lundi 4 février 2013

CHARME: du coeur à l'âme




Une lumière spectrale de candeur étendue dans les beaux draps de satin graffigné du sceau du destin. Une atmosphère réconfortante pour l'oeil gelé des derniers jours. Une place réservée et toujours de choix...





À la vue du chaleureux décor, nous nous sommes immédiatement réfugiés sous le CHARME de Joëlle Bond. Nous avions encore à l’esprit son superbe CARDIGAN DE GLORIA ESTEBAN qui nous avait transportés dans les contours mystérieux de l'âme des femmes. À nouveau, elle récidive avec cette pièce qu'elle et Jean-Sébastien Ouellette ont mise en scène pour le public de chez PREMIER ACTE. La salle était pleine à craquer. Il y planait comme une odeur de chasteté « dans nos corps de jeunes filles »...



Photo: A. Langlois
Laval-des-Rapides
1967


Comme un rendez-vous en cachette, comme la toute première cigarette, comme le premier slow, comme le premier french kiss,  nous nous sommes enlacés à travers une époque qui donnait souvent lieu à des situations gaies puis désespérées, là où les émotions à fêlures de peau flottent autour de nos petits corps pris « entre les deux mon cœur balance »…






Y’a des âmes en pleurs qui peuplent des placards remplis de vide, des femmes en fleurs qui jamais n’en sortent, des femmes qui chantent très tard le soir dans des bars miteux de la main, des bras de quinqua qui ballottent au vent de la sécheresse, des rides au creux de leurs amours perdus, des brouhahas qui se terrent dans leurs têtes à claques, des viols lents au bout de leur langue percée de baisers sulfureux, des risques d'aimer dans le métier de femme immense et typée, des maquillages outrageusement ordonnés qui fondent des familles éparpillées, des tickets de bus achetés puis déchirés, des larmes au fond de regards bienheureux, des chansons d'effet mère, des prières de pacotille…et des adieux…

CHARME, c’est un peu tout ça. Du vous, du moi, du elles, du eux; de l’enfer, des cieux; de la misère coupée en deux, des cellules, de la liberté. CHARME, une histoire qui n'en finit plus de s'arrêter au beau milieu de la vie, des hommes...et des je te veux...




ELLE EST LIBRE



PRODUCTION: Le Petit Luxe
TEXTE: Joëlle Bond
MISE EN SCÈNE: Jean-Sébastien Ouellette et Joëlle Bond
SCÉNOGRAPHIE: Ariane Sauvé

DISTRIBUTION  
Ann-Sophie Archer
Marc Auger-Gosselin
Frédérique Bradet
François Édouard Bernier
Claudiane Ruelland
Sophie Thibeault

Et dire que j'ai lu ça...
un jour...un jour...


SOURIEZ. 
SOURIEZ SOUVENT.


C’est une habitude charmante qu’il vous faut cultiver. Elle vous donnera une expression jeune et séduisante tout au long de votre existence. Et à la longue, votre humeur
s’y assortira, car elle reflète votre MOI intime.
Joëlle Bond


En 67, tout était beau...




BRITANNICUS: Langue vivante dans le vin aigre-doux des palais en feu



Photo: Nicola-Frank Vachon



Entremetteur: Pâtissier dont les délicieux entremets favorisent les rencontres.

Marc Escayrol


Mots et grumots


y a un Réverbère
tout au fond de moi
qui éclaire chacun de mes pas
je suis ici-bas, dans tous mes états
et c'est très bien comme ça

Arianne Moffatt



Néron, œuvre en marbre du Ier siècle
Musée du Palatin (Inv. 618)


C’est toujours un réel plaisir que d’assister à une pièce présentée au Théâtre de la Bordée. Parce que nous sommes toujours aussi curieux de voir ce que l’on nous servira sur son prestigieux plateau: entrées spectaculaires, plats de résistance juteux et nourrissants, entremets croustillants ou fondants, bombes glacées, savoureux soufflés, vins pétillants. Nous sortons toujours de ce palais aussi satisfaits d’avoir pu savourer des textes qui n’en finiront jamais d’être «  à la mode ».

