(Samedi ce 28 janvier 2012, être revenue de LOIN…)
Cette semaine, à Québec, ce fût un véritable carrefour « national » de
théâtre; débuté mardi soir au Périscope avec la grande et émouvante ANNETTE, puis jeudi avec les PIERRETTE,
THÉRÈSE,SIMONE et cie pour se conclure hier
après-midi avec ALFRED,MATTHIASetDAVID. Ma semaine fût plutôt chargée d'émotions de toutes sortes mais jamais de celles de la satiété...
LOIN…vu de près.
Dans la 2ème rangée de chez PREMIER ACTE, la tête prête pour écouter une autre de ces nouvelles histoires des pays d'en haut. Seule et avec d’autres, face à facede nos vies à vies, j'ai assisté à quelque chose d’ « étrange », d’énorme et de fatalement bon: une production du THÉÂTRE DU HARENG ROUGE. À tour de rôles, les huit comédiens qui ont campé les caractères
bouillants et froids de cette trilogie hitchcokienne, m'ont attentivement plongée au cœur d’une intrigue digne du maître du suspens et de deux de ses disciples...some of them...
ALFRED HITCHCOCK, locomotive à vapeurs, qui traîne ses points de suspension dans les wagons de la Création. Son
omniprésence dans les trois pièces était indéniable. La blondeur des sentiments féminins, la lumière rouge des regards
anxieux, le noir et blanc des épreuves…tout était inclus dans le prix du passage.
Une mise en scène resserrée autour des corps
et âmes des plus ou moins gros drames. Du cran, de l’audace, du vertige. Une scénographie fort bien réussie avec tout le nécessaire, celui qui ajuste la parole aux gestes. Tout ce qu’il faut pour ne pas trop en faire. Avec le silence comme narrateur, la tapisserie de la tendresse...
LOIN, pour créer à partir d'un seul mot, celui qui fait se re-dé-composer une histoire accaparante du début jusqu’à la toute fin. C'était là
un défi colossal pour les Auteurs, mais ô combien payant pour les
Spectateurs qui prirent le temps d'assister à cette oeuvre en trois mouvements; oeuvre pour laquelle trois rappels bien nourris furent la récompense ultime faite aux créateurs.
La distribution en était une de grande qualité; les hommes et les femmes qui firent partie de ce périple devront toujours se souvenir qu'ils voyagèrent en première classe avec la singulière compagnie que sont les imaginaires nourriciers de Thomas Gionet-Lavigne et Hugo Lamarre.
JONATHAN GAGNON, en Alfred touchant à la corde de la sensibilité; sa scène de colère contre le
réalisateur, pour défendre son Alma (mater), était tout simplement renversante. C'est toujours un grand plaisir pour le cœur que de voir jouer ce comédien d'ici. JEAN-NICOLAS
MARQUIS, en Alfred oncle propriétaire d'usine d'avions de future guerre et mari trompé, probablement ma révélation de cette
trilogie. Tout semblait passer par son regard; tant sa douceur que sa rage, sa tristesse que sa colère, mais surtout sa sincérité. Rien ne nous a échappé dans sa façon d’être.
LUCIEN RATIO, comme une bonne tasse de café (avec ou sans soucoupe); drôle et léger, son
présentateur a déridé l’assistance sans toutefois dépasser la limite permise. Un vrai " complice ".
ÉLIOT LAPRISE, alias Matthias Müller *, véritable bête de scène, énergique et
transportant, buvant à même le goulot le champagne brut des riches, ou celui des pauvres, petite bière " flat " des vendredis soirs plates; couchant son corps à corps dans les draps froissés des nuits froides de l'aurore. THOMAS GIONET-LAVIGNE, co-auteur de ce projet hors norme, brillant comme un diamant, affûté comme un poignard; il provoque en
douceur, alimente l’histoire de ces petits détails qui cognent sur les gros,
fait circuler librement sa poésie à travers les dédales d’unquotidien souvent morne. Un semeur de
paroles, un moulin à sentiments. Un géant. Un comte aux pieds nus...
Et les femmes, ces oubliées d'un cinéma toujours plutôt mâle dans sa peau... VÉRONIQUE DAUDELIN, somptueuse en mère inquiète de son fils « pas comme les autres »; la grâce sauvage avec laquelle elle enfile ses alibis, le bain de
champagne moussant l’âme sèche, la beauté versatile et espérée d’une
femme condamnée. JEANNE GIONET-LAVIGNE, la fraîcheur de la finesse d’esprit,
douce et forte en Alma d’Alfred, fleur vivace dans l’œuvre de l’homme. MARY-LEE
PICKNELL, la transe lucide de la blonde parfaite, un papillon sur la chair blessée de David, un
espoir pour la continuité…
Il y aurait encore beaucoup à écrire sur ces quelques quatre
heures que durèrent LOIN, pièce fleuve provenue d'un ru; je préfère garder le silence des non-dit pour tenter d'imaginer ce qu'il sera toujours temps de faire pour remonter à bord de ce train...étranger…
***
À l’arrêt de bus, au coin de Cartier et René-Lévesque: une Bénévole, un Metteur en scène et une Spectatrice; trois de ceux qui
formèrent le public plus ou moins élargi de LOIN…À quelques minutes de là, sur des Plaines enneigées, la Grande Roue et des feux
d’artifices... pour une foule qui était venue célébrer l’ouverture du Carnaval. Puis, à l'issue de ce spectacle mémorable pour moi mais inconnu pour la plupart des autres, cette pensée " éclair " pour les hauts fonctionnaires: 13.75 $, pour quatre heures de théâtre, dans MA langue, ça
fait pas tellement cher la poche....de mots !
P.S. : Pour célébrer le grand retour d’Alfred dans la Capitale, là
où il avait tourné en 1952 sonICONFESS, le Cinéma Cartier présente un
festival de ses films du 10 au 16 février.
*MATTHIAS MÜLLER, réalisateur. Pour apprécier son travail.
