dimanche 9 janvier 2011

LA JUMENT DE LA NUIT: par le nombril du rêve


Photo: L.L.


Quand je n'arrive pas à écrire comme je voudrais, je me laisse sombrer dans la déréliction, comme Antonin Artaud, je fais fumer les jointures des pierres, je fais appel aux mots-stupéfiants, je déchire les membranes proches, j'enténèbre la vie, je deviens une bête mentale et vicieuse.

p.70

On ne revient pas de derrière le miroir, pense encore Abel. On y projette son corps, le verre casse et on reste pris dedans, blessé et ensanglanté, démuni, aussi bien du passé que d'avenir.

p.57


Victor-Lévy Beaulieu
La jument de la nuit
I. Les oncles jumeaux
Éditions Stanké

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3 novembre 1995

Suis allée à la librairie en taxi (le luxe). Vais acheter deux VLB: N'évoque plus que le désenchantement de ta ténèbre, mon si pauvre Abel (aux magnifiques éditions Trois-Pistoles) et son tout nouveau roman: LA JUMENT DE LA NUIT, dont la dédicace à Céline Hallé m'impressionne: " Pour la chaude amitié, comme un petit vent salin venant tout doux de la mer Océane. " Ai également acheté deux Kafka, pour comprendre Abel et...Stephan Bureau.


4 novembre 1995
Je lis La Jument de la nuit; c'est VLB à ses 19 ans avant qu'il commence à vraiment écrire, avant sa crise de poliomyélite. Atroce. Belles images. Dessins!

6 novembre 1995


Je finis La jument de la nuit, excellent. Vraiment Victor-Lévy me détient dans ses écritures. Je suis intoxiquée de lui.

18 novembre 1995

Ai commencé N'évoque plus que le désenchantement de ta ténèbre, mon si pauvre Abel. Admirable ! Je l'adore de plus en plus. Je veux faire un travail sur son oeuvre.


27 novembre 1995

Écris un poème sur La jument de la Nuit...

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La Jument de la Nuit, mon cinquième ouvrage de VLB et non le moindre, est probablement, avec Le carnet de l'écrivain Faust, le roman le plus souligné, le plus annoté que j'aie eu à massacrer. Artaud, Kafka, Gracq, Beckett, Montréal-mort, Judith, Abel, les oncles jumeaux, l'oncle Phil, tout y était, y est et y sera. L'univers du futur grand écrivain, grenade à sa main, exp(l)osé de mots-stupéfiants, des mots avec lesquels on devient assez vite familier; des mots qui vont et viennent à travers toutes sortes d'orifices, issues des mots d'outrance. Des mots qui ont particulièrement été tachés par toutes sortes de liquides: de l'encre au sang, du fiel au sperme, de l'alcool au lait, celui de la Louve fondatrice de Rome...La Jument de la nuit a nourrit, pour ne pas écrire gavé, une grande partie de mon imaginaire. De cette lecture " de rêve " proviendront d'autres mots, les miens, certainement laudatifs mais authentiques. J'aimerai toujours l'aimer autrement...


dimanche 2 janvier 2011

BRAD MEHLDAU/HIGHWAY RIDER: le sommet

Drive-in theatre, Las Vegas, 1987
Richard Misrach



Louise Langlois to Brad Mehldau on Facebook

« Delightful, believable, mystic and...so fine... Between the road, the sky and the drive of your soul, foreigner is on our way dear Mister Mehldau. Thank you for so much good music. »

13 août 2010, à 22:28 · J’aime Je n’aime plus · Commenter




Pour J.D. et S.G.

Par un bel après-midi de farniente et de grisaille de début d'année, des mots, écrits comme çi comme ça, à l'emporte-pièce, tout en écoutant pour la je ne sais plus trop combientième fois le mystique HIGHWAY RIDER de Mr Brad Mehldau. Un album double qui détonne dans ma petite tête depuis le printemps dernier, qui résonne (ou raisonne) déjà comme l'un des grands classiques du jazz. Et maintenant, let's play...



