«Il ne voulait pas être
découvert. Il ne voulait pas qu'on parle de lui.
C'était un hypersensible. Il ne s'aimait pas. C'est la piste que la pièce
explore. Celle de l'amour propre.»
Thomas Gionet-Lavigne
Le Soleil
6 mars 2016
Sur le
chemin des regards de feu l’eau vive,
celle qui te
dévale jusque dans la pointe du cœur.
Et dans le
centre de tes mots
l’espoir du matin nouveau.
elquidam
LE LÉVIATHAN
Rémy Barbonne *
HARENG ROUGE: récit qui introduit de fausses pistes, le hareng rouge est une histoire qui parvient à tromper le lecteur ou le spectateur qui est surpris par le dénouement final.
L'INTERNAUTE
Photo: L.Langlois
S’AIMER, de et par Thomas Gionet-Lavigne, fragment poétique d'un théâtre exceptionnel nous a été présenté au Périscope le 22 mars dernier. Comme une ode à la beauté de l’amour, comme une gerbe de mots
encore verts, ceux d’un poète parti ramer de l’autre bord à l’âge de 31 ans. Sur les conseils du jeune homme à l’accueil, nous avons donc pris place
dans la première rangée, peut-être pour ne pas voir d'autre têtes que celle de l’acteur, pour faire corps avec son précieux témoignage de la vie douloureuse d'Hector de Saint-Denys Garneau...
Photo: Lise Breton
Dans un décor lumineux et aérien,
le respect d'un public attentif était de circonstance, on aurait pu entendre une
mouche voler, ou un criquet chanter. La grisante mise en scène de Hugo Lamarre nous a tenu captifs du début à la fin; on allait ainsi de surprise en surprise, d'émotion en émotion, un pas à la fois, et dans la bonne direction, surtout pour y voir les yeux concentrés et brillants de Thomas dans ceux émerveillés de A....;-)
Hugo Lamarre
Photo: Maxime Tremblay, 2009
Le signet envolé
d’un livre garroché,
un poème à
retrouver pour l'homme abandonné.
Dans l’ombre
des mots espacés du Poète,
tant d’autres saisons à inventer.
Pour le Photographe comme pour la Femme,
la vie se nourrit de lumières, d’images et d’écrits.
L’Heure était enfin venue de seulement s’aimer,
et le Temps peut-être de s’arrêter.
elquidam
Extraits choisis dans mon recueil
Si l’intention
de Thomas Gionet-Lavigne était de nous emballer par la chaude texture des mots
de de Saint-Denys- Garneau, il aura intégralement réussi son mandat. La fiction s’étant unie à la réalité, son prestigieux montage biographique marquera l’œuvre du jeune dramaturge de Québec parce qu'il n’en n’a certes point terminé de côtoyer les étonnantes prises de son Hareng Rouge.
En revenant du théâtre, sur MATV, JACHÈRE, un superbe court métrage réalisé par Eliot Laprise, avec les poignants Christian Michaud et Valérie Laroche. En lisant le
générique, j'aperçois le nom de Jeanne Gionet-Lavigne, la sœur de Thomas. Et après quelques recherches, je tombe sur l'intrigant CIEL BLEU DEVIENDRA NOIR, un autre court signé Eliot Laprise. Jean-Michel Déry et Jocelyn Pelletier ontde quoi vous donner quelques frissons garantissant la peur d'un prochain attentat, et peut-être pas en Belgique ce coup-ci...
Feydeau,
c’est « ce gars-là » qui a mené une vie assez rock n’ roll à une époque qui n’avait
absolument rien à envier à la nôtre. Il se droguait, jouait et trompait sa
femme avec une certaine ardeur dit-on, ceci pour stimuler sa fertile imagination.
Parce que de la tromperie et de l’ardeur ce n’est pas ce qui manque dans les
nombreuses pièces qu’il a créées entre 1869 et 1921. Sa mère a dit qu'il était le fils de Napoléon III, d'autres qu'il serait le fils du demi-frère de l'Empereur. On se pose des questions mais passons. Acteur au talent plus ou
moins incertain, il préféra plutôt s’adonner à l’écriture, et s’il faut en
croire les rires qui fusaient en ce 17 mars 2016 au Théâtre de LA BORDÉE, et veuillez me croire par écrit, ce fût un excellent choix.
