samedi 16 novembre 2019

LES SEPT BRANCHES DE LA RIVIÈRE OTA : le précieux privilège des grandes rencontres


À peu près le même feeling qu’en 1996, celui vécu dans la défunte église Saint-Vincent-de-Paul de Québec. Le même combustible pour le même vaisseau. LES SEPT BRANCHES DE LA RIVIÈRE OTA, œuvre magistrale qui n’a donc pas vieilli d’une seule seconde, et qui a à nouveau ébloui le public du dernier-né de nos théâtres, celui dans lequel nous étions si impatients d’y entrer A. et moi afin d’y vivre notre première expérience « diamantaire ».

Photo: L.Langlois
13 septembre 2019

Le public de la salle Hydro-Québec, (petite pensée pour mon père qui a fait partie des 12012), toujours aussi passionné par l’œuvre du vénérable et grand créateur qu’est Robert Lepage, a savouré chacun des 7 actes comme si c’était des protéines artistiques, de celles qui nourrissent implacablement le Spectateur à chaque fois que son intelligence y est sollicitée.

Photos: L.Langlois
13 septembre 2019

LES SEPT BRANCHES DE LA RIVIÈRE OTA, avec la sublime Hanako, les deux Jeffrey, la cantatrice, le magicien, les danseurs, la musique, le théâtre, la grande bibliothèque, tout l’Art en fait, concentré dans un Japon qui n’en finit plus de renaître de ses destructions. Cette œuvre majestueuse, servie comme plusieurs tranches, ou plutôt branches, de vies, que l’on aurait mises sous scellé depuis quelques 23 ans pour en savourer à nouveau toute la splendeur et la misère d’une Histoire qui nous fascine toujours autant. La preuve : ces mots que j’écrivis lors de ma première assistance en 1996. (clique sur l'image pour les lire).

L.Langlois
1996


Photo: L.Langlois
13 septembre 2019


LE DÔME DE GENBAKU


La richesse de cette histoire n’en finira jamais d’émerveiller, de surprendre, de faire réfléchir, surtout en ce qui attrait à l’épisode du suicide assisté de l’un des deux Jeffrey. Encore aussi troublant. Tous les interprètes ont à nouveau ébloui par leurs talents divers. Richard Fréchette, qui était de la première fournée, nous a autant fait rire qu’en 1996. Vraiment contente qu’il ait été joueur dans cette nouvelle partie, lui qui nous a surpris A. et moi dans l’un des halls du Diamant en train de parler de lui…dans son dos…mais en bien, bien sûr ;-) Rebecca Blakenship, la cantatrice, également de l’équipée de 1996, a été aussi renversante qu’il y a 23 ans. L’émotion, ça, ça ne vieillit jamais…



Lorraine Côté et Myriam Leblanc, quant à elles, ont superbement relevé le défi de cette fresque qui demandait quand même beaucoup de changements, que ce soit de de perruques, de costumes ou de langues, elles ont été tout simplement parfaites. Leurs plus jeunes compagnons, Christian Essiambre et Philippe Thibault-Denis, ont été particulièrement éblouissants de beauté et d’élégance, et dans la parole et dans les gestes, surtout ceux qui concernaient le butō...



Christian Essiambre
Philippe Thibault-Denis

Quant à Andrée Southière, que je ne connaissais pas, elle a été absolument délicieuse, je croyais par moments que Marie Gignac s’était réincarnée en elle ;-). Les derniers et non les moindres, Tetsuya Kudaka, Umihiko Miya et Donna Yamamoto, ont fait revivre cette histoire qui ne demandait qu’à agrandir le personnage central qu’est le Japon, ce pays si souvent en guerre et pourtant si zen. 

Andrée Southière et Jean-Pierre Fréchette

Donna Yamamoto
Umihiko Miya
Tetsuya Kudaka

Photos du spectacle
Elias Djemil-Matassov



Pour se souvenir du TONNERRE d'applaudissements:





Merci aux divers artisans qui ont participé de près et/ou de loin à la présentation de ces quelques sept heures de spectacle. C’était le vendredi 13 septembre 2019, jour de notre inauguration à nous spectateurs, et la belle grosse face de la Lune, celle qui n'est pas cachée, y était elle aussi...