Disque un


JOHN BOY…c'est toute la douceur d’un début d’album double....les cors qui arrivent en trombe douce...les saxos qui les pourchassent jusque dans leur dernier retranchement…le pianiste qui nous rejoue des instants de déjà entendu, de déjà senti…l’orchestre, elle, prête à affronter le resteDON’T BE SADcomme de la pluie en janvier...et la grisaille qui l’accompagne avec la neige qui fond à vue d’œil pour le gazon qui se moque des flocons et...le petit écureuil noir qui s’amuse dans le pommier…pour l’asphalte qui est réapparue sous nos yeux d' incrédules...pour l’hiver à l’abandon, celui-là dans lequel on peut quasiment entendre le chant des grillons avec celui des violons don’t be sad…pour les pommes qui vont repousser tantôt et que nous pourrons peler à nouveau...cette inquiétante musique qui te pourchasse jusque dans le sous-sol de tes angoisses aigres-douces...don’t be sad...tant qu'il y aura d’autres jours comme celui-là... avec Brad qui jouera dedans tes écouteurs...pour le free son qui frissonne à l’intérieur de ses chansons…don’t be sad...pour le vent du saxo avec les cordes...et le piano solo qui finit toujours aussi bien ses accords avec la grisaille de ce temps maussade...don’t be sad...pour les pommes qui repousseront et qu'à nouveau nous mangeronsAT THE TOLLBOOTHce grand petit air de ressemblance avec le bleu cendre de Vincent Gagnon...comme une belle pensée...jaune...pour la route...et le poste de péage...HIGWAY RIDERla pièce à conviction de cet album majeur...la preuve que tout s’enchaîne au rythme des jours installés dans l’harmonie des battements de la batterie…des petits coups de balai sous le tapis des jours assis dans le salon...le temps d’une escapade dans le recoin d’un pays sans nom…highway rider...le long des routes, celles des flynn, jack et buffalo bill…l’engendrement des notes pour la clairvoyance des sans allures...des effluves de vieux toutou oublié sur la banquette arrière d’un station wagon 1966...le bruit des petits doigts sales qui glissent sur les vitres embuées...le souffle de l’errance...le peu qu’il te reste à mourir pour le plus qu’il te reste à vivre...le gonflement de la grande voile musicale...la vague qui te wave toTHE FALCON WILL FLY AGAINl’envolée vers la liberté des hautes sphères...le sang chaud qui circule dans les veines noires de notre destinée...le claquement de la baguette sur le rebord d’un cercle de métal...la peau d'ours des jours fendillant celle de la nuit...quelque chose comme un charmeur de serpents ou bien comme une fleur qui s’ouvrirait au vent...une envolée de plumes royales...un coup de bec sec avant le deuxième mouvement...une voix qui fait la la la la la avec des petites voix d’enfants qui chantonnent au gré de l’improvisation…la fin d’un rythme, le début d’un autre…toujours aussi beau que le premier sourire d’un nouveau-né...NOW YOU MUST CLIMB ALONEle violoncelle en solo…l’étrangeté d’un certain regard autour d’une montagne sacrée…un pied devant l’autre...le now you must climb alone…alone, like a young animal…comme s’il n’y avait plus aucune peur à le faire...comme s’il n’y avait plus aucune distance à franchir entre le ciel et la terre…l’envolée des pieds bien chaussés dans les travers abrupts de sentiers à déchiffrer…dans le revers d’une poche usée, quelques dollars de moins à gaspiller pour l’escalade des jours à rebours…et le peu qu’il te restait à raconter, plus le + qu’il te manquait à direWALKING THE PEAKet voici ce qu’il y a de plus beau dans cette musique…walking the peak...et les gros frissons qui arrivent en trombe…et le saxo qui se glisse à travers cette symphonie admirablement bien jouée…les violons qui t’assaillent au milieu de la forêt dense qu’est ta petite cervelle encombrée de toutes ces bêtes nocturnes…celles que Brad a re:dé:composé pour la postérité de l’humanité…celle qui de temps en temps aime bien s’enfermer dans les plus bas-fonds de son intimité...celle qui se surprend à aimer la stridence des cordes à valser...à condenser les mots côte à côte pour y confronter le reste de ses froides émotions à celles qui s'étaient scellées sous le sparadrap des jours à oublier…walking the peak…pour atteindre les plus hauts niveaux du sommet...pour l’art de partager ce qu’il y a de mieux avec ceux qui écouteront ce que le Pianiste avait à leur dire…pour cet air classique qui s’enchevêtre à ceux du jazz…Brad Mehldau, comme lui seul peut le faire avec sa bande de musiciens chevronnés…accoutumés…au son d'une cloche qui sonne sonne sonne, et sa voix…en échoHIGHWAY RIDER….une vraie belle randonnée dans les bois enchantés de la grande musique....