Référence: Archives nationales
du Québec, à Québec Fonds E6, S7, 507-57
Responsable: Stéphane Fontaine
Numéro d'image: 2200
« C’est facile de chanter Limoilou, tu sais, Sylvain Lelièvre
l’a fait. Parce que c’est beau,c’est un peudramatique, c’est
vraiment très inspirant » *
Anne-Marie Olivier
« ON A TELLEMENT PEUR D’AVOIR PEUR »
Sylvain Lelièvre
VENIR AU MONDE
Du défilé du Carnavalau bord du confessionnal, Annette/Ghislaine Rochette trouve toujours des moyennes solutions…
Une autre petite veine qui éclate dans une tête…un avc
tricoté serré, un texte sans caviardage d’Anne-Marie Olivier qui touche droit au ventre…l'histoire d'une vie
qui bat sous le sourire du soleil de Limoilou…l’impression de s’être retrouvé
en plein 1980, au lendemain d'un scrutin d'illusions...finir par se dire enfin OUI…
UNE MAILLEl’ENDROIT, UNE MAILLE À L’ENVERS
UNE MAILLE À L’ENDROIT, UNE MAILLE DE TRAVERS
En Europe les aurores polaires
créent une réaction de peur. En effet il arrive qu'elles prennent des teintes
rouges. Cette couleur étant associée au sang, ce type
d'aurore polaire présageait une catastrophe. C'est cette même teinte qui est
responsable du fait que les Esquimaux de l'est du Groenland croient que les
aurores polaires sont l'âme d'enfants mort-nés. Les Esquimaux vivant sur la
partie sud de la rivière Yukon croyaient que les aurores polaires étaient la
danse des esprits de certains animaux, particulièrement les saumons, les
rennes, les phoques et les bélugas.
WIKIPEDIA
En cette avant-veille du Carnaval de Québec, avant d'aller voir THÉRÈSE ET PIERRETTE...
Photo:Le Soleil,Laetitia Deconinck
ANNETTE, un foisonnement de sentiments dans une
forêt urbaine remplie de sève d’érables...une lame d’argent sous la peau de
roses fanées...des aiguilles à tricoter dans le ventre d'une adorée...de l’amour inconditionnel pour une brosse à
dents retrouvée près des étoiles...les bras bleus d'une rivière qui enlacent le coeur d'un fleuve au milieu d'un océan de sang…un bruit grinçant de corde à linge séchant au soleil couchant de
Limoilou…un chuchotement fait au vent délinquant…un tour de notre si petit monde en CCM...de l’amour à bras raccourcis
pour un pays qui lentement se bâtit...qui finira, on l'espère bien, par advenir... un beau jour..
ANNETTE, c'est l'immensité d'une toute petite heure et cinq minutes, une histoire racontée sous la
pleine lune du parc Cartier-Brébeuf, une nouvelle fin de partie jouée sur une patinoire créée directement de l'imaginaire de l'Auteure, avec deux joueurs d’avant exceptionnels. ANNETTE, c'est la petite fille aux allumettes de Limoilou qui a grandi au coeur de la Cité avec comme trame sonore LE CHUCHOTEMENT D’UNE MÈRE DANS LE CREUX DE L’OREILLE D’UNE VACHE… ANNETTE, c'est le goût
du givre, le goût de vivre et celui d'une bonne crème glacée...
Anne-Marie Olivier
est une pure passionnée, une engagée, une magicienne, une auteure qui parle vrai. C'est aussi
une jeune mère de famille, elle me l'a chaleureusement appris le 10 janvier dernier alors que nous étions côte à côte pour témoigner de ce somptueux SEPSIS du tout aussi engagé Christian Lapointe. Cette voix, unique propriétaire de toutes les variations de tons possibles, a le don rare d'y faire circuler
des émotions qui touchent à la fine fleur de nos peaux de spectateurs satisfaits. Que le ton monte, descende, rauque, chuchote ou feule, c’est selon la gravité du moment, il image parfaitement à chaque nanosecondes les gestes qui vont et font avec, il
sculpte les grands soirs de l'âme en peine comme les petits matins au cœur rempli de mains...
ANNETTE,une source
lumilaineuse émergeant d’une ruelle dont je ne suis pas prête d'en oublier la couleur bleutée. Avec toute cette glace étendue sur les rues et trottoirs de
Québec aujourd’hui, je n'ai pas peur d’écrire que ce n'est pas là que je suis tombée sur le cul, mais sur l'une des quelques deux cents chaises du Théâtre PÉRISCOPE. Tel un vent solaire, ANNETTEest passée dans nos vies le temps d'en admirer les retombées électriques qui pleuvaient sur nous, inspectateurs présents ici ce soir.
lI y avait des rimes, du rire, du drame, de la colère,
tout le charme de sa poésie. On détectaitbien le son de sa pensée profonde, du pas peur de dire, du pas peur de
dénoncer, du pas peur de grandir, du pas peur d’être « qui je suis ». Mais il reste encore beaucoup à faire pour arriver au bout de notre espoir.
Encore beaucoup de travail à créer et de pièces de théâtre à voir pour nos petitset
arrière-petits-enfants…
La balle de laine rouge géante, utérus pour sans abri, piscine chauffée; au creux du ventre gonflé de nos mères accouchantes, antre d'entre les antres, celui de la rivière de sang qui nous unit
à elles…et au vent et aux étoiles…ANNETTE faite enfant un soir de SAINT-JEAN, fille et femme, qui aimait
aller droit au devant de son pays, là où son CCM voulait qu'elle s'arrête pour poursuivre sa course bien au-delà de son rêve...
« OÙ EST ALLÉ TOUT CE MONDE QUI AVAIT QUEQUE CHOSE À
RACONTER ? »
P.S. Pour gagner ses épaulettes, Annette ne patine jamais sur la bottine !
P.P.S.: Au retour de la pièce, un beau petit hasard: un pot vide de cornichons BICK'S à l'aneth traînait sur le comptoir de ma cuisine. ;-) P.P.P.S: Pour " revoir " ANNETTE, le texte sera bientôt publié chez DRAMATURGES ÉDITEURS.
Photo: L.L.
« QUAND ON PERDAIT L’ARBITRE ÉTAIT TOUJOURS VENDU »
La partie de hockey Sylvain Lelièvre
«C'ÉTAIT LE TEMPS DE S'ENVOLER DES VILLES MORTES »
Je ne sais
pas si tu as finalement quitté Hamm. J’ose imaginer que oui, et non. La retenue
avec laquelle tu as joué ta FIN DE PARTIEm’a bouleversée. Tellement de mots…d'entre
les mots...
Comme une bombe sale qui éclabousse tous les jours de nos allées et venues;
de la cuisine au salon, du salon à la cuisine, des poubelles à l’évier, de la
toilette à la chambre à coucher. Et ces pieds bien enveloppés dans des babouches à
bon marché, qui se traînent inlassablement sur les sols gelés et poussiéreux de
nos vieux prélarts craquelés, nos jambes qui nous font mal, nos yeux qui baissent à
vue d’œil, qui ne lorgnent plus que la lumière grise d’un ciel de béton désarmé, notre
oreille moyenne qui n’entend plus guère que les petits sons provenant d'un étrange nulle part, nos lavages de cerveaux et de linge sale en famille, nos piteux visages pâles
qui ne retrouvent plus leurs anciennes amours, notre obéissance aux ordres du grand
désordre, nos langues roses qui suçotent la fadeur d’un biscuit vert, nos ventres plats ou gras qui
ont le mal de mère, nos cœurs dans la tête, la petite veine qui
s’éclate de rire sous le regard des fous de solitude, le brouhaha des âmes mortes…
L’obéissance, la tyrannie, l’abandon. La terre, la mer, la forêt. Du sable au fond des poubelles. Du vide pour les fenêtres. Un chien à trois pattes. Un escabeau. Un décor lugubre illuminé par la présence des derniers hommes. Une issue sans faim hors du solage gris.
