dimanche 14 février 2016

MATÉO ET LA SUITE DU MONDE : remise en question

Photo: La Bordée


Matéo est un dérivé du prénom Mathieu.
Mattatyahu peut être traduit par « don de Dieu ».


Dans la forêt claire des ombres de chaires, un loup rôde;
Il sent le besoin de ta misère à travers la sienne.

Il hume ton sang chaud
guette tes arrière-pensées
possède tous tes imaginaires

te blesse
te soigne
te flatte
t’implose
te frappe
t’explose

Comme dans le conte intemporel de Perrault,
à travers la prédiction des branches du coudrier,
on se dira toujours qu'après la pluie vient le beau temps...

elquidam 



Mon marsouin des Trois-Pistoles
Photo: L.Langlois






MATÉO, transporteur d'eaux profondes

Depuis les eaux salées de Perrault,
dans l’œil océan de sa caméra mobile, 
se promènent les souvenirs indélébiles
de LA SUITE DU MONDE pour MATÉO...

Avec les belles faces de mi-carême qui l'entraînent,
dans les profondeurs salines des courants chauds et froids,
c'est le film de sa jeune vie qui se déploie à grandeur d'âme 

Comme une insistance, 
contre une résistance,
pour un questionnement qui se cache
derrière une idée fixe remplie d’intelligence,
de doute, d’entraide, de bons soins et
d’amour…

à MATÉO, l'Insulaire asperger




C’est jeudi le 4 février dernier, au THÉÂTRE DE LA BORDÉE, que nous avons fait la connaissance de MATÉO, jeune étudiant en cinéma vivant avec « divers troubles associés au spectre de l’autisme ». Mathieu Bérubé-Lemay, incarne au naturel cet être imprégné de questionnements de toutes sortes. Il nous a accordé la grâce de faire une incursion privilégiée dans le monde tel qu’il le vit, le voit et le ressent, mettant en vedette la question du moment qui l’inquiète le plus: celui du comment vivre cette sexualité qui se profile et se faufile dans sa tête de jeune homme pas tout à fait comme les autres. On ne pouvait faire autrement que de tomber sous son charme...et son intelligence...




Son ami Justin, interprété par Julien Fiset-Fradet, atteint du TED (trouble envahissant du développement), le seconde avec brio et humour. Comme dans le chef-d'oeuvre de Perrault, il est vraiment rafraîchissant de les voir jouer avec autant de naturel et de professionnalisme. Marie-Hélène Gendreau, dans le rôle de Maria, compagne de classe de Matéo, également chienne démone qui l’excite par mille et une postures, éclaire la scène forêt avec élégance et beauté tout comme le fait Frédérique Bradet, sœur bienveillante qui s’occupe et se préoccupe de son petit frère, qui la met parfois légèrement à bout. Jack Robitaille, le prof et le père, le réel et l’imaginaire, la glace et le feu, le calme et la tempête, excelle, comme à l'accoutumée. Dans une finale exceptionnelle, le duo père-fils nous donne tout simplement le vertige des profondes heures...


Photo: La Bordée

Merci à Jean-François F. Lessard, le metteur en scène qui a orchestré les sublimes accords de tolérance et de respect envers « l’autre » dans cette somptueuse symphonie de matière à réflexion. La lumière spirituelle que nous a offert son quintette d'acteurs sortis de l’ordinaire a éclairé de façon exponentielle l'une des multiples facettes de cette humanité remplie de questions sans réponses dans laquelle nous baignons tous et toutes SANS EXCEPTION...



Photo: Caroline Grégoire (LE SOLEIL)


Ça vaut vraiment la peine, mais surtout le bonheur, de s'intéresser aux réalisations d'ENTR'ACTES *, le co-producteur de cet autre événement de LA BORDÉE de M. Jacques Leblanc. À souligner, le décor enchanteur de Vanessa Cadrin; accompagné des lumières vaporeuses de Denis Guérette, il nous a donné l'impression d'un rêve au milieu du cauchemar...



Photo: La Bordée


Pour faire plus ample connaissance avec Mathieu Bérubé-Lemay, regardez cette excellente capsule de LA FABRIQUE CULTURELLE:

http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/6510/mateo-et-la-suite-du-monde





Photos du spectacle:



Claude Gauthier
(chanson du CINÉ-CLUB)
« Jamais je n'oublierai ce tout premier baiser au cinéma »

***





Une bonne critique du DEVOIR






Si vous avez 105 minutes et 22 secondes à gagner de votre temps si précieux, allez voir, ou revoir, POUR LA SUITE DU MONDE. Simplement pour constater combien il y a tellement d'eau qui a coulé sous les ponts du Québec depuis 1963...