Disque deux




WE’LL CROSS THE RIVER TOGETHER…pour la suite....royale...pour ne pas être en reste de ce magnifique panorama musical…l’arrivée légendaire d’une cavalerie légère…une cargaison de notes incarcérées dans le flot mobile des ondes mehldau…la cadence d’une timbale pour les archives de cette céleste envolée…des cloches pour le recueillement des violons…la richesse des images qu’elle provoque au sein des cinq sens…tout l’infini de la finesse de l’écriture…comme la projection d’un grand film d’évasion sur un écran vide de drive-in californien…ce qu’il y a de plus beau dans ce monde…des violons encore et encore...un arc-en-ciel en plein milieu de la nuit, et peut-être même de la pluie pour les rivières en manque d’eau…et du lait de vie pour enfants affamés…et des miettes de mort pour les oiseaux…un poumon au milieu du cœur…un espace à remplir d'air frais...pour le meilleur comme pour le pire…un pur ravissement pour l’oreille cassée des tintins d'amérique et d'ailleurs…du brouhaha pour l’enfer…we’ll cross the river together...un bijou sonore découvert à temps sous un grain de sable…CAPRICCIO…entre deux plages magistrales, une petite folie à robe fleurie…un claquement de mains sur le dos d'une impro…une pirouette musicale pour oublier les moyens malheurs... pour activer le petit bonheur...pour démystifier la grandeur...pour accomplir un simple geste sans véritable conséquence…comme une dernière danse…volage…SKY TURNING GREY (for Elliot Smith)...un ciel d'enfer qui tourne au gris pour un jour pas comme les autres…une ballade en cachette dans la tête d’un ami retrouvé…un coup de main pour les notes arrachées aux racines du talent…une affriolante cadence pour entrer par la porte d’en arrière…dans un bar de malfamés du centre-ville…pour y jouer aux cow-boys ou à la Joconde…une amniocentèse dans le ventre des jours pluvieux…une balle en argent qui perce les cœurs saignants...INTO THE CITY…à la vitesse des jours sans nom, quand le bruit des avions attaque les fenêtres des buildings…quand les trottoirs s’effritent sous les pas pressés des passants aux cent soucis…quand la rage au volant sort des moteurs aux cœurs en feu…que les murs tombent en pâmoison pour la noirceur des ruelles désertes…que les doigts agiles s’agitent sur les claviers glacés…que les mains frappent fort sur les ombres cruelles…que les lumières de la ville clignotent sur les yeux de la nuit…que les bars se vident de leurs coisades…que l’heure passe trop vite…qu'une ribambelle de vieilles filles défile au bord d'ailes d'oiseaux de nuit…que les arbres s’affolent sous la tempête de leurs cris d'effrayés…que la foule se balance du reste du monde…que l’odeur de la finance se mélange à celle des essences…OLD WEST...canevas pour scénario inachevé…rideaux tirés pour toute la journée…allongé sur allongé…retour de la pureté…avachissement devant la télé…jack daniel’s sur jack daniel’s…retrouvailles d’une ancienne bande de copains à l’ouest de leurs cœurs usagés…parler pour parler…écrire pour ne pas mentir…écrire au beau milieu du dire…pencher par en avant…chevaucher la nuit à la manière d’un solitaire…rendre l’âme à son porte-feuille…payer la note des repentis…reprendre la route des gagne-petits…boire le ciel d’un coup d’œil…faire le tour du bloc ivre…rentrer dedans…dire bonjour au matin…le border…COME WITH ME…cribler ses dettes d'ennui…parachever l’œuvre à moitié finie…déverrouiller la liberté…lui ouvrir les portes de la perception…l'acclimater aux clins d’œil faits à la nuit…franchir le rubicond…emmagasiner les restants de journées fatiguées…les mettre dans un sac et les faire éclater…hacher le temps en petits morceaux…écouter Brad à nouveau…esquinter une paire de souliers neufs…sacrer comme un charretier dans la ruche dévastée…come with me honey....before the birds and the bees…ALWAYS DEPARTING…violons et violoncelles en entrée…l’enfer peut bien attendre, le ciel est à lui après tout et à nouveau à nous…comme la naissance d’une hirondelle dans le nid de la splendeur…always departing…always…ça se joue ici, comme une symphonie entre la drill et la télé….comme s'il y avait quatre jeunes enfants qui jouaient au mouse trap à côté d'un sapin de Noël artificiel…avec à travers la fenêtre de la cuisine de la neige qui ne tomberait pas…et un petit ange qui porterait une paire d'ailes neuves…always departing...le velours noir d’une pièce résolument grandiose…always departing….always…l’infinitude du pianiste transmise à ses musiciens…l’emprunt de la beauté à ses chemins sauvages de highway rider...la fuite à travers les images qu’il génère…l’artiste qui part à la guerre sur son propre champs de batailles…la victoire des violons, batteries, contrebasse, piano et saxo…la liberté étendue à plat sur le papier à musique…ALWAYS RETURNING…l’apothéose…le plein de promesses à venir pour un futur prochain…l’accord parfait d’un monde à venir…quelque chose qui est sur le point d'éclore, qui mijote sur le feu depuis l’aube des temps …always returning…comme un plongeon dans le reste de nos vies…something in the way…quelque chose d’humain…enfin…qui cogne des clous sur ton cercueil pour te réveiller de ce long sommeil...quelque chose qui arrive seulement lorsqu'on est amoureux de quelqu'un qui se soucie de vous…comme la joie du sourd d’entendre à nouveau jouer le printemps dans son tympan…la suite logique d'un émerveillement spontané… la feuille qui sort du bourgeon...la sève qui coule le long de la vieille écorce…la vie…l’éveil...


HIGHWAY RIDER, un baume surnaturel pour soigner les grands comme les moins grands tourments..







mercredi 29 décembre 2010

Les mille et un bienfaits de cette année perdue


http://www.youtube.com/watch?v=94OKmqWl5OM



RÉVEILLON ~ NOUS...
pour qu'en l'An deux mille 11
nous puissions manger...
un peu plus...
de marge...


JANVIER…Le blogue CRiTURes de Christian Girard...LA VIE EN ROSE avec Depardieu et Cotillard…Le tremblement de terre en Haïti…Michel Bois, rédacteur en chef de la revue Magazine ART…Le blogue L'ART QUOTIDIEN de Gabriel LalondeLA REINE MARGOT, une pièce divine et royale…Le livre de Jean-Paul Damaggio sur Wajdi Mouawad, cadeau offert par le Train de Nuit…La naissance de Whilelmina Anne, fille unique de mon ami Simon G.. L’éblouissant HENRI IV: avec Hugues Frenette dans le rôle principal…

FÉVRIERRéal en beau bonhomme de neige sur la rue Cartier qui nous vend sa QUÊTE…La pièce ROUTE de et avec Thomas Gionet-Lavigne, pour son Jack Kerouac en personne…ÉCRIRE AU LIEU DE MENTIR ou ÉCRIRE AU BEAU MILIEU DU DIRE: L'ADMISSION en devenir…Les J.O. d’hiver à Vancouver, la mort sur le coup du jeune lugeur géorgien…LE PASSÉ QUI SE MEURT, L'AVENIR QUI SE JOUE…Le superbe BLEU CENDRE du Vincent Gagnon quintetteHanna Abd El Nour chez WOYZECK avec entre autres les électrisants Sébastien Ricard, Marc Béland et Paul Ahmarani, une pièce de choix…saignante à point…La mère de Joannie Rochette qui meurt juste avant le bronze au cœur…Une note surprise du Coyote inquiet sur son blogue déserté...