La scène
finale de ton grand départ m’a particulièrement émue: ce changement de manteau,
la blancheur de ton chapeau, ton attente dans le noir. Ton silence. Mais qu'y avait-il donc dans cette valise pour que Beckett te la laisse prendre ?
Quelques livres de liberté ? Le dernier once upon a time de la fin de l'humanité ? Un paquet de feuilles à jaunir ?
Voilà, mon
cher Clov, ce que j’avais envie de t’écrire en ce soir glacial du 19 janvier
2012, quelques 55ans après la création
de ton attachant personnage. Merci à Hugues Frenette de t'avoir rendu
aussi vrai et émotif que l’impossible. L’heure cinquante que nous avons passé en ta
renversante compagnie restera gravée dans ma mémoire active pour encore très
longtemps j’espère, autant, sinon plus, que sa mirifique interprétation de
Donatien Marcassilar dans L’ASILE DE LA PURETÉ.
C’est toujours un réel plaisir
de venir à la rencontre de l'Artiste, de le voir s’exécuter dans un parcours pratiquement sans faute pour un parterre pas toujours prêt à le recevoir, et d'ainsi apprécier le talent de Beckett, un auteur associé au théâtre
de l’absurde, qui le frôle et le dissèque.
Sur ces mots sans véritable fin, ne sachant plus trop quoi te dire,bahje te quitte. Et à...HIER !
FIN DE PARTIE
TexteSamuel Beckett Mise en scèneLorraine Côté
DISTRIBUTION
Hugues FrenetteCLOV Jacques LeblancHAMM Roland LepageNAGG Paule SavardNELL
CONCEPTION Caroline Martin assistance à la mise en scène
Christian Fontaine décor Virginie Leclerc costumes Lucie Bazzo éclairages Marc Vallée musique
Je vis la mort chaque jour Je rêve la vie chaque nuit Et parler de soi, c’est tellement à la mode Les autres c’est passé date
- Sepsis- Christian Lapointe
Contente d'être arrivée à temps pour mourir 55 minutes d'entre les morts
Pour contempler les ombres éblouissantes des néons de la morgue Lapointe
Pour vivre les couleurs de la surbrillance des âmes à+2 C/+4C
Pour être au bord du fin fond d'un dortoir éternel
Pour entendre les corps parler
Pour voir le silence hurler
SEPSIS
Là où les brûlures fondent
où les lèvres éclatent
où un chien meurt gelé à -40 C
L'étiolement des yeux tout le tour de la scène
la musique du gouffre
l'éclairage du noir
les yeux fermés
les bras enveloppés
dans les housses refermables
du temps mort
Au-delà de la disparition
la captation des ondes flottantes
Au centre de la douleur
la forme de la non explication
Le cycle qui se referme
sur une scène multi pliable
Crédit photo:Yvan Turcotte
Le 10 janvier 2012
le soir où nous nous sommes
décomposés.
Elquidam
****
L'Inconnue de la Seine
found image (from: Das ewige Antlitz),
2010, 23.8 x 32.8 cm
CLAUDIA SARNTHEIN
SEPSIS
Une production du Théâtre Péril en coproduction avec Recto-Verso
Équipe de création
Texte, mise en scène et musique Christian Lapointe
Assistance à la mise en scène et régie Alexandra Sutto
Scénographie Jean-François Labbé
Lumière Martin Sirois
Direction de production Mateo Thébaudeau
Productions Recto-Verso
Communications et relations de presse Marie-Ève Charlebois
Communications Sira ba
Développement des publics Geneviève Fortin R
Image happycrimes de la série into the world of shadeswww.sophiejodoin.com
Graphisme Denis LandryContraste
Photos Yan Turcotte
Site Internet Sylvain Blondeau
Direction administrative Jeannine Beaudoin
extrait sonore et littéraireANKY OU LA FUITE/OPÉRA DU DÉSORDRE
- C'est l'authenticité qui nous brûle - Qui t'obsède - Reviens témoigner d'au loin d'où s'effondrent - Condamné à vivre - Les empires - Une correction - Nous écorchés - Témoigner de notre chagrin - Au son de nos erreurs - Nous qui dansons - L'aveuglement veut en finir - Nous demandons l'Euthanasie - Cette beauté que je déteste - Ai-je été enfant ? - Quittons cette scène et ces gradins le coeur torturé - Je ne me souviens pas - Fuyons le pire laissant les funambules - Toi ? - Se pendre dans le ciel sous les néons - Été quoi ?
p. 35-36 Christian Lapointe Éditions LES HERBES ROUGES
We live in a time where we get fed the same idea
Like junkies addicted to information
and ya go to a new place and you never get anywhere
and I already finished before you begun
NOUS N’AVONS PAS, NOUS SOMMES
JANVIER
En
ce début de l’an 2011, via l’un des réseaux sociaux les plus utilisés de notre
petite planète bleue verte, les fantômes de Trans-Canada MusiqueServices'activent pour la période du temps des Fêtes, ils tentent de reprendre du…
service après quelques 35 ans de vies communes…À Wendake, cet été, le 14 juillet, il y auraLATEMPÊTE d’un certain
William Shakespeare et c’est nul autre que Robert Lepage qui la mettra en scène, à
l’extérieur, dans les bras de la nuit du plein coeur de l'été…LE DISCOURSDU ROI avec un futur
oscarisé: ColinFirth; un film admirablement bien dirigé par Tom Hooper…Une de ces superbes journées ensoleillées pourLAFACE CACHÉE DE LA LUNE; la lecture de mon texte sur L'ASILE DE LAPURETÉ par Gill Champagne, directeur artistique du
Trident, tout juste avant la représentation; une performance tout à fait remarquable
d’YvesJacques…Floconnade de janvier pour le rêve de juillet prochain…L'INCENDIE
de Wajdi Mouawad, tournée par DenisVilleneuve, joué par un casting extraordinaire dont... Abdelghafour Elaaziz, le magnifique bourreau…aux petits pieds...KUPIPIK (DOIKIPU) de et
avec Nicolas-FrankVachon et Catherine Dorion; du rire bleu-blanc-rouge,
la folie pure d’un acte de révolution…LE LABYRINTHE DE PAN, avec l’énigmatique
Sergi López…POUR UN INSTANT,LA LIBERTÉ, l’Iran des réfugiés; le cygne bouffé par la faim…L’ÉGYPTE
de Moubarak entre en révolution….