Le beau Georges
Le jeudi 17 mars, jour de fête de la Saint-Patrick, une pleine
tablée de gais lurons et luronnes festoient à la brune irlandaise et au fondant
smoke meat de CHEZ PHIL. Pour une fois, nous ne serons pas tranquilles. Parce que le
Théâtre ne se joue pas que sur les scènes des différents diffuseurs de la ville
mais ici, dans la chaleur de cet endroit fort sympathique devenu au phil du
temps notre port d’attache avant d’aller voguer sur les flots d’ires et de
rires que nous offre depuis bientôt 40 ans l’accueillant Théâtre de La Bordée.
En ce soir
de presque printemps, il nous emmenait dans la préquelle du Tout Paris des
années folles, celui du prince des jouisseurs, maître incontesté du vaudeville.
Quiproquo et Imbroglio, deux de ses personnages préférés, issus de la
bourgeoisie populaire passent de la bouffonnerie à la sentimentalité en passant
par l’hypocrisie et la grivoiserie. Ne pas trop y réfléchir mais y penser un
peu…
Ah! non, non
pas ça ! Je suis royaliste, moi ! La Marseillaise, merci ! C'était bon sous
l’Empire !...quand j’étais républicain !
OCCUPE-TOI
D’AMÉLIE
Georges
Feydeau
15 mars 1908
FEYDEAU
ADULTES & ADULTÈRES est une série de six pièces (trois longues et trois
courtes) mais seulement quatre d’entre elles seront jouées par représentation. La belle surprise: c’est
le public qui les choisit en vérifiant en dessous de son siège pour voir s’il n’y aurait
pas un papier collé déterminant l’heureux (se) élu(e). En ce soir du 17
mars, ce furent dans l’ordre: AMOUR ET
PIANO, C’ESTUNE FEMME DU MONDE (entracte), puis UN BAIN DE MÉNAGE et finalement DORMEZ, JE LE
VEUX !
Quatre super cadeaux
surprises de M. Jacques Leblanc, l’énergique metteur en scène de ce bijou du
théâtre vaudeville français. Écoutez ce qu’il avait à nous raconter à ce qui...PROPOS:
AMOUR ET
PIANO
Comédie en
un acte, représenté pour la première fois sur la scène du théâtre l’Athénée, le
28 janvier 1883. Pièce très bien reçue par la critique, elle le fut d’emblée
par les spectateurs de La Bordée. Le maestro tant attendu pour la leçon de
piano n’est pas toujours celui que l’on croyait être et encore moins la femme
aux mœurs légères, mais parfois, se tromper de porte rapporte énormément. Une excellente
mise en bouche pour...C’EST UNE FEMME DU MONDE…
C’EST UNE
FEMME DU MONDE
Comédie en
un acte, représentée pour la première fois sur la scène de La Renaissance le 10
mars 1890. Emporte-pièce découpant drôlement bien la bonne pâte riche et
feuilletée de la frivolité à même la bourgeoisie qui la composait à la dite
Belle Époque...
Les filles de bas étages qui se la jouent haute avec des
hommes qui trompent leurs femmes...et les apparences. Un vrai délice que de voir
reluire toutes ces répliques qui tombent toujours à pic sous les mirobolantes robes de femmes d’un monde qui avait ma foi aussi soif de bien paraître que celles de 2016.
Et ces portes ! qui s’ouvrent, se ferment, où on y
entre par la mauvaise pour en ressortir par la plus ou moins bonne, qui nous
promènent de l’enfer au paradis, où l’on s’y cogne le nez ou que l’on force. Toutes ces portes qui claquent des doigts et grincent des dents, qui nous
mènent tout droit vers l’entracte avec des sourires aux lèvres fendus jusqu'aux oreilles, des sourires que l’on souhaiterait éternels, comme des diamants. Et
dire que cette pièce fût considérée comme un échec…
ENTRACTE
UN BAIN DE
MÉNAGE
Vaudeville
en un acte, représenté pour la première fois sur la scène du Théâtre de la Renaissance,
le 13 avril 1888. C’est un échec avec seulement 16 représentations. Feydeau en
fut le secrétaire avant que n’y soit créé TAILLEUR POUR DAMES, sa première
pièce et son premier grand succès.