MARS…Ouverture de LA DOSEOCTOBRE ’70 à la Caserne DalhousieÉric Leblanc, Lucien Ratio, Vincent Champoux dans la chaleur de rue Armstrong...LE GRAND ÉCART de Cocteau trouvé au Vaisseau d’orDÉPOSSÉDÉS de Robert McLiam Wilson, pour l’Irlande et ses misères anciennes, présentes et futures…Une vue sur le Fleuve via la Terrasses Dufferin…LES JOUES EN FEU de Raymond RadiguetAllain Leprest, pour la voix déchue et quand y’a rien qui s’passe…Un voyage en train…Le LIPSYNCH de Lepage avec ses 9 actes et Jacques ...et puis Gauvreau qui hantait les parages…Le retour en bus avec un nouveau baladeur entre les deux oreilles…de la musique des années 70-80-90…Le HIGHWAY RIDER de Brad Mehldau, un bijou de musique pour prendre toutes les routes…Le CALIGULA de Camus mis en scène par Gill Champagne, avec le sublime et énergique Christian Michaud, et une performance inoubliable d’Olivier Normand…La parade de la Saint-Patrick dans les rues de Québec…Marianna O’Gallagher toujours vivante…et Réal en grand enfant au tambour…Keith Kouna et SON Labrador…La ville sur le RED BULL CRASHED ICE et l'Art des musées et des galeries sur le blogue de Marc Gauthier

AVRILBANG! chez Premier Acte avec Jean-Pierre Cloutier et Matthew Fournier, une visite chez les hommes-lapins…Le concours du Trident remporté pour l’Asile de la Pureté...un peu beaucoup à cause de Hugues Frenette et du fantôme de Gauvreau...qui hantait encore les parages…La soirée du Trident pour la programmation de la saison 2010-2011…de super belles rencontres théâtrales…La mort de Michel Chartrand à 93 ans, un homme de parole…Les 6 ans du 17 avril au Chantauteuil…CORMORAN à ARTV pour la nostalgie des années trente, pour les fabuleux texte de l’autre Gauvreau et pour l’ineffable Raymond BélisleLA FUITE DE TOLSTOÏ d’Alberto Cavallari, pour revivre les derniers moments de l'un des géants de la littérature russes…Le Laboratoire de Sylvie Bouchard chez Lacerte, pour ses envahissants objets théâtraux qui emplissent le pays sage de la forêt de nos cerveaux déracinés…TRANS (E) de et avec Christian Lapointe, un texte total pour 33 ou 34 spectateurs...pour le shemale obscur objet du non-désir...Le FUCK AMERIKA d’Edgar Hilsenrath, un auteur allemand à découvrir même sur le tard…Le travailleur de rue dans St-Roch rencontré dans le bus…fatigué mais courageux, qui secoure tant bien que mal les junkies de notre belle Cité…CHARBONNEAU ET LE CHEF au Trident, une œuvre remarquable pour des comédiens au quart de tour, de la grande mise en scène et…Éric Leblanc…Le train pour Montréal…La grande opération de ma mère…

Vek
Huile sur lin 50" x 70" 2009
SYLVIE BOUCHARD

MAI…Un mois dans le bois de Notre-Dame-de-la-MerciAndré Mathieu, le pianiste ressuscité par Alain Lefèvre…La marée noire américaine…LES BOUTEILLES SE COUCHENT de Patrick bison ravi StraramLE PETIT MULOT DANS MON DOS SUR LE SOFA DE MAMAN…Les TOP MODÈLES de TVA…Le glissement de terrain à St-Jude là où une petite famille est montée au ciel ensemble en même temps…de la tristesse dans l'air…Les séries du Inch Halak…(Le chant des grenouilles en voix d’extinction avec celui des oiseaux de nuit, et le gros bourdon qui se tape la gueule dans la fenêtre de la mezzanine…la nuit…des voix…venues du lac et des bois…La petite araignée qui a pris sa douche avec moi et qui est morte au bout de son souffle)…Le 2046 de Kar Wai Wong, parce que le futur est sans aucun doute du passé... pour Shangaï, que je ne verrai probablement jamais…La mort de Marianna O’GallagherLES PARAPLUIES DE CHERBOURG pour la nostalgie de l’enfance et pour le Nord de la France mais surtout pour la dernière scène…La grange de Mémère à terre, le cœur un peu serré…Une noix de Grenoble pour le petit écureuil…Le retour dans la Cité…LE PARCOURS DÉAMBULATOIRE du Carrefour International de Théâtre de Québec...les rues en fêtes, le ciel au neutre, les acteurs dans les fenêtres, les danseurs sur le parvis…POUR PARLER, le blogue en gigue de Nicolas Comtois...pour écrire un peu aussi……CIELS à l’aréna Bardy...assis bien cordés sur les tout petits bancs pivotants dans le cube avec Stanislas Norday et son regard planté dans le soleil de mon œil…Le génie de WajdiLE SANG, L’ART, L’ANGE ET…NOUS…

JUINL’ENFANT PRODIGE, André Mathieu, génie de l’oubli re-ressuscité par Patrick DroletLOVE LOUVE ET LE CLAN DE L’OURS de Jean-Robert Drouillard chez Lacerte, pour voir les hommes-lapins, des oies et des loups…Le petit grand HARIKOTS d’Alain Larose, poète du CSL poésie…pour la pureté de l’intelligence…brillante…Le JAUNE Jipi…pour le jaune chaud et infini de FerlandAlain Lefèvre qui re-re-rejoue André Mathieu, qui nous le ressuscite encore…LES TRAGÉDIES ROMAINES...de 19 heures à minuit, avec le tout Québec du Théâtre réuni dans le GTQ... pour se retrouver en Shakespeare, toujours aussi vivant et actuel, pour les merveilleux comédiens qui ont joué dans le même carré que les spectateurs, pour Hans Kesting et son irrésistible regard, pour la musique, pour l’acceptation globale…et pour Amsterdam....(Le petit oiseau qui se pète la tronche sans arrêt dans la vitre de ma fenêtre de cuisine)…Les 12 minutes d’ovation à Wajdi pour les 12 heures solennelles de son grandiose SANG DES PROMESSES…Avec Alain ....comme un enchanfantement, une beauté indéniable, une apothéose, une renaissance…La délectable et inassouvie lecture de LA GRANDE TRIBU de Victor-Lévy Beaulieu...comme un éternel recommencement de LA lecture, à chaque fois aussi belle et nouvelle… les grands mots, comme lui seul peut nous en chier…une vraie drogue…La réapparition de NOKTURA, jeune artiste multi-disciplinaire qui porte en lui des mondes insoupçonnés et pour lequel j’ai un jour flanché…de la grandeur venue de tout partout…