FÉVRIER
LE LIBRAIRE, de Gérard Bessette, enfin
dans ma bibliothèque; ce roman éclairant, publié en 1960, dont VLBnous a tant parlé...TOLSTOÏ en vedette dans le Magazine
Littéraire…Le ROMÉO ET JULIETTE d'Olivier Lépine; toute cette neige qui
tombe à la fin; une belle tempête d'émotions...Et le record de non précipitation pour un mois de janvier…19-2, réalisée parPodz; de la vraie télé…en réalité…Le Proche-Orient qui prend feu…L’œuvre poétique de Bernard
Delvaille à La Table Ronde:
Une nuit
Dans le lourd parfum des orangers
Apte aux aveux
Abandonner une aventure
Pour une autre
Ou bien prendre pour une transcription diaprée
Les sacrifices qui t’incombent
Je n’y crois pas
Non plus qu’aux tendresses fugitives.
(page 229)
SÉRAPHINE, avec la magnifique et géniale Yolande
Moreau…Samuel Matteau, réalisateur, découvert via son père batteur, en compagnie d’un ami de celui-ci…Après la Tunisie et l’Égypte, L’ALIBI DU TRÈS POLI; une (r)évolution de plus sur la mappe du monde...BEOWOLF en 2-D, du cinéma panoramique...La sacocheoubliée au
Panetier…Le CYCLOÏD E des frères Decosterd, 25 minutes hors-terre…Zimoun et le
bruit de la pluie dans le noir…Les succulents shish taouk de CHEZ BACHIR…POUR NE PAS MOURIR au
MNBA; des cellules de papier pour tête éclatée; de la luminosité pour nos ténèbres; Sylvio Arriola dans
sa pleine splendeur; la rencontre rouge feu de l'historienne de l'art Luce Raymond; la musique sensorielle d’Érick D’Orion; une
conception originale d’Hanna Abd El Nour; une œuvre en marche vers le vrai
monde; une révolution en parallèle…
NOUS ALLONS AU THÉÂTRE POURPARTAGER
DES MOMENTS PRIVILÉGIÉS AVEC LES ARTISANS QUI LE CONÇOIVENT ET LE BÂTISSENT
PETIT À PETIT…LE MONDE EST TELLEMENT PETIT À QUÉBEC QU'IL FINIT PAR S'AGRANDIR...
MARS
Le renversant BREIZHde WHO ARE YOU, un groupe made in
Québec, et la réalisation video d’un certain Samuel Matteau...
Le 6:30 du PROJET UN, avec un
Jean-Pierre Cloutier des plus hot…Nos tempêtes de mars; le puissant séisme du
Japon; et le non moins ravageur tsunami qui s’en est suivi; le nucléaire frappé
à la tête…et la Terre entière qui tremble devant la RADIO-ACTIVITY, découverte de Madame Curie...
AU CŒUR DE L’ART, L'HOMME
Le tremplin du bonheur du Train de Nuit, celui de brûler
les planches d'un théâtre en compagnie de sa bien-aimée…TEMPS, de Wajdi Mouawad, avec son
vent, ses rats, son inceste, et surtout son mur…DES HOMMES ET DESDIEUX avec le so beautiful
Farid Larbi…UN PROPHÈTE de Jacques Audiard; la poignante interprétation du jeune Tahir Rahim…BEAUTIFUL, d’Innaritú; pour voir de plus près la face cachée d'une Barcelone glauque et superbe; avec
le toujours aussi majestueux Javier Bardem…
SPRINGTIME DE L'EAU SUCRÉE QUI COULE DESARBRES, DÉGELÉS LE JOUR CONGELÉS LA NUIT...
NOOSPHÈRE, de la low nourriture
without meat dans un décor zen; bon pour le moral...Et un autre 300 millions $ pour une autre élection…Les dernières extases des 3600 secondes du Marc Labrèche et de sa bande…LA MÉLODIE ENTRE LA VIEET LA MORT, du toujours de mieux en mieux Jocelyn Pelletier, pour SA direction, SES mots et l’environnement
sonore de Millimetrik:
AVRIL
CE QUI RESTE
Denis-F. Doyon
Des mots d’espoir pour le Coyote
TOUJOURS AU LARGE DE QUELQU’UN;
SON ÂME DÉDOUBLÉE D’OMBRES
SUR LE FLEUVE FLOTTANT
DES GLACES D’AVRIL
Mariama, au Burkina Faso; les coups de fusil des contestataires
des longues nuits noires; la peur…Le retour au bercail du fil prodigue…Le cul ben assis au gouvernement de Charest pour un petit 11
semaines de contrat…Une soirée au GTQ pour la prochaine saison femelle du Trident…L’affaire
Cantat-Mouawad; Wajdi qui se fait brasser la cage par un incertain milieu…Les livres
ouverts de Guy Laramée chez Lacerte…
Sur le chemin du retour, tout le long de la 40: chevreuils, bernaches, oies; du printemps dans l'air…Quelques mots à Robert
Lepage et Kevin McCoydans la petite
galerie du GTQ, juste avant la représentation de L'OPÉRA DE QUAT’SOUS du génie
Martin Genest; 180 secondes d’extase…Le camion à tout faire du Pupulus Mordicus,
Mack the Knife, Jenny, Jack and Lucy, et Jean-SébastienOuellette,
l’Indéniable; vraiment pas assez de deux yeux pour tout voir…LE DRAGON BLEU de Robert Lepage en
B.D., sous les traits sombres/lumineux de Fred Jourdain…
ROBERT DESNOS QUI SE PROMÈNEDANS LA 54,AU
CREUX DE MON SAC
Un autre de ces génies anciens qui vit encore dans nos pensées et certaines de nos bonnes bouquineries…Le décès
de Pierre Gauvreau; Claude, qui a dû avoir de la visite…L’amitié des poètes Alain Larose et
Jean Coulombe qui œuvrent sur CLS Poésie, une source intarissable où
s’abreuver de mots francs, un blogue peuplé d’images palpables…Une soirée des plus gay:
un souper partage à L'Hôtel desNations; du cerf rouge et du saumon de l'Atlantique pour les amis et
parents de A. et C.; la p’tite grenouille de Frank, et le rire pétillant de la
jeune nonagénaire qu'est ma tante Bernadette…
MAI
La Montérégie de Simon G.sous les flots
débordants d'un printemps tardif; la Richelieu qui sort de son lit défait; des inondés qui pleurent la disparition prématurée de leurs maisons…La mort