Encore
de la tromperie joyeuse avec une
abondance de rebondissements. Et au milieu de la scène « baignée » de lueur
bleutée: la divine baignoire, celle par qui toute le chambardement arrive. Un
homme revient plus vite que prévu de son rendez-vous galant manqué et voilà le
drame pour ces belles et bonnes dames à commencer par la bonne Adélaïde, désopilante Monika Pilon, qui pour rien au monde ne voudrait
gaspiller l’invitante eau chaude que sa maîtresse Laurence décide d’abandonner
afin d’y détendre son gros ventre de femme enceinte jusqu’aux yeux. Une
panoplie de chassés-croisés s'en suivent, astucieusement bien orchestrés, ce qui finira par faire
redescendre la vapeur de cette fameuse baignoire.
DORMEZ, JE
LE VEUX !
Vaudeville
en un acte, représenté pour la première fois à Paris, le 29 avril 1897 sur la
scène de l’Eldorado, aujourd’hui le Comédia. Unvalet
malicieux qui contrôle son maître en l’hypnotisant afin qu’il exécute ses
ennuyantes corvées se fera prendre à son petit jeu par un grand expert en mesmérisme.
Une performance électromagnétique qui en met plein la vue aux spectateurs ultra
branchés du parterre autant qu’à ceux hauts perchés du balcon. Encore une fois,
les comédiens, sous la stimulante direction de Jacques Leblanc, ont cohabité en parfaite osmose sur un parquet flottant entre les rires et l’intelligence.
Auguste Lepère
Pour clore ce spectacle drôle et coloré, les filles nous ont enCHANTÉ avec une exquise version de LESNUITS D’UNE DEMOISELLE. Pour se faire encore plaisir, la revoici donc; elle est interprétée par Colette Renard, celle-là même qui l'a rendue populaire en 1963.
LES COMÉDIENS
BERTRAND
ALAIN: Valencourt, Hector, Baptiste, Alfred et Follbraguet
SOPHIE DION:
Francine, Laurence, Philomène et Marcelle
CHANTAL
DUPUIS: Émilienne,Emma, Lucille, Pervenche et Hortense
OLIVIER
NORMAND: Justin, Hector, Cocarel, Paturon, Monsiwur Jean et Vildamour
PATRICK
OUELLET: Boriquet, Édouard, Catulle, Gogolet et Adrien
MONIKA PILON:
Éloi, Emma, Adélaïde, Giboulette, Madame Dingue, la cuisinière et Monsieur
Lebouco
Des artistes qui se sont investis à fond la caisse pour nous faire passer une autre de ces soirées libératrices d'actualités plutôt morbides ces jours-ci. Le transport d'une communauté de mots écrits par Feydeau traverse les siècles et fera toujours flèche de tout bois tant qu'il y aura des hommes et des femmes pour les faire voyager jusqu'à nous, Spectateurs avides d'hypnoses en tout genre...;-) Merci de nous avoir enrichis du talent indéniable de cet homme du monde.
Les photos du spectacle sont celles de Nicola-Frank Vachon.
***
Annexe
Une belle coïncidence, on présentera à la Salle Albert-RousseauLE PRINCE DES JOUISSEURS, un comédie biographique de Feydeau mise en scène par Gabriel Sabourin. Un soir seulement, le 10 avril.
La stratégie de survie des lapins consiste à rester
toujours en vue d’un refuge possible. (wikipedia) Quand il y en a pour quatre, y'en a moins pour onze, mais qu'est-ce qu'on se marre !
Coline Serreau
LAPIN LAPIN
Premières bottines du premier fils
Photo: L.Langlois
En plein cœur du palpitant de la ville,
parmi les odeurs de poivre de Cayenne et de vanille,
ce sera la plus fabuleuse des envolées EN FAMILLE
Dans le branle-bas de combat de la vie simple,
et pas toujours tranquille,
ce sera l’écho humain d'une certaine parenté,
ce sera encore et toujours
moins qu'hier plus que demain.
elquidam
Photo: wikimedia
Tout près de la Gare de Lyon, dans le Paris des
gens comme vous et moi, c’est le malheur des uns qui ne fait pas toujours le
bonheur des autres. Dans le clapier de la famille de Lapin Lapin, des odeurs de terroir, de pinard et de bonté, importées tout droit du minuscule jardin nourricier de la Mama.
Parce que la Mère, celle qui vous a tricotés avec le Papa, sera toujours à vos côtés, prête à vous bêcher l'un de ces trésors de famille que vous
garderez bien précieusement au chaud dans le fond usé du grand tiroir de vos mémoires...