Love louve et le clan de l'ours


JUILLET…La canicule qui bat son plein dans la sueur des peaux bronzées…(on va tous crever même si on n’est pas des artistes)..Y facho ! et les Flaming Lips de Simon et Xavier qui sont à Montréal au Metropolis avec et pour eux…Tadeusz Kantor et son théâtre de la mort…Facebook...à cause du clan St-Amour-Charette et aussi pour VLB qui me demande d’être son amie…;-) Le JULES ET JIM qui passe au feu dans Montcalm, et un pyromane qui jouit dans son coin…LA CONSPIRATION DÉPRESSIONNISTE NO. 7 pour y lire des mots...autrement…INÈS PÉRÉE INAT TENDU, pour la mise en scène énergique de Frédéric Dubois, pour Ducharme et sa transparence épaissie au noir, pour Steve Gagnon, Catherine Larochelle, Sylvio Arriola et Jonathan GagnonL’HIVER DE FORCE: un grand cru de lecture…pour me rafraîchir les idées…et pour mieux attendre la nuit des longs couteaux qui reviendra bien assez vite…and THIS PAINFULL SUMMER

AOÛT…La ballade des deux rives…Le Fleuve sous toutes ses coutures…La Petite Plaisance…L’heureux retour de N’deye Mariama…La Commission Bastarache et son caviardage pour le petit peuple…La Promenade Samuel-de-Champlain...le Fleuve encore.…Le Titanic arrimé dans le Vieux-Port de Québec…La marina…POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUSMORT D’UN JARDINIER du poète-écrivain-blogueur Lucien Suel, pour y recueillir les fruits gorgés de son labeur…QU’ILS CRÈVENT LES ARTISTES au Cercle…une journée d’enfer pour le Théâtre de l’Urd de Hanna Abd El Nour...pour la puissante lecture du REBUT TOTAL de Christian Lapointe, pour celle non moins puissante d'un extrait du projet FAUST de Sylvio Arriola, pour LE POISSON de Wajdi Mouawad, pour l’ensemble de cette soirée mémorable, et pour quelques rats domestiques abandonnés dans le Jardin St-RochLE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND de Leone et ENTRE LES JAMBES de Manuel Gomez Pereira…en attendant le Théâtre...

SEPTEMBRETHE DEPARTED...pour Leo, Jack, Matt et Mark…pour le sang qui gicle, pour la fin des plus surprenantes…pour ScorceseLES RESCAPÉS...pour Maxime Gaudette et Roy Dupuis…pour 1964…Le 16 SEPTEMBRE de René Magritte...pour le secret bien gardé du croissant de lune à travers l'arbre…pour le très cher Patrick BriseboisLouis Scutenaire et ses INSCRIPTIONS 1943-1944, plus que savoureuses…La nouvelle saison théâtrale….DOM JUAN dans le Trident, avec Hugues Frenette et Molière, plus vivants que jamais...LA MARCHE BLEUE pour les amateurs avatars de hockey sur glace professionnel…André-Philippe Gagnon...pour ses mille et une voix, son train d’enfer, son feu roulant…LES 33…rescapés du Chili...pour revenir au soleil tapant après 69 nuits dans la mine…LA FANFARE de Lucien Ratio, avec un Thomas Gionet-Lavigne à bout portant…et de la musique...pour l'Afghanistan...


Au bord de la forêt de Fontainebleau, 1885
William Bremner

OCTOBRE…Le 11…(6 ans déjà)…Il fait plus froid/Il fait plus moi…Le STRANGE DAYS des DoorsABRAHAM LINCOLN VA AU THÉÂTRE avec N'deye Mariama et ses trois acteurs principaux: Maxime Gaudette, Patrice Dubois et Benoît Gouin…Époustouflant ! Magistral ! ...Notre lapin Tit-Boule, petite beauté de poil, qui entre dans sa cinquième année avec nous…mon bonheur à quatre pattes…Le Vincent Gagnon quintette au Café-Spectacle du Palais Montcalm...un roi qui n’est plus seul, un virtuose avec ses invincibles musiciens dont le majestueux Guillaume Bouchard, contrebassiste de ses Chemins croisésLE CARDIGAN DE GLORIA ESTEBAN, l'arc-en-ciel théâtral de l’automne…de l’émotivité, du rire et de la tendresse…avec une Marie-Ginette Guay exaltée/exaltante et une Joëlle Bond auteure et comédienne pétillante, découverte de la mi-saison…UN GARS L’SOIR…juste pour rire jaune...et vert (ou bleu)…avec un Jean-François Mercier parfois assez déstabilisant...