La pétition pour faire POUR LA SUITE DU MONDE un événement historique:







mercredi 3 février 2016

GRACE : pour atteindre l’inaccessible étoile




Up and over, we go through the wave and undertow
I will float until I learn how to swim
Inside my mother in a garbage bin
Until I find myself again, again

extrait de King of carrot flowers
Neutral Milk Hotel





OEIL ETOILES SOLEIL

presque les mêmes lettres pour
la presque la même définition

depuis les étoiles de Steve
mortes dans l’œil de Sara,
le soleil et la lune de Sam
le ciel et l'enfer de Karl





Comme le milieu
Comme le début
Comme il se doit
Comme il se peut

Des doutes spoilés en partant...


Le serpent qui se mord la queue
Le train qui ne s’arrête jamais pour te faire monter
Le ciel qui se remplit de fumée, de sang et de neige

C'est le début de la faim.
C'est le début de la fin finale. 
Point.

***

Un détonateur
Un mirador
Un détecteur
Un réflecteur

Entre la foi et la raison, l
le gun pour so d'hommes et gars morts




Croire qu’on pourrait rembobiner sans fin le film de cette vie faite de reculs et d’avancements, pour voir briller la lumière divine au bout du tunnel du diable…





Sam, défiguré par l’accident fatal qui lui a ravi sa douce moitié; Karl, qui peste contre la religion pour des raisons ô combien raisonnables; Sara, qui espère bien donner à la terre un enfant de plus; Steve, qui s’imagine devenir le roi d’une chaîne d’hôtel gospel; Sam, qui s’attache à Sara; Sara qui se détache de Steve; Karl qui extermine les coquerelles; Steve qui pulvérise leurs vies…




GRACE, un drame américain de l'american dream comme il s’en dessine là-bas et ici plusieurs fois par jour, comme cette multitude d’attentats terroristes qui surgissent depuis quelques mois. GRACE, comme l’assassinat non prémédité d’une étoile dans un ciel de pierre. GRACE, qui nous aura projetés le temps de cette heure et demie dans un monde qui se vit parfois à côté de chez nous, chez ce voisin que nous croisons de temps en temps, à qui nous ne parlons pas ou si peu par crainte de le déranger ou de déclencher une tragédie du genre de celle que nous avons vue ce soir. GRACE, une pièce qui a le don spirituel de nous avoir fait réfléchir encore une fois sur cette société si chancelante, faites de malheurs et de divisions, de crises et d’abandons, mais encore pire, d’indifférence.




L’illusion axée sur le profit fait-elle de nous des enfants de chiennes ? ou de Dieu ? Allez en parler à Karl, cet homme qui extermine la petite vermine, qui a connu de près l’horreur nazie, essayez de le convaincre qu’il faudrait peut-être qu’il se mette à prier un peu pour tenter d’effacer les images de violence épinglées à jamais dans son cerveau de jeune Allemand terrorisé. Et recevez donc sa claque magistrale en pleine gueule...


L’Échelle de Jacob
Marius Dubois
1997



Dans l’arme à feu, 
le sang des larmes de l'adieu
Et dans ma bouche, 
deux PURPLE JESUS !
(vodka, curaçao, jus de canneberge)





Charles-Étienne Beaulne, jeune et « illumineux » comédien, qui nous étonne à chaque fois que l’on croise son immense talent dans les théâtres de Québec, a brillamment réussi sa première mise en scène. Il a cousu sur mesure ce texte américain de Craig Wright *** pour  nous, Québécois de vieilles souches que nous sommes. En espérant que ce coup d’envoi se répétera souvent et prochainement pour DES MIETTES DANS LA CABOCHE *, la compagnie qui nous a donné il y a quelques années l’extraordinaire …ET AUTRES EFFETS SECONDAIRES, vue en septembre 2009 **.