" subite " de Ben Laden, tirée à bout portant…par les chevaux de la guerre au terrorisme…L’agent orange du NPD de Jackqui arrose le Québec presque au complet; le Bloc québécois, et Gilles Duceppe, pratiquement relégués aux oubliettes...UNE SAISON AUCŒUR DE LA REINE du poète Yves Boisvert et MONSIEUR BRETCH ET LESUCCÈS, de Gonçalo
M. Tavares, deux auteurs découverts avec la complicité du jeune libraire poète
Christian Girard…
Libres éperdus dans les brumes pendues aux montagnes
Entre les chiens de garde et les coyotes faméliques et grichus
Les chevreuils se jettent sur le transport scolaire
Les poètes nagent en pleine géographie comme d'autres
se noient dans les paysages
Yves Boisvert
(p.16)
La toujours aussi jeune voix de l'auteur Patrick Brisebois sur les ondes de Radio-Canada, qui nous
parle de son TRÉPANÉS, version améliorée…Le HIBOU ROC de Riopelle à la galerie Michel
Guimont; juste du frais, juste du vrai…Le photogénique CE QU’IL FAUT POUR VIVRE de Benoît Pilon, avec le naturel Natar Ungalaaq; pour s'enfermer dans le dortoir de neige de la ville de Québec...Les 33 planches des MILLE
ANONYMES de Daniel Danis; l’éloge de la lente heure, la beauté des acteurs, le
talent de l’auteur…OÙ TU VAS QUAND TU DORS EN MARCHANT 3ème édition;
la Cité parcourue sous un autre de ses angles cachés; un splendide bain de
foule pour côtoyer l’Humanité retrouvée; une piscine municipale remplie de jeunesse; ses
cris dans la nuit; du bruit; de la vie !...Le décès deLady Alys Robi, la reine des
cabarets de minuit….Le départ semi prématuré de YoavTalmi, chef de l’OSQ…MILLENUMen neuf parties; la
Suède crue, dark et osée de feu Stieg Larsson...
JUIN
L’assiette de saumon bien garnie de LA CRÊPE CELTIQUE, avalée dans le calme olympien de la super vue sur les Laurentides…L’EXISTOIRE de Richard Desjardins; des
textes d’une beauté légendaire…Le doublé du 3 juin:STRIPTEASE de et avec Céline(Millia-Baumgartner);
la danse charnelle autour de son ami le poteau; une surprenante envolée...puis LA NUIT
JUSTE AVANT LES FORÊTS, de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de
Brigitte Haentje, avec l’inoubliable et charismatique Sébastien Ricard, loulou français dans le coin du garage Bérubé; et à mes côtés, un spectateur accaparé, le non moins talentueux Nicola-Frank Vachon…LE BONNET D'ÂNE de la rue St-Jean avec May K.; pour encore s'empiffrer d'un de ces parfaits délices québécois, en l'occurence un copieux sandwich au fromage LA SAUVAGINE et beurre de pommes...À travers le vert amoureux de juin, la
dévalement tranquille de laCôte-de-la-Négresse…
...pour aboutir sur la rue St-Joseph afin d'assister, en direct du Japon, au CINQ JOURS EN MARS de Toshiki
Okada; pour entendre le rire jaune de la jeunesse nippone; pour faire l’amour dans un love hotel en pleine attaque des américains en Irak en mars 2003; pour lire une traduction sous-titrée; pour réaliser une expérience théâtrale hors du commun, comme le Carrefour International aime nous en faire vivre...
…L’éclatement du CABARET GAINSBOURG; l’art pétillant de Martin Genest au bout de mes surprises; un renversement complet; une
boule d’émotion au fond de la gorge de l’homme à la tête de chou; la satisfaction du Spectateur...La mort du
poète pianiste Claude Léveillée, l’une des étoiles de ce mémorable une fois cinq…Le deuxième album CD de Loco
Locass; de quoi réveiller les morts, et plus…Bernard Adamus, avec son beau grand BRUN LA COULEUR DE
L’AMOUR; du cru, du cul, du pus, du jus; toute la beauté du ravage de l'amour, accompagnée du tourment des roses pour leurs épines…Émile,
le petit-fils du grandV, étudiant en théâtre; rencontré à la représentation d’IMAGINATION DU MONDE,
là où toutes les surprenances étaient réunies sous le toit un jour béni de l’église
Saint-Cœur-de-Marie; encore une performance hors normes de l'Urd Théâtre ce, du début à la fin…
JUILLET
La guerre de récession aux USA…
OCCUPY É VOUS
DONC DE VOS OIGNONS POUR QUE NOS MAISONS RESTENT À LA MÊME PLACE...UN PETIT MULOT AGONISANT LE LONG DE NOTRE
SOLAGE DE MAISON; J.K. LE RÉCUPÈRE ET PUIS L'ABRITE DANS L’IGLOO DE NOS EX HAMSTERS;
MAIS AU MATIN, IL N’Y ÉTAIT PLUS…
La visite royale de Kateet Willen nos murs de pierres prisonnières d'un Canada de plus en plus monarshist; l'acclamation du bon peuple devant les jeunes sourires; et la propagande des « méchants séparatisses »...
Invocation et table d'hôte à LA SAGAMITÉ;TEMPÊTE
ÀWENDAKE; éclairs, tonnerres,
acrobaties; Ariel et Prospéro, Miranda et Ferdinand; la forêt enchantée de la Kabir Kouba, encore plus profonde qu’à l’accoutumée; Frédérick Bouffard, Nicolas Létourneau
et Jean Guy sur la terre de nos espérances; Shakespeareet Lepage, comme deux vieux potes assis ensemble sous la lune presque pleine du 14 juillet…
LA SEMAINE DERNIÈRE, ASSISE SUR UN BANC DE LA
RUE CARTIER, EN FACE DE CHEZ SILLONS LE DISQUAIRE, AVEC RÉAL MALOUIN; PARLÉ DE
CINÉMA, DE BAD LUCK ET DU MONDE 2.0. IL FAISAIT BEAU, IL FAISAIT HOT; ÇA NE NOUS
A PRIS QUE QUELQUES MINUTES POUR QU’IL NE NOUS SUFFISE DE PRESQUE RIEN…
La Couronne d’épine sur la tête de deux petits
anges qui aimaient tendrement leur père qui, par sa grande folie passagère, les
avait lâchement assassinés…Une folie semblable à celle du tueur d’Oslo et
d’Utoya, là où une image ne valait plus aucun mot…La hausse du prix de l'essence à la pompe pour essayer de PRENDRE SON GAZ ÉGAL...Les 40 ans ans " raisonnés "du Chacal ténébreux...