NOVEMBRELA MONTAGNE ROUGE (SANG) pour faire tabula rasa au cœur du contre-courant…un texte fort vivant...sur la mort par suicide d'un jeune homme...avec des mots de Steve Gagnon pour sa tendre moitié Claudiane Ruelland et lui-même…et le livre, pour se souvenir de cette douloureuse beauté qui déchire les entrailles de la mère que je suis…La mort délivrante de mon oncle Fabien…les arbres dépouillés de toutes leurs feuilles, le feu qui se remet à courir dans le poêle…Jef Neve trio et son magnifique IMAGINARY ROAD, un autre piano man, belge celui-là, rempli de talent et de beauté…Réal sur la rue Cartier...déguisé en lui-même, préparant son hiver…KLINIKEN (Crises), une performance théâtrale art-norme…des fous comme on les aime, plus intelligents qu’on l’aurait cru… Et le feu, le vrai, celui qui rase les tables à café remplies des souvenirs d'une maison familiale, avec un fils dedans devenu soudainement plus fou qu’on l’aurait cru…UN SOFA DANS LE JARDIN avec un Hugues Frenette absolument drôle et avec qui j'ai pu parler quelques instants de cette pièce du Théâtre Niveau Parking, à peine retouchée, le temps de lui faire savoir que c'est moi L.L., celle qui laisse des commentaires de temps en temps sur son blogue...le temps d'une re:connaissance...pour célébrer les 25 ans du TNP...


Soleil du matin (détail), 1901
Joaquin Sorolla

DÉCEMBREWIKILEAKS et ses nouveaux révolution-nerfs…DU PAREIL AU MÊME ? ? ? Les 30 ans du John Lennon assassiné…LES TROIS SŒURS de Tchekhov, mise en scène par Wajdi Mouawad, avec entre autres Hugues Frenette, Benoît Gouin et Linda Laplante...encore et toujours les mêmes mais non jamais les moindres…une pièce d’exception pour célébrer les 40 ans du Trident…de la grâce…du grand théâtre…La mort de Raymond Bélisle à 65 ans, LE Clément Veilleux de CORMORAN, et un record de visiteurs pour mes ENVAPEMENTS. (Merci)…Le petit mot de Hugues Frenette, celui-là qui crée un lien…Les retrouvailles amouritieuses sur Facebook d’un ancien groupe de travail…DE GRECO À DALÍ plus WILLIAM BREMNER au MNBA pour y admirer l’une des montres molles en bronze du Catalan Salvador Dali...pour me promener dans les sentiers lumineux (ou lunineux) des Gagnon, Côté, Morrice et cie, pour faire des pas de tortue dans l’au-delà de l’Art…Et un tour de grande roue avec Liliane Larose, une amie de passage, juste en avant des ruines du manège militaire…LES BIENFAITS DE CETTE ANNÉE PERDUE...Et les cartes de vœux des amis qu’on croyait malheureux…


 
Mais au fond, malgré toutes ces belles choses de la vie ordinaire on dirait parfois que...Y’ rien qui s'passe … sinon NOUS ... dans le Temps…des Fêtes...


Une BONNE et surtout MEILEURE année à vous tous !

Louise Langlois

dimanche 26 décembre 2010

LE BONHEUR TOTAL (Vaudecampagne): Un homme de coeur




LE CHIFFRE 1 EST LE SYMBOLE DE L’ÊTRE MAIS AUSSI DE LA RÉVÉLATION.

Victor-Lévy Beaulieu
LA JUMENT DE LA NUIT



MADAME BELLEAU:

…" autrement, le risque est grand pour lui de se retrouver betôt toasté des deux bords comme disait le Balzac des pauvres qui s’est réfugié à Trois-Pistoles depuis que je l’ai pleumé dans toute son héritage comme un petit coq de plâtre. "


p. 14 Premier acte


Victor-Lévy Beaulieu
Le Bonheur total
Éditions Stanké


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26 octobre 1995: Enfin reçu LE BONHEUR TOTAL. Aucune dédicace ne l’accompagnait, mais j’ai le livre, et c’est tout ce qui compte. C'est mon quatrième VLB.

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C’est après avoir vu cette pièce de VLB au Caveau-Théâtre des Trois-Pistoles que les téléromans cucul kébékois de "Télé-Nécropole " et de « Radio-Cadenas " prirent le bord de MA télévision. C’en était fini pour le pauvre petit moi de tourner en rond devant toutes ces histoires télémétropolitaines qui n’en finissent pas de te faire perdre ton temps, qui payettent la stérilité de ton peuple qui est en marche vers son hécatombe future. Un peu plus de lecture et presque autant d’écriture allait pratiquement me désintoxiquer des mièvreries d'auteurs en manque d'imaginaire. Bien évidemment, c’est pas toujours facile, surtout quand on a deux jeunes enfants qui aiment bien regarder les petits bonhommes, mais ça se fait, je le sais parce que je l'ai fait. Une vraie libération...Dans les jours qui suivirent la réception de ce vaudecampagne, il se passa quelques événements dans le paysage politico-socio québécois….


Ce matin, dans les pages de l'opinion du OUI et du NON, une longue lettre de VLB. (27 octobre)
On s’installe vers 8 heures p.m. Ça part très bien mais lorsque Montréal arrive, on vient tout déchambouler. Et finalement ça se termine 50,5 pour le NON et 49,5 pour le OUI (80000 votes ont été annulés par des cocos qui ont barbouillé le côté imprimé en anglais !!!) Parizeau a fait un discours plutôt acerbe. Bouchard ne lâchera pas et Dumont, on le sait pas, on verra bien…(30 octobre)

Pense à VLB, il doit être pas mal déçu lui aussi. Pense à d’autres qui doivent être soulagés, comme la grosse P.(31 octobre)

Jacques Parizeau a annoncé sa démission comme premier ministre, président du PQ et député de son comté. Un second choc en moins de 24 heures. Il l’avait dit à Stephan Bureau la journée du vote " on va voir demain soir ". Ça a l’air que Bouchard le remplacerait. (31 octobre)

Cette semaine est très particulière puisque je sens que des CHANGEMENTS vont RÉELLEMENT se produire dans les semaines qui viennent...(1er novembre)

Maman m’avait envoyé un article sur Anne-Marie Gélinas, elle connaissait bien Gilbert Langevin, décédé la semaine dernière. Hasard encore.(2 novembre)

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LE BONHEUR TOTAL: des dialogues qui postillonnent le réveil, appellent au péril, dérangent le pays sage du 5, rétablissent les faits, les vrais, et qui sustentent l'imaginaire...et ses tentations...etc...etc...