Ma copie
Photo: L.L.



BRITANNICUS, toujours à l'étude

Ainsi, en ce soir glacial du 24 janvier dernier, nous avons eu à renouveler ce plaisir qui est celui de côtoyer des personnages d'une antiquité pas si lointaine que ça. Les Britannicus, Néron, Burrhus, Agrippine  et compagnie ont tour à tour fait leur apparition dans l'éclatante mise en scène, tout à fait contemporaine, de Jean-Philippe Joubert. Nous avons ainsi pu constater toute la ressemblance des caractères et agissements radicaux des grands de ce monde qui n’en finiront jamais de nous achever.
Dotée des talents indéniables de la scène de Québec, nous avons ainsi pu goûter chacune des répliques sismiques de ce super classique du père Racine. Agrémentée de décors et musiques « modernes », les protagonistes donnaient ainsi l’impression d’avoir toujours habité ces lieux antiques qu’étaient les salons fastueux de Rome. Leur lumière, via leur brillante interprétation, est venue rallumer le réverbère de nos consciences qui ont parfois la fâcheuse manie de se laisser aller aux noirceurs de ce monde de cendres…
La jalousie, l’hypocrisie, les coups par en-dessous, les complots, les supercheries, tout était en place pour cet épuisant quadrille de l’honneur. Mais il y avait aussi de cette misère noire que possèdent les hommes gris, ceux qui sont pris entre l’arbre et l’écorce de leurs amours impossibles, ceux qui convoitent la pulpe des doigts rosés des promises, ceux qui fomentent l’assassinat de leurs géniteurs, ceux qui mettent à feu et à sang l'âme de leurs habitants, ceux qui finissent par avaler la couleuvre, ceux qui déchirent la toile du temps, ceux qui s'aiment à tout vent...


 Illustration: L.L.

Soir après soir, parce que les Comédiens savent combien j'apprécie leur nourrissante présence, je ne parlerai pas de leur magnifique prestation de ce soir, mais de cette franche camaraderie qui fait qu'ils font UN lorsqu'ils jouent ensemble à nous refaire le monde. Simplement, merci.



Photos: L.Langlois


BRITANNICUS

Texte: Jean Racine
Mise en scène: Jean-Philippe Joubert
Distribution: Chantal Dupuis, Érika Gagnon, Laurie-Ève Gagnon, Jacques Leblanc, Olivier Normand, Jean-Sébastien Ouellette, André Robillard

Conception


Assistance à la mise en scène: Caroline Martin
Décor: Claudia Gendreau 
Costumes: Julie Morel 
Éclairages: Félix Bernier Guimond 
Musique: Mathieu Campagna






lundi 31 décembre 2012

Le théâtre et ses failles



ILLUSTRATION: L.L.



Le Théâtre, un voyage chez l'étranger, une cure de rajeunissement, un coup de main, un coup de pied, un coup de vent, un coup de poing. Le Théâtre, un attentat, un meurtre, une naissance, une révolution. Le Théâtre, des romans que l'on voit, des essais que l'on vit, des nouvelles que l'on prend. Le Théâtre, notre monde sans lequel je n'en serais plus. Merci à vous artisans pour cette autre confortante année passée entre vos grands bras de chair, Vous êtes, et serez toujours, au rendez-vous de nos petites, moyennes et grandes tragico-comédies. Espérant en être le plus souvent possible avec vous pour d'autres encore plus beaux et plus fous.