AOÛT
Par la poste, du coeur du Québec, le recueil LA LANGUE EST MON PAYS, de l'émouvant poète blogueur Jean-Marc La
Frenière...
La langue est mon pays. J’habiterai toujours
dans la courbe du chant, l’alphabet du vivant, l’énoncé lapidaire, la toison
rauque des murmures. J’avance au ras des vagues à même l’horizon, les mots
comme des pétales, les phrases comme des bras. Je n’ai peur de rien mais j’ai
peur pour mes petits-enfants quand il neige des bombes, des mines explosives et
des tapis de prières. J’ai peur des phrases aphones sans écho ni murmure, des
frontières qu’on trace, des lâchetés qu’on enseigne à l’école. Entre les mots
et l’eau, je ne monte pas de bateau, je nage contre la vague.
(p.66)
LE ROSSIGNOL ET L’EMPEREUR au GTQ; toutes les
beautés artistiques réunies sur la scène de la salle Louis-Fréchette; l’âme
russe remplie à ras bord par celle de Robert Lepage qui dirigeait, à même les
flots noirs du bassin, les ondes magiques de cette soirée mémorable; Julie Novikova et sa voix
claire comme de l’eau de roche; les marionnettes aussi émouvantes que les
humains qui les manipulent; la musique de Stravinsky, comme un morceau de
réalité arraché au rêve…LA BALLADE DE L’IMPOSSIBLE, mon premier Murakami; un
roman bu à même les lèvres de la Littérature japonaise; une certaine pensée pour Mishima…
NOTES SUR LA MÉLODIEDES CHOSES,
le parfait petit livre de jeunesse de Rainer Maria Rilke qu’il fallait lire d'une traite…pour apprendre sa réflexionsur une nouvellemanière de faire du théâtre:
De la hauteur
des mots se laisser choir dans une mélodie une et commune
La Petite de Simon G., qui souffre d'une fièvre qui aurait pu être enrayée plus rapidement n'eut été de l'incertaine incompétence d'un centre hospitalier, probablement surchargé de travail…
DES FANTÔMES DESABLE QUI S'AGITENT SOUS LES BRAS SALÉS DE LA MER D'ÉMEUTES QUI SECOUENT NOTRE MONDE D'ÉPUISÉS...
Les
émeutes de Londres; l’or qui nous monte à la tête; le pétrole qui nous assassine, qui descend de leurs pompes à fric...Et le futur brillant du DIAMANT
qui luira dans l’ombre des chiffres...
ÇANE SERA PAS LA PREMIÈRE FOIS QU’ON DEVRA
SERRER LA CEINTURE (FLÉCHÉE) dU CANADA; MAIS AU FAIT, ON N'EN A PLUS DE CEINTURE, ELLE EST PARTIE DONNER LA STRAP AU VIDE DES CERVEAUX ENFLÉS...(Une phrase sans mot est une page de trop)...
Le bijou de documentaire MICHEL CHARTRAND, LEMALCOMMODE, de Manuel Foglia, allumeur de réverbères de notre crépuscule…La
mort de Jack Layton, parti pour une autre sorte de gloire, éternelle celle-là…LESBALLETS RUSSES au MNBA; l’art du vêtement de scène pour envelopper l’âme de
Diaghilev; la musique des grands compositeurs dans la tête et sur les écrans
géants…Les toiles de l’autodidacte Jacques Payette; un monde fait
d’encaustique, d’acrylique, d’huile, d’encre, de fusain, de pastel, de crayon
de plomb,et de cire...Le recueil somptueux de L’ÉTOILE POURPRE d’Alain Grandbois,
de la pure poésie…
Des fleurs lunaires s'allongent
Gravissant autour de nous
Nous sommes tendus droits
Le pied pointant vers les fonds
Comme celui du plongeur renversé
Déchirant les aurores spectrales
L'absolu nous guette
Comme un loup dévorant
«Les poètes de ma génération ont «chanté» la solitude
parce qu'ils ne trouvaient pas cette présence de l'autre, et cette sorte de
fraternité que vous éprouvez maintenant. Nous étions seuls, durement seuls, et
nous le sommes encore. »
Un autre coup de théâtre de l'inespéré
Frédéric Dubois:FALLAIT RESTERCHEZ VOUS, TÊTE DE NŒUD, de Rodrigo Garcia;
du théâtre qui déplace de l’air…en masse; qui fait vibrer la corde sensible de
nos sanglots d’automne; du théâtre qui sort de ses gonds…Le suicide d’Allain
Leprest, le plus inconnu des chanteurs connus, un poète qui descend en ligne directe avec le Brelenchantant; heureusement qu’il
nous reste YouTube pour le voir et le revoir nous chanter ses mots aussi beaux que cruels…
ON JASE
ON PLACOTTE
ON ASTICOTE,
LA VIE TRÉPASSE;
LA VIE SE PELOTE
CONTRE LA MORT
LES CHEMINS INVISIBLES du Cirque du Soleil sous les bretelles de béton; des rebondissements exemplaires sur les matelas du
possible; une troupe de magnificos...IRÈNE, méchante femme; ouragan venu causer ravage à nos arbres et parterres, routes et fenêtres; qui a fait revoler toute la Côte Est à l'envers de l’Amérique du Nord…LIRE ET ÉCRIRE, des frères Cohen; un film sur le sarcasme qu’est la *** (je ne tape pas le mot, au cas où des on sait jamais)...
SCRAPITUDE, le
premier recueil de Christian Girard, le libraire le plus attentionné de la
Cité; avec des mots de SON cru, ceux de la page 51:
La ville où je m'enfarge
en cherchant mes racines
sous les fleurs du tapis
SEPTEMBRE
LES TROIS JOURS DU CONDOR, film
indémodable de Sydney Pollack; encore une histoire de ***
avec les trois lettres qu'il faut taire; quelques scènes où on voit les tours jumelles de 1974…Le dixième anniversaire de leur chute spectaculaire dans le plus grand attentat de tous les temps qui restera veut veut pas ancré dans nos mémoires pour longtemps; et James Taylor qui chante en ce jour triste du 11 septembre 2011:
XANADU, la série télé française sur la porno,
tournée en partie par Podz, le Québécois; des images CULbutantes, des
acteurs au quart de tour, du concret; du nouveau…Le CHANT POUR ENFANTS MORTS du Prince desTénèbres lui-même, Patrick
Brisebois; pour les peaux fines et les pas fins ;-)...FrançoisVincent chezLacerte: UN SOIR UNE NUIT ET SIX JOURS; une prose de non-dits, des apparences, du silence...LE RAGOÛT DUSEPTUAGÉNAIRE de Charles Bukowski, une autre de ces
excellentes suggestions de mon cher librairede chez Pantoute…LA PATIENCE DEMAURICETTE, de LucienSuel, deuxième roman du poète de Nord-Pas-de-Calais; constructeur de textes, sculpteur de mots, blogueur à L'ACADÉMIE 23; jardinier qu’il fait
toujours bon défricher et déchiffrer...