Le bonheur total!...Quel beau titre pour mon téléroman!...Pis dire que ça s'est trouvé sans même que j'aie eu besoin du moindre petit procès pour y arriver! (Se saisissant de son ordinateur, le pressant contre elle.) Mon plus grand succès de téléromancerie! Mon triomphe à Télé-Nécropole". Le bonheur...le bonheur...le bonheur rien de moins que total!

Elle tombe sur son ordinateur, dans un grand spasme orgasmique.

RIDEAU


Fin du premier acte

Photos: L.L.

lundi 20 décembre 2010

À l'affiche: Le petit lundi exceptionnel d'avant Noël

Le pommier illuminé
Photo: L.L.


C’était hier…déjà…

Au Quai St-André, dans le stationnement du Marché du Vieux-Port, A. avait un plan…de blanc…cassé ! Il fallait avoir le goût de marcher sur Elle, Vieille Ville, une fois de plus...Nos tuques et gants bien en place, nous partîmes à l’assaut de nos petits bonheurs...


Après avoir remonté la Côte-du-Palais et tourné à droite sur la St-Jean, nous prîmes la direction de la LIBRAIRIE PANTOUTE, A. voulait annuler une commande spéciale. Avons pris le temps de saluer Christian G., le plus aimable des libraires de la ville de Québec. ;-) Rien à acheter (pour une fois), juste parlé de son prochain recueil, qui pourrait bien voir le jour quelque part en 2011, aux Éditions MOULTS, dans la collection CRiTURes…collection qu’il dirige…Pris le temps de lui demander s'il me reconnaissait avec ma nouvelle tête à la jeanne d'arc avant d'aller au bûcher mais également des nouvelles des siens, qui sont en Gaspésie et qui attendent la prochaine grande marée. Pas trop de dégâts pour eux mais on croise nos doigts pour qu’il n’y en ait pas trop cette fois…

Second arrêt: la boulangerie LE PANETIER BALUCHON, parce que A. avait un papier à remettre à P.-C., le proprio, et qu’il voulait me montrer la superbe affiche des champs de St-Elzéar, là où nous avions passé la journée du 1er juillet 2009 ensemble…La culture du lin ayant été depuis remplacée par celle de la moutarde, c'est donc du jaune flash qui prédomine sur l'affiche...Après tout ce bleu....Entre le vert de cette vallée de la Beauce et le gris glissant de notre ville: le pain frais, celui que l’Homme boulange sept jours sur sept avec les mains de sa fatigue...

Fallait bien que je finisse par entrer chez ERICO CHOCO-MUSÉE, depuis le temps que je passe devant leur vitrine. C'est presque un péché de ne rien acheter tant l’arôme du chocolat vous excite et le nez et l’estomac…Glissé une pièce de 0.25¢ dans l’un des tourniquets pour y cueillir une petite poignée de mi-amer…Devant le comptoir, une foule de clients un peu pressés, qui en étaient probablement dans leurs dernières courses avant Noël. Acheté pour 4$ d’aiguillettes à l’orange enrobées du goût affriolant de cette fève royale…Divin!

Quelques pas plus loin, sur les trottoirs un peu gadoués, nous étions devant la porte d’une boutique de cuisine, le nom m’échappe. Je savais que A. finirait par l’acheter cette fameuse râpe à gingembre, depuis le temps qu’il s’était passé de l’autre, celle emportée par M. dans le raz-de-marée de la subite rupture. Enfin, il va pouvoir "violer " quelques racines de cet excellent rhizome pour l’incorporer dans son potage à la citrouille ou encore en parsemer la chair rose d’un tendre saumon…


Un court arrêt à la LIBRAIRIE ST-JEAN BAPTISTE, pour demander à Frédéric s’il n’y aurait pas en stock un poète du nom de Delvaille, Bernard de son prénom. Delvaille, un poète que j’ai " rencontré " récemment via Emmanuel F., un blogueur découvert grâce à Louis Hamelin du Devoir, dans une critique fort éloquente sur LA FUITE DE TOLSTOÏ, d'Alberto Cavallari, journaliste italien qui raconte la fin de la vie du célèbre romancier (que je n’ai pas encore terminé d’ailleurs). Pas de Delvaille mais du Larose…et éventuellement du Girard…Voici pourquoi on tombe pour un auteur:

Et ce sera l'adieu
un soir de neige
au chant des lèvres
col relevé
inconnu à moi-même
j'avancerai
je connais
le chemin

Tout est décidé
nul hasard
nul secours


Je sais à quel virage
m'attend
ma mort

Bernard Delvaille
Faits divers, 1976"
(site: Poezibao)

Le temps passait, nous approchions de la rue Cartier, celle-là qu’on aime tant A. et moi. Le Jules et Jim est à se refaire une beauté, lui qui a passé au feu en juillet dernier mais qui selon sa page facebook devrait rouvrir en février prochain. En attendant, nous avions le goût de nous asseoir un brin pour avaler quelques gorgées de cette rousse au goût de caramel, nous entrèrent donc au Pub Galway, à quelques pas du Jules et Jim, pour y retrouver un petit air d'Irlande... enneigée...

