,
que de l'amour
et de l'amitié.

L'Humoriste sera pourtant presque seul
quand il sortira sur le trottoir
de la rue Notre-Dame ouest,
là où nous l'avions croisé plus tôt cet après-midi.

Il aura faim;
il ira donc manger quelques fajitas au Limon,
là où Ricky Dee, animateur de radio,
et sympathique patron,
l'accueillera à bras ouverts.

Il boira une couple de bières (mexicaines).
Discutera de sa performance avec son manager,
des bons coups et des surprises
et des petites déceptions...
puis rentrera probablement sagement chez lui


Jusqu'aux petites heures d'un autre nouveau matin,
il laissera sa bonne amie l'adrénaline se dissoudre en lui.
Peut-être rêvera-t-il d'une plage quelconque,
ou d'un gag qui n'a pas fait assez rire la salle ce soir,
celui-là sur lequel il aurait tant apprécié qu'elle le fasse.

François Morency,
avec son humour jamais vraiment méchant,
a le don de nous faire vivre (ou revivre)
les petites choses étranges et drôles de la vie,
celles qui truffent un quotidien semblable pour tous finalement.

Il nous console (et jamais ne nous désole).
Il nous révèle à travers ses propres travers...


et la petite flashlight à une piasse qui traîne dans la grosse sacoche,
celle qu'il nous faut pour éclairer nos humeurs noires
quand on se fait trop de bile avec...
François Morency,
un Humoriste qui punch dans la vie sans vouloir la mettre K.O.
Un Artiste fait de pur concentré,
qui se donne toujours à 100 %.
pour que le show must go on..


Merci à mon frère Martin, le manager, qui m'a permis d'assister à cet enregistrement; encore une fois ce fût une belle expérience de scène. Hâte de revoir tout ça en janvier...à la télé.


Photos du CORONA: L.L.