Une autre fois IMAGINATION DUMONDE, à l’église
Saint-Cœur-de-Marie (avant qu’on ne la démolisse); L'URD Théâtre, une
aventure au centre même de la Crise; la même autre vision de la Divine
Comédie de Dante vue le 9 juin dernier; Hanna Abd El Nour, qui, sans aucun doute, avec Wajdi Mouawad, est l'un des plus intéressants créateurs que le Québec ait « transe-formé »...
LA CRISE: CE N'EST PAS TELLEMENT COMPLIQUÉ: C'EST TOUT LE MONDE QUI DOIT DE L'ARGENT À PRESQUE TOUT LE MONDE.
L’hommage pourri à VLBlors du Gala des Gémeaux;
une vraie honte…PUBLIQUE...TOM À LA FERME, de Michel Marc Bouchard; de la beauté
cruelle, mise en scène par Marie-Hélène Gendreau; avec un quatuor de comédiens
exceptionnels: Steve Gagnon, Frédérick Bouffard, Lise Castonguayet
Joëlle Bond; de la lumière rouge sang dans l'étable des ténèbres…Le bon chocolat chaud de La
Brûlerie St-Roch; la causerie avec A., toujours aussi longue que belle...
Photo: Patrick Dubé
L'intriguant MATER DOLOROSA de Jean-Marc Mathieu-Lajoie au LIEUcentre d’art, là où nous avons rencontré le sympathique Patrick Dubé, artiste iconographe, qui a donné un " généreux " coup de main en laissant tomber anges et statues au-dessus de l'abîme d'une église qui se fracasse de plus en plus; LE LIEU, où pour 5 malheureux dollars, j'ai pu acheter...un lingot d’or...
NOTES DE CUISINE, un autre texte de Rodrigo Garcia
mis en scène par le surdoué Frédéric Dubois; une pièce de choix jouée dans LA
CUISINE de la rue Saint-Vallier;un " beau morceau " dans lequel le Spectateur est souvent convié à mordre
dedans...pendant qu’il mange; du théâtre qui sort du cadre traditionnel;
un avant-goût peut-être de ce que pourrait ressembler la prochaine saison
du Périscope avec à son bord, comme directeur artistique le même Frédéric Dubois, un
artiste qui vous sort dans SES sentiers abattus…LA NUIT DES ROISOU CE QUE VOUS
VOUDREZ, la première des cinq pièces présentées au Trident cette saison;
une distribution exceptionnelle, avec entre autres Jean-Sébastien Ouellette,
Lucien Ratio et Olivier Normand; du talent à revendre pour ce Shakespeare dont on ne se lasse jamais (dans mon cas)…COMMENT APPELLE-T-ON UNE CHOSE ? de François
Mathieu, à la Bibliothèque Gabrielle-Roy; un voyage fascinant à travers quelques-uns de ses objets volants...
OCTOBRE
Photo:Bernard Brault, La Presse
Une petite entrée chez COCAGNEde la rue
Saint-Denis une demi-heure avant la CANTATE DE GUERRE au THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI;
malgré les mots cruels de Larry Tremblay, cette œuvre valait
largement la peine d'être vue de plus près de ce que les critiques en avait non-dit, ne serait-ce que pour la
performance absolument démente et éblouissante de PaulAhmarani, un bourreau de travail qui a sonné la charge à tous ses confrères comédiens; eux qui ont fait plusieurs détours sur une scène découpée aux couteaux bien aiguisés, entre autres celui d’Abdelghafour Elaaziz, qu'il faisait plaisir de voir jouer en live...but la guerre for me, no sir !...
La captation télé de François Morency au Théâtre Corona; du
rire en fût; une ambiance de fête avec les fans finis du blond comique...L'exposition de LINOà l’UQAM; ses œuvres originales,
splendidement et quelques fois outrageusement exaltantes; de l'art-ériel sur les coeurs fendus…LES CENDRES DE MAMAN, de Lolita Séchan, illustré parLINO; une belle histoire pour enfants, petits et grands…
Un passage rapide à...Laval-des-Rapides, quartier
d’enfance de la rue DeGalais; le Dairy Queen; l'autoroute 15; et un coucher de soleil d’enfer…À NDM, chez
Maman, avec les trois chats, les quilles, Tante Lucille, mes frères, ces
combattants toujours vivants…
Les 5 ans de vie commune avec notre lapin
Tit-Boule, ma beauté suprême…Le cadavre de Khadafi exposé à la face exponentielle de notre
monde facebooké…LAPROMENADE DES ÉCRIVAINSdans le Vieux-Québec, en la réconfortante compagnie de notre
guide, Marie-Ève Sévigny; les mots de Jacques Poulin sous le
ciel de Québec; une vraie belle tournée d’automne…jusqu'au cimetière St-Matthews; et aucune espèce de trace
deVLB au Périscope…pour le lancement de son antiterre...
LE THÉÂTRE ME RASSURE SUR CE MONDE QUI TROP
SOUVENT EUT TENDANCE À OUBLIER QUI IL EST (OU ÉTAIT) ET D’OÙ IL VIENT (OU
VENAIT).
LES HOMMES ET LEURS SUEURS
DES FEMMES PRISES DANS LEURS COEURS;
EMBRASSONS LES
MAUDITS POÈTES;
CHÉRISSONS
LEURS VIEILLES CONQUÊTES
Martin Bureau chezLacerte:FROM CHINA WITH LOVE; graphite, acrylique,
feuilles d’aluminium; absolument grandiose…
From China with
Love 19 (2011)
Graphite, acrylique
et feuille d'aluminium sur bois
122 X 183 cm
Les TROPHOUX de Roch Plante, alias Réjean Ducharme, exposés à la BibliothèqueGabrielle-Roy; un spectaculaire ramassis d'objets qu’il trouve dans la rue et qu’il
assemble sur des toiles, moins grandes que je ne l’aurais cru; un rêve que
d’en avoir vu quelques-unes…MOI, PIERRE LEROY,PROPHÈTE, MARTYR ET UN PEU FÊLÉ DU CHAUDRON, de VLB;
trouvé en surprise à La Bonne Occasion…ENTRE VOUS ET MOI IL N’Y A QU’UN MUR de JocelynPelletier; un auteur, un vrai, un metteur en scène d’avenir au service du
présent…Le last câll inattendu de Mister Jarvis; comme une espérance d’il y a un
million d’années…
NOVEMBRE
Le mois des morts...