LES COMÉDIENS

Nicolas Létourneau campe sous son étoile bipolaire un Steve des plus disjonctés. Articulé et corrosif, survolté, croyant à Dieu, aux anges et au profit, il nous offre une séance de grattage des plus affolantes, s’éclate en mille mots, donne son 110 %, possède cette scène drab presque à lui seul. Il atteint l’un des plus hauts sommets avec ce rôle… 




Emmanuel Bédard, qui se retrouve souvent en sa brillante compagnie, contraste magnifiquement avec son Sam. Isolé, introverti, meurtri et surtout agnostique, avec sa belle voix grave, que l’on reconnaîtrait entre mille, il arpente le texte de Wright (traduit par Joëlle Bond) avec une grâce des plus …spacieuses…




Joëlle Bourdon, imprégnée du double halo de l’Amour et de la Franchise, interprète une Sara transparente et généreuse à souhait, une femme qui ose prendre le risque du gros changement d’une vie brodée de bluff par les projets plus ou moins ambitieux de son époux vantable Steve…




Jacques Leblanc, qu’il nous fait toujours autant plaisir de revoir sur scène, en bermudas beiges cette fois, aspergeant les recoins infestés d’un appartement coincé entre le Ciel, le Purgatoire et l’Enfer. Son athée de Karl effleure durement mais clairement une réalité qui s’accroche non pas aux clous et croix de bois sacré ou aux saintes pages de papier bible des Testaments de tout acabit mais à ce qui restera du feu sous les cendres d’un Homme qui aura survécu au drame des drames, dans la plus grande des noirceurs que la lumière des miradors aura créé…




Lorsque les deux satellites GRACE effectuent leurs 16 révolutions quotidiennes autour de la Terre, leur trajectoire est perturbée par les variations du champ gravitationnel terrestre. Lorsque le premier satellite passe au-dessus d’une région où la gravité est un petit peu plus importante, le satellite est attiré par l’anomalie du champ de gravité et la distance avec le satellite qui le suit est modifiée. Après avoir franchi l’anomalie, le premier satellite reprend sa vitesse normale tandis que les paramètres de la trajectoire du deuxième satellite sont à leur tour affectés

GRACE (Gravity Recovery And Climate Experiment)





SATELLITE OF LOVE

Satellite of Love parle d’un homme qui observe le lancement d’un satellite à la télévision, tout en ressentant une profonde jalousie envers sa petite amie infidèle.





GRACE

AUTEUR ET IDÉE ORIGINALE: Craig Wright
MISE EN SCÈNE: Charles-Étienne Beaulne,
assisté de Léa Aubin
ADAPTATION ET TRADUCTION: Joëlle Bond
APPUI DRAMATURGIQUE: Marie-Josée Bastien
CONCEPTION SONORE: Josué Beaucage
COSTUMES: Karine Mecteau Bouchard
ÉCLAIRAGES: Jean-François Labbé
DÉCOR: Sonia Pagé
DIRECTION DE PRODUCTION: Nicolas Létourneau
PRODUCTION: DES MIETTES DANS LA CABOCHE et
THÉÂTRE DREAM TEAM

PHOTOS DU SPECTACLE: via la page facebook du Périscope


Smith-Wesson 38

***

Ce soir, à l'entrée du Périscope, il n’y avait pas de programme officiel (ni de prions en église). On s’est entassés dans un appart en Floride, tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec des gens comme vous et moi, non pas tout à fait, en tout cas pas comme on voudrait l’être. Et malgré l’œil de la Providence,
croire quelque chose quelque part...






LA PERTE D’UNE ÉTOILE

Dimanche dernier, Benoit Violier, le grand chef franco-suissse (trois étoiles), est parti rejoindre Sara, Sam, Karl et cie...Apparemment, il se serait servi de son fusil pour y chasser la vie qui l'habitait depuis 44 ans. Il est ainsi entré dans la légende. Il n'est pas le premier chef, et certainement pas le dernier, à commettre ce geste désespéré, mais au moins il n'aura pas emporté avec lui femme et enfant...





* DES MIETTES DANS LA CABOCHE



*** Craig Wright



CRITIQUE DU VOIR


















lundi 25 janvier 2016

QUILLS: au-delà de la monstrueuse liberté du Divin

Photo: Caroline Grégoire




« Le plus honnête, le plus franc et le plus délicat des hommes, le plus compatissant, le plus bienfaisant, idolâtre de mes enfants, pour le bonheur desquels je me mettrais au feu (…) Voilà mes vertus. Pour quant à mes vices: impérieux, colère, emporté, extrême en tout, d’un dérèglement d’imagination sur les mœurs qui de