La lune des moissons Harvest moon…

La dernière fois qu'un tel phénomène est arrivé, c'était en 1935. Et, selon Météo Média, il faudra attendre jusqu'en août 2049 pour voir une autre pleine lune éclairer le ciel un vendredi 13 et encore plus longtemps pour que ce soit une Lune des moissons alors que la prochaine sera le vendredi 13 septembre...2171! Tu veux donc pas la manquer ce soir. 

Extrait:

Et pour célébrer cette mémoire d’Hiroshima...

HIROSHIMA APRÈS
LE DIAMANT AVANT

Photo: L.Langlois
13 septembre 2019


LE SOLSTICE D'HANAKO
22 décembre 2009
L.Langlois aka elquidam



HIROSHIMA
6 août 2010
L.Langlois aka elquidam

CRITIQUE



LES SEPT BRANCHES DE LA RIVIÈRE OTA

DISTRIBUTION

REBECCA BLANKENSHIP
LORRAINE CÔTÉ
CHRISTIAN ESSIAMBRE
RICHARD FRÉCHETTE
MYRIAM LEBLANC
UMIHIKO MIYA
AUDRÉE SOUTHIÈRE
PHILIPPE THIBAULT-DENIS
DONNA YAMAMOTO

CRÉDITS

CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE ROBERT LEPAGE
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ADÈLE SAINT-AMAND
DIRECTION DE CRÉATION STEVE BLANCHET
DRAMATURGE GÉRARD BIBEAU

TEXTE

ÉRIC BERNIER
GÉRARD BIBEAU
NORMAND BISSONNETTE
REBECCA BLANKENSHIP
MARIE BRASSARD
ANNE-MARIE CADIEUX
NORMAND DANEAU
RICHARD FRÉCHETTE
MARIE GIGNAC
PATRICK GOYETTE
ROBERT LEPAGE
MACHA LIMONCHIK
GHISLAINE VINCENT

MUSIQUE ET CONCEPTION SONORE MICHEL F. CÔTÉ
COLLABORATION À LA MUSIQUE ET MUSICIEN TETSUYA KUDAKA
SCÉNOGRAPHIE ORIGINALE CARL FILLION
ADAPTATION DE LA SCÉNOGRAPHIE ARIANE SAUVÉ

CONCEPTION DES ÉCLAIRAGES SONOYO NISHIKAWA
CONCEPTION DES IMAGES KEVEN DUBOIS
CONCEPTION DES COSTUMES VIRGINIE LECLERC
CONCEPTION DES ACCESSOIRES CLAUDIA GENDREAU





jeudi 3 octobre 2019

MIRO À MAJORQUE UN ESPRIT LIBRE: l’enfance de l’or

Photo: L.Langlois
5-09-19

N’IMPORTE LEQUEL ACCIDENT EST BON.
J’ATTACHE BEAUCOUP D’IMPORTANCE AU CHOC INITIAL.
C’EST LA MATIÈRE QUI DÉCIDE. C’EST LA MATIÈRE QUI COMMANDE TOUT.
LE KÜ, C’EST LE VIDE, MAIS C’EST AUSSI LE CIEL. 

Joan Miro

Photos: L.Langlois
5-09-19

 Jeudi 5 septembre 2019, visite dans l’atelier de JOAN MIRO. Une visite que j’attendais depuis fort longtemps. Installée dans le Pavillon Lassonde du MNBAQ, dans la Catalogne du peintre natif de Barcelone, cette exposition MIRO À MAJORQUE UN ESPRIT LIBRE m’a rappelé pourquoi j’étais tombée un jour amoureuse de ses œuvres. 

Autoportrait
5-09-19

Je devais avoir seize ans lorsque je le découvris via M. Patrick J. Nestor, un artiste peintre de Laval-des-Rapides qui m’a ouvert et l’esprit et le cœur à la poésie du mouvement surréaliste dont celle de quelques  peintres catalans, dont Salvadore Dali, bien sûr. Miro faisait partie de ceux que j’admirais le plus. Il a été suivi de René Magritte, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Pablo Picasso, Giorgio de Chirico, Paul Klee, Frida Khalo, Jean-Paul Riopelle, Henri Matisse, Jean Cocteau, Alfred Pellan, Francis Bacon et plusieurs autres. En fait, tous ceux qui interprétaient la vie autrement qu’avec des beaux grands paysages bucoliques. Et c’est probablement grâce à ces hommes si j’ai encore l’appétit de dessiner.