LA VIERGE AU LAPIN
Titien
(vers 1525-1530)
Musée du Louvre
Et parce qu’il y a souvent un
homme à ses côtés, pour l’aimer (et un peu beaucoup l’endurer), ce soir il devient un peu notre Père
manquant, ce fils d'ancienne vierge devenu trop vite adulte, qui n’attend plus le jour
de sa maigre paye mais celui de sa pension de vieillesse. Un père-enfant qui a peur des
réprimandes de sa Mama, qui lui cache tant bien que mal son angoisse, celle qui
l’empêche de lui dire la vérité qui se mange froide et crue, comme les
carottes et salades qui alimentent les ventres affamés de cette
réjouissante troupe de mammifères ou
plutôt de mamafères qu’est la famille Lapin…
LAPIN LAPIN, une pièce qui a beaucoup du mordant
tout en n’ayant jamais la dent trop longue, est l’œuvre de Coline Serreau. Scénariste, actrice, réalisatrice, metteur en
scène, elle avait entre autre réalisé le populaire et touchant TROIS HOMMES ET
UN COUFFIN. Martin Genest, qui sait
comment nous surprendre et nous éblouir pièce après pièce, met en scène ce
texte qui danse vraiment dans tous les sens du mot. L’accent avec lequel les excellents comédien(ne)s l’interprètent n’est pas celui de Québec, n’en
déplaise à M. le maire ;-) et à certains des spectateurs, qui ne se sont peut-être pas reconnus à travers lui. Pour ma part, j’ai apprécié
le fait que l’on ait opté pour le conserver; ce superbe voyage éclair en France
d’une heure trente-cinq devenant ainsi plus vivant, plus réel. Et que dire des
apartés ? Qu’ils nous ont adroitement fait traverser le miroir pour qu'on s'enfonce plus
profondément dans cette drôle d’histoire
sans fin et pour permettre de se rapprocher inévitablement de ceux et celles qui logeaient dans cette
maison hantée d'amour maternel, paternel et fraternel...
Photo: Le Trident
La superbe scénographie de Véronique Bertrandnous aura permis de cohabiter nous aussi dans cet espace
restreint mais si chaleureux, un 1½ pièce, comme une espèce de nid sans dessus dessous, un nid qui ne
manquait surtout pas de matelas et...d’amour. À l’extérieur, de nombreuxsacs de déchets jonchant les rues et un clapier dans le bas de scène avec des lapins automates. La sublime musique de Pascal Robitaille, agencée auxenivrantes chorégraphies, a réussi à la perfection « l’accord des on »…De revoir l'extrait après avoir vu la pièce a de quoi réjouir...
LINDA LAPLANTE, qui monologue aussi fort et
aussi bien sa Mama que celle de Simone dans PIERRETTE ET THÉRÈSE À L’ÉCOLE DES
SAINTS-ANGES, ou que la folle rouleuse de cigarettes dans l’inoubliable KLINIKEN, ou
encore de la mémorable et si intense Médée d’Euripide, femme trompée meurtrière d’enfants. Mama, la mère
Nature en elle-même, qui est d’une
générosité sans borne, qui fait que tout finit par s’arranger, qui nous
invite à faire plus de place aux femmes oubliées de ce monde en révolution…
JONATHAN GAGNON, le Papa toujours fatigué, chômeur discret, qui
prend le métro toute la journée pour passer le temps en attendant d’avoir le
courage d’avouer à Mama qu’il leur faudra vivre encore plus modestement. Papa
qui est bon comme du bon pain de ménage (à onze), qui se plaint souvent du froid, qui se cherche un fauteuil, ou un matelas, pour y reposer ses rêves de retraite et ses beaux yeux couverts de givre…
SOPHIE THIBEAULT, Lucie, leur fille, étincelante avec sa
superbe robe de « CIEL la mariée s’est poussée avant de dire oui ! »; qui revient toute énervée pour les uns, stressante pour les autres, mais tout de même une bonne fille à marier finalement...
EMMANUEL BÉDARD, Gérald, le futur mari, largué à la
dernière minute, qui brasse la mariée, casse la baraque et finit par prendre sa place parmi cette famille extra-large…
MARIANNE MARCEAU, Marie, fraîchement divorcée, qui rentre elle aussi au bercail, le
temps d’un impayable strip-tease de sa garde-robe portative, le temps de faire pousser quelques fleurs de sel...