LA GRÈCE QUI FOND MONÉTAIREMENT À VUE D'OEIL...
TOUT QUI S'EN VA; RIEN QUI REVIENT...
TOUT QUI FOUT L'CAMPS, RIEN QUI SE RETIENT...
DANS LES BOIS BRISÉ, LE VENT QUI SE LÈVE...
ChezHistoria, EN VIVANT, EN ÉCRIVANT d’Annie Dillard, une auteure dont j’ai souvent
entendu parler par Robert Lalonde…L’arôme et le décor invitant du Pain et
Passion juste avant KANATA, un Loup Bleu qui nous a parlé de l’histoire
inversée des Amérindiens; instructif et renversant; comment ne pas
avoir eu un peu mal à l'âme après ça ?...VLB qui gagne le prixGilles-Corbeil et
les 100,000 beaux dollars qui l’accompagnent; le juste retour des
choses…OCCUPY QUÉBEC qui se démantèle au Jardin Saint-Roch…Brrr…pour que vive la
révolution…(83 amis facebook mais parmi eux plusieurs qui font le mort)…
LES DERNIÈRES FEUILLES D'UN AUTOMNE QUI N'EN FINIT PLUS ET QUI SE RAMASSENT À LA MAIN…
LA MÉDÉE D’EURIPIDE, d’après
Diego Aramburo; ou jusqu’où l’amour d’une mère peut aller sans l’homme de
sa vie; les touchantes interprétations de Linda Laplante et Hugues
Frenette ont rapporté au Trident une autre de ces soirées mémorables…La création
du slogan ONVERRA par le chef d’un tout vieux néo-parti parti pour la gloire de nos
pères (si l’on se fie aux sons d’âges)…La réédition du CHANT POURENFANTS MORTS
de Patrick Brisebois; une œuvre qui chemine autour de ses déra-pages et qui, je l’espère, sera aussi connue
que Barabbas dans la passion…LE PARCHEMIN DU ROY, boutique de l’écriture sur
Crémazie Ouest; tout pour enluminer les mots et les images…LAURIER-STATION,1000 répliques pour dire je t’aime; Jean-SébastienOuellette à la mise en
scène et Isabelle Hubert aux textes, le match parfait; l’intensité dans
le quotidien des petites choses; le pluriel et le singulier; la sincérité au
bout de la plume…LaTour Martello numéro 4, grosse masse de pierre grise qui
embellit le paysage tranquille de la rue Lavigueur…La GALERIE LINDAVERGE (de
la seule et vraie rue Des Érables à Québec); GRANDS ESPACES,PETITS FORMATS, la plus récente production de Claude Pelletier, un pastelliste aux coloris uniques; rivages, fleuve, plénitude des gris bleu avec le vert des
espérances; et les immenses toiles de Marc Paquet, le flambant nu de la
poésie émanée de ses coups de racloir; le papier comme une lumière fantôme;
LA ROUTE VERS ST-GABRIEL de Simon Carmichaël, enfin devant mes yeux...
Claude Pelletier
SEULEMENT
LE LIEU DU LIVRE, une bouquinerie, rue Crémazie Ouest, qui existe depuis 28
ans mais que je ne connaissais pas encore; le bonheur d’y voir s'entasser une multitude de livres et d'y trouver parmi eux quatre
VLB théâtre qui me manquaient: LA MAISON CASSÉE, VOTRE FILLE PEUPLESSE,PAR INADVERTANCE, MONSIEUR ZÉRO et LA NUIT DE LA GRANDECITROUILLE; de quoi
y retourner…L’ABSENCE DE GUERRE de David Hare, dans une brillebouillante mise en scène d’Édith
Patenaude; l’opposition sous son pire jour mais à son meilleur; avec
un Normand Bissonnette des plus exaltant; des moments théâtraux comme on aime en
vivre dans la petite salle de chez PREMIER ACTE…
DES GROSSES ANGUILLES S'ÉTAIENT CACHÉES SOUS LES ROCHES DE LA JALOUSIE; ELLES AVALAIENT LE DOUX VENIN DES PETITES MÉCHANCETÉS, PUIS LES RECRACHAIENT À LA FACE DES TROP JEUNES ET JOLIES FILLES SANS DÉFENSE...
(à la mémoire de Marjorie Raymond)
DÉCEMBRE
Frans Ben
Callado, El Caimán Divino, compositeur, poète,
cinéaste, peintre, québécois d’origine espagnole et colombienne; J’ajouterais
blogueur, DEMENTIA UNIVERSALIS; ses deux recueils, FAIRE CONFIANCE ÀUN ANIMAL et VISAGES APRÈS L'AVERSE sommeillent au Pantoute de la rue St-Jean, mais en attendant, écouter quelques-unes de ses compositions:
L'invitation surprise de PREMIER ACTE pour re-voir LE CARDIGAN DEGLORIA ESTEBAN; avec toujours la même émotion, Jonathan Gagnon et Marie-Ginette Guay, encore plus at-touchants que la première fois...La séparation, non douloureuse, d'avec mon vieil ordinateur; l'acquisition du nouvelle machine plus performante, pour écrire plus vite mais peut-être pas mieux...
Voilà, une autre année qui s'achève dans la neige, le froid, la pluie et le vent. Une année bien remplie par tous ces artistes et artisans qui contribuent à me la rendre meilleure. En avoir fait le tour pour me rendre compte à quel point l'Art, sous toutes ses formes, est mon allié le plus précieux pour m'évader d'un monde parfois embarrassant. J'en profite pour les remercier en même temps que VOUS, très chers et précieux Lecteurs. Je ne vous nomme pas parce que je sais que vous savez qui vousêtes...
AU NORD DU CONTINENT, LES LIÈVRES SONT BLANCS
MAIS LA TERRE ENCORE BRUNE.
ILS VONT FINIR PAR SE FAIRE MANGER.
LA MÉMOIRE M’OUBLIE
POUR 2012, JE MANGERAIS BIEN VOLONTIERS UN PLAT DE CHAUDE SÉRÉNITÉ...
VOLONTAIRE, SI POSSIBLE. PARCE QUE LA TERRE TOURNE ENCORE ...POUR LE MOMENT