HEAD OF A MAN
1937
Joan Miro

Mais ce qui m’a par-dessus tout émerveillée lors de ce passage au Pavillon Lassonde fût de constater à quel point les œuvres de Miro ressemblaient parfois à quelques-unes des miennes, celles que je créé depuis ma mi-tendre adolescence. Un jour, je me promets de scanner mon matériel confiné dans un porte-folio et quelques boites et cartables. Il y en a passablement. Mais peut-être que si je me forçais un peu, je commencerais par faire un montage de ceux que j'expose au SEUIL DES FROIDURES depuis une dizaine d'années. Voici un échantillon parmi les quelques 549 déjà exposés. Aujourd’hui, je ne me salis plus les mains avec l’acrylique, l’encre et les crayons de couleurs, je pixelise, c’est plus green. 



MES INQUIETS
L.Langlois alias elquidam

L’exposition est en grande partie une gracieuseté de la fondation Pilar et Joan Miro, que je visiterai probablement l’hiver prochain. Barcelone faisant partie de la première escale de ce voyage de quelques 24 jours au pays des châteaux, oliveraies, vignobles, musées et cie. Arrêt qui m’emportera dans les œuvres colorées des peintres qui ont réveillé mon imaginaire. Quelques jours plus tard ce sera une virée dans Cadaquès et Figueras, là où Salvador Dali y a procréé un certain univers de montres molles.

Panneau de bois, contreplaqué, aquatinte au sucre sur plaque de cuivre, carton, masonite, tapisserie, collage, sculpture de bronze, triptyque, encre, huile, crayon, gouache, fusain, couleurs primaires, noir et blanc, fantômes, gros yeux, trait de blanc, de la métamorphose à plein ciel, TOUT ÇA rien que pour mes yeux. Je te reverrai en janvier cher Miro…À très bientôt.

Miro
1981


Fondation Pilar et Joan Miro

FEMME DANS LA RUE
1973
LA PARTIE DE PÊCHE DES AMOUREUX 
1965

sans titre 
1973

Personnage oiseau 
1976

sans titre
1973

sans titre
1908

sans titre
1960

PHOTOS DE L'EXPOSITION
IDRA LABRIE



L'un des SANS TITRE qui ressemble à l'un de mes pixelisés. 

sans titre 
1973
MIRO

DÉFICITERRE
20-03-2009
elquidam

MATERNITÉ
1969
Bronze

Terre cuite de mon fils Nelson K.

Arbre sur le terrain du MNBAQ
Photo: L.Langlois
5-09-19



Le Louisbourg sur Grande-Allée O.,
là où une certaine Line Sirois y a habité
pendant plus de quarante ans et à qui 
je pense ENCORE très souvent...

Photo: L.Langlois
5-09-19


Et pour succéder à cette grandiose exposition,  rien de mieux que de poursuivre le chaleureux voyage ensoleillé de l’Europe du Sud...Ce sera en effet le 18 septembre que j’assisterai à cette pièce tant encensée qu’est LE MIEL EST PLUS DOUX QUE LE SANG. Cette pièce de Philippe Soldevila, un autre fils de l’Espagne, et de Simone Chartrand, que je n’avais, ô sacrilège, pas encore vue.  Cette pièce qui met en vedette les jeunes Dali, Lorca et Bunuel, amorcera notre saison théâtrale 2019-2020 au PÉRISCOPE. Mais avant, dans le décor du dernier né de nos superbes théâtres, le splendide DIAMANT, nous aura fait faire un léger détour au pays des samouraïs via LES SEPT BRANCHES DE LA RIVIÈRE OTA de l’éminent Robert Lepage. Cette fresque de quelques sept heures, que j’avais vue il y a 23 ans dans la défunte église Saint-Vincent-de-Paul, là où j'y croisai pour la première fois le regard du jeune assistant de Robert Lepage, un certain Philippe Soldevila…Les boucles finissent toujours par se boucler…

LE MIEL EST PLUS DOUX QUE LE SANG
Salvador Dali


Autre autoportrait 
le même jour


Le souvenir "physique" de cette visite: 
des autocollant pour achever la toile de 
LA FERME 
1921-22
Photo: L.Langlois