CHRISTIAN MICHAUD, Bébert, l’aîné des cinq enfants
Lapin, supposé étudiant en médecine, l’espoir et la fierté de la
famille, qui mène une double vie de
travailleur de l’Ombre, celle qui plane, ou plante, sous les balles perdues des kalachnikov…
VALÉRIE LAROCHE, Jeannot, l’intrépide rebelle de cuir, la révolutionnaire qui vit en Belgique, probablement à Molenbeek, mais qui vient crécher elle aussi chez Papa et Mama le temps d’une insurrection. Complice
de Bébert, c’est elle qui reçoit le plus de ses claques…traditionnelles et occasionnelles...
ISRAËL GAMACHE, Lapin, le petit dernier, né avec
deux dents, qui traîne ses pattes toute la journée dans
la gare de Lyon pour y lire des mots savants et ne plus avoir à faire quoi que ce soit avec les bancs plats de l’école, c'est qu'il préfère converser avec « ses amis spécialistes venus d’ailleurs ». Il sera le sauveur destiné de
cette famille de perdu(e)s dans l’espace…
ANDRÉE SAMSON, Madame Duperri, la voisine crevante, qui critique tout et rien, prie mange et aime, qui s’immisce chez les Lapin entre deux matelas qu'elle leur prête pour les dépanner, parce qu'elle cache chez eux ses précieux trésors du
fisc. Désopilante avec son
accoutrement pantalons stretchés…
JEAN-MICHEL GIROUARD, Monsieur Télévision 2016,
Premierministre, police, soldat, homme en noir (presque à tout faire), déridant comme nul autre que
lui ne sait le faire, ses apparitions, telles des éclairs de génie, parsèment le
ciel parfois très sombre de la Ville Lumière. Vraiment contente de le revoir sur
scène...
NICOLAS LÉTOURNEAU, Hervé/Hervette et homme en noir.
Une présence plus brève mais ô combien intense et délirante. Sa métamorphose spontanée, tel un lapin sorti tout droit du chapeau du
magicien Lapin, aura émerveillé l’enfant que nous demeurons tous lorsque l'on
assiste à un aussi beau et grand cirque…peu ordinaire...
Mon voisin de droite et son accompagnatrice étaient de mon avis: une pièce remplie de surprises, un peu comme un œuf Kinder, qui a su magnifiquement faire ressortir le Bien du Mal.
Une autre belle surprise m’attendait à la
sortie: dans le hall de l’Octave-Crémazie, Monsieur Réjean Vallée, un
comédien que j’ai croisé récemment dans une certaine ÉPICERIE chez PREMIER ACTE. Comme nous
nous connaissions que par écrit, j’ai cru bon de m’avancer et de me présenter.
La surprise venait de changer de camp...;-) Quelques mots sur Jean-Denis Beaudoin, lui qui nous a si bien nourris avec son texte sucré-salé et qui terminait LE MONDESERA MEILLEUR ce soir au Périscope. Merci pour cette courte mais stimulante
conversation, et qui sait, peut-être irons-nous nous promener de l’autre bord du fleuve cet
été pour aller le voir dans LA TORNADE MARGOT au Théâtre de LA ROCHE À VEILLON...
En sortant du Grand Théâtre, la vue sur Le CIEL, restaurant
tournant du Concorde, hôtel 3 étouèles. Je n’ai pu m’empêcher de faire un certain
parallèle avec les petites soucoupes volantes de LAPIN LAPIN, une autre de ces circonstancielles coïncidences. Puis ce camion de pompier filant sur le dos d'asphalte gonflé et truqué de René-Lévesque. Le feu était-il pris dans l’un de ces clapiers de luxe de la Hauteville, ou peut-être n’était-ce qu’un prémonitoire show de boucane dans le bureau ovale de l’aile
BBQ d’un parle et ment libéral… Dans la 800, une fille avec son matelas roulé, fixé
dans un sac à dos…Dans la 54, la même dame avec qui j’avais conversé quelques
heures auparavant. Elle revenait de sa soirée hebdomadaire de quilles sociales. Certains jouent aux quilles d’autres aux jeux de
rôles; certains jouent au hockey d’autres vont au théâtre; certains s’assoient
et ne font que regarder, d’autres admirent et encensent…
Et comme le dirais peut-être Mama: « parce que la vie continue et qu'elle se danse ensemble: JOYEUSES PÂQUES ! Et amusez-vous bien les Lapins ! »
Une fanfare pour l'homme ordinaire, Keith Emerson (traversé de l'autre côté du Grand Miroir le 10 mars 2016) ainsi que pour Lapin Lapin et quelques-uns de ses amis, que nous aimerions bien connaître nous aussi...un beau jour...