 REPOUSSER LES LIMITES PHYSIQUES DE CE LIEU-LÀ




JANVIER SEPSIS : Voyage au pays des six morts FIN DE PARTIE : La poésie des signifiés ANNETTE : Stars on ice ou le cœur à la bonne place LOIN : Transbordement dans un théâtre près de chez vous FÉVRIER THÉRÈSE ET PIERRETTE À L’ÉCOLE DES SAINTS-ANGES : Le prix orange EN ATTENDANT GAUDREAULT SUIVI DE TA YEULE KATHLEEN : They will survive LA LISTE : L’égratignure MARS JOCASTE REINE : Mère avant tout MADAME DE SADE : Spanish flies story LE PROJET EAU: Emportée par la houle AVRIL LA DATE : Loft story ou la révélation au-dedans du réel LE MISANTHROPE : En vers et contre tous L’ENFANT MATIÈRE : Allez les enfants, tuez vos parents ! KURT WEILL-CABARET BRISE-JOUR ET AUTRES MANIVELLES : La machine à découdre le temps L'ODYSSÉE: Des hommes et des dieux MAI AMOURS ÉCUREUILS : La première étoile JUIN SEULS : Solo pour une étoile filante TRACES, les 7 doigts de la main : Touchée ! DES FEMMES : La trilogie humaine AOÛTLES VISITEURS : Fou rire d’été SEPTEMBRE BASH : Le rentre-dedans selon LaBute FÉLICITÉ : La voix des bons dieux OCTOBRE TOUT CE QUI TOMBE : Ailleurs deux fois plutôt qu’une ANGOISSE COSMIQUE OU LE JOUR OÙ LE JOUR OÙ BRAD PITT FÛT ATTEINT DE PARANOÏA : Pause ! NOVEMBRE LES CHAISES : Ding Dong, entrez donc, prenez place VIANDE : Une tranche de sans filet LE PROJET LARAMIE : Traces de larmes blanches dans le rectangle rouge DÉCEMBRE L’HIVER DEDANS : Les secoueurs de visions BIGGER THAN JESUS : It’s a miracle


BIGGER THAN JESUS: It's a miracle



CE QU'IL Y A DE MEILLEUR DANS LES RELIGIONS, CE SONT LEURS HÉRÉTIQUES.
Nietzsche
  
Jesus is alive and well !

Quelle performance inouïe que cette messe célébrée par Rick Miller, l'homme aux mille voix et à tout faire, artiste multidisciplinaire, prophète interplanétaire. Quelques 300 disciples étaient venus assister à sa brillante performance. Une oraison, une communion, une hostie de belle communication.  Une rencontre post-mortem avec un fils de la parole. L’œil de Dieu réincarné dans la caméra du Prophète. Des figurines, du sable, une scène, du fun...sérieux. Et l’impression d’avoir rencontré le vrai Jésus, l'Homme, pas la puppet qu’en ont fait tous ces marchands de temples. Malgré toute la dérision avec laquelle l’histoire de Jésus nous est racontée, y flottait tout de même cette aura de mystère entourant celui qui même après 2000 ans trouve encore le moyen de faire parler de lui. Merci à Rick Miller pour sa géniale réflexion ainsi que pour la brève mais chaleureuse conversation au bar du Périscope, avant sa performance. Et non, il n’attendait pas après sa coupe de vin !  
 Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. 







Photos: L.L.

Et pour poursuivre la réflexion: Mathieu Cyr





 Photo: Mike Patten
Photo: Mike Patten


BERNADETTE IAMX



We're headed for a disaster of biblical proportions
JOHN LENNON





THE GAME






nigga I ain't pastor mason yo, nigga patting rhyme, pete sirock acing y'all
and since I got good taste and all, this for all the bad bitches couldn't wait to get they braces off
I know we in church, and the way that I'm thinking, wrong
but inside the bible is the perfect way to sleep my phone
but I don't wanna do that, I came to take the service in
and stare at all the women who brought they Louie purses in
bad bitches in here, forgive me for my sins
I ain't meant to walk inside the church cursing again
I wanna live righteous and you know I love Jesus
but you can't catch the holy ghost in the prius





Goo goo g'joob g'goo goo g'joob g'goo... (etc.)











samedi 8 décembre 2012

L'HIVER DEDANS: les secoueurs de visions




 L'anti-chambre de l'hiver
Jean Coulombe

This circle is vicious
Spoken behind the hand
It is the storm
That brought me in
Read more at




 TRICOTEUSE
Geneviève Lapierre
impression aux jets d’encre et acrylique sur toile, 60,96 cm x 91,44 cm, 2004

http://genevievelapierreart.blogspot.ca/

Murs de ma maison
Pour seul horizon
Un vide énorme
Tombe sur moi

La pluie, le vent, la neige... et puis après...
Dehors, dans les rues tranquilles de Québec, dans l'antichambre de l'hiver, nos pas qui calent, feutrés sur les presque tout premiers flocons de la longue saison...Ta toux fumeuse...nos souffles courts...nos larmes heureuses...pis malheureuses...