Assis au bord de la fenêtre, nous regardions passer les gens, ceux qui font et feront toujours l’âme et l'os de cette rue de caractère. Réal n’était pas à son poste, en avant de chez SILLONS LE DISQUAIRE, peut-être était-il demeuré au chaud chez lui en ce petit lundi d’avant Noël, entrain de préparer son habit de bonhomme de neige ou de Père Noël…A. et moi étions contents de nous retrouver ainsi, à recruter les humeurs et les visages de ces gens qui arpentent les rues abruptes de notre ville. Étrangement, on aurait dit qu’il y avait un vide dans ses rues, comme si le 23, dernier jour de magasinage éhonté, attendait dans le recoin fidèle de sa folie des grandes heures…ou des grands heurts (c'est selon)…A. et moi n’étant pas naturellement des gâteux de cadeaux, respirions donc à plein nez l’air humide de la belle Capitale, profitant de la liberté offerte à nos pieds bien chaussés…

La Grande Allée, sur laquelle les miens ne sont pas habitués de s’y poser, avait des allures d’après match…Devant le Dagobert, disco bar où le boxeur Jean Pascal est allé fêter après sa mi-victoire de samedi passé, des gros morceaux de glace étaient déjà en place, j’imagine que ce sont les préparatifs pour les terrasses chauffées pour le réveillon du Jour de l’An.

Les aurores boréales de la Bungee, le Moulin à Images, les feux d’artifices Loto-Québec, les édifices tout illuminés, le Red Bull Crashed Ice, les défilés du Carnaval: Québec est devenue une vraie ville-lumières, sans oublier le Parlement...Curieusement, y'avait pas de contestataires devant lui aujourd'hui, le monde est bien trop affairé à cuisiner ses derniers préparatifs des Fêtes: des tartes, des dindes, du kraft dinner ou des toasts au beurre de peanuts…

Non, pas de contestataires, que les statues de silence de nos grands et petits hommes politiques au parterre. En les voyant ainsi, bien plantées sur leurs socles, on a eu une pensée futile pour celles que Sylvio Berlusconi est entrain de faire réfectionner en Italie: greffe de pénis pour Mars, mains pour Vénus, et pourquoi pas un peu de botox sur le bord de ses vieilles lèvres et du silicone pour ses seins passés date ? ! Devant la porte Saint-Louis, on a rit comme deux fous, elle qui est aussi entrain de se faire faire un face-lift, tout comme sa petite soeur de la rue St-Jean. Je n'ai rien contre la réfection de statues, en autant que ce soit seulement pour les décrotter...

Rue Saint-Louis, pavée de ses restos classiques, avec le travers de ces boutiques attrape-touristes pour arriver aux portes tournantes et dorées du Château, le temps d'une certaine envie qui n’en pouvait plus d’attendre…Déambulation sur ses tapis sourds, auscultation de ses artères centenaires, un havre de repos pour les marcheurs fatigués que nous sommes...un arrêt dans le temps, pour la magie des lieux et le confort des demi-dieux…

Quasiment seuls sur Sault-au-Matelot, ses galeries semblaient presque s’ennuyer, c’est vrai que nous n’étions qu’un lundi, c’est ce que la plupart des commerçants nous ont chanté…St-Paul, au 48, pour déguster quelques tapas avec les 25$ qu’il me restait des 100 du prix littéraire de la revue Prestige, remporté à cause d’Elle, Vieille Ville…Encore un brin de jasette à propos de tout ce que nous avions à rattraper A. et moi de nos conversations estompées des derniers temps…

Assis bien calés sur des fauteuils plus que moelleux, le paysage des murs noirs et des glaces nous renvoie le calme souverain de ce coin que nous aimons depuis le jour du premier jour…Le gentil serveur, un peu surpris de voir arriver deux clients en plein après-midi, nous a servi: une bière pour A. et un thé vert pour moi, puis quelques unes des 48 tentations: satay de poulet sauce aux arachides et lait de coco, prosciutto et melon, croûtons de chèvre et sa tapenade d’olive, oignons caramélisés et canard fumé, mini fondue de mamirolle…Nos bouches qui se déliaient là-dedans, nos mots prenaient alors tout leur temps. L’instant d’une étiquette, à la table des petits rois…

À Espace 400, autour du sapin " développement durable ", puis une petite virée dans le labyrinthe des sapins, et une petite peur bleue de A. à moi, à la Jack Torenz dans le Shining ! La glissade de chambres à air au loin, avec des cris de vrais enfants qui s’amusent autrement qu’avec des consoles de désolés, ou de futurs consolés…

Fallait bien finir par boucler la boucle...de retour au Quai St-André pour le Marché de Noël du Vieux-Port…avec les odeurs de cannelle de chandelles au soya, les savons, les sirops, etc…Et les petits boires et bouchées à déguster, on se laisse bien sûr tenter: pour moi ce fût beignets maison, saucisses Sö-Chö, choucroute garnie, crème de cèpes et bolets, quinoa, (avec une petite pensée pour Mélissa, chez qui j'emprunterai bien une de ses recettes pour apprêter cette mère de tous les grains) et un sachet de poudre de maca, tubercule péruvien que les Incas cultivaient pour y solliciter l'énergie, l'intellect et la libido...;-)…Une bien belle fin de journée s'achevait...Le retour dans nos bercails respectifs, un petit bec sucré sur la joue de l'Ami retrouvé et heureux, des Joyeux Noël et Bonne Année, on peut bien encore se les souhaiter...entre nous...


De l'âme jusqu'à l'os,
ta mouelle dans mon écorce


Et le vent,
qui se véloce
sur tes voies
de vieille précoce;


Salut ma Belle Ville,
je t'aime encore autant,
et même plus qu'avant...



L.L.
21-12-10




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