Maryse Lapierre
Photo: Émilie Lapierre-Pintal


Revenir de chez PREMIER ACTE nous fait toujours nous sentir un peu plus humains que la dernière fois. Mercredi,le 28 novembre, on le devait cette fois à la brillante Maryse Lapierre. Son HIVER DEDANS nous a fait faire une escale sur une banquise encore inconnue du grand public. Une toute première réalisation remplie de sensibilité, d'humour, d'ombres et de lumières, une pièce avant coureuse en cette saison froide faite de brrr, de snif et d'atchoum, enluminée de tricots, de foulards, de soie, de ceintures de fleshées, de peaux sèches, décorée de lavabos frets et blancs, de bains trop chauds, de gueules de bois flottant. Oui, Maryse Lapierre nous a rapprochés des lui, toi, eux, moi, vous, nous...

Avec des gestes tendres, osés et brusques, entre-pris entre deux cadres de portes closes. Des cœurs écorchés qui ont soif, des bouches sèches, des pieds qui gèlent, des doigts qui claquent, des mains qui gercent, des lèvres qui craquent, des bras qui braquent, des têtes qui dansent, des émotions qui se vrillent en vrac dans le creux du vrai…

Des interprètes tous aussi lumineux que les mots de l'Auteure, investis de toute la chaleur qui les caractérisent tous autant les uns que les autres. Éclatante et impressionnante Catherine Hugues, magnifique and so hot superman Frédérick Bouffard, fascinante et toujours aussi attachante Marie-Ginette Guay, attendrissant et saisissant Jonathan Gagnon.
Et de la solitude, de celle qui caractérisent les grandes tempêtes de l’absence, de  l’abstinence et du silence...Une crèche de wal-mart sans petit Jésus dedans, un sapin maboule monté tout croche planté dans le salon des secoueurs d'âmes, un pâté à la viande dans le ventre des oubliés, une odeur de brûlé dans l'écran plat des grands solitaire des dimanches avides de télé fade, L'HIVER DEDANS, l'automne dehors...Mais on sait jamais, y'aura peut-être un printemps et un été prochains pour Marie et son gentil voisin...


LE COEUR
Geneviève Lapierre
 impression aux jets d’encre et acrylique sur toile,
60,96 cm x 91,44 cm, 2004

  

Balade inutile
À travers la ville
Des rues qui bougent
Et font du bruit
Le cœur fatigué
De vivre à moitié
Et les yeux rouges
Quand vient la nuit

(Eddy Marnay/Jean-Alain Roussel)


L'HIVER DEDANS

PRODUCTION: THÉÂTRE DU PASSAGE
TEXTE ET MISE EN SCÈNE: Maryse Lapierre
ASSISTANCE MISE EN SCÈNE: Mary-Lee Picknell
SCÉNOGRAPHIE: Karine Mecteau Bouchard
COSTUMES: Geneviève Lapierre
MUSIQUE: UBERKO
CONCEPTION MULTIMÉDIA: Jean-Philippe Côté

DISTRIBUTION

Jonathan Gagnon
Marie-Ginette Guay
Catherine Hughes
Frédérick Bouffard


Photos de la pièce (Premier Acte)

http://www.flickr.com/photos/50973761@N08/8205352897



There's always someone haunting someone - haunting someone
Like an echo in the wind leaves, unreconciled -
Waiting to be picked up and bounced down again on
Listeners ears
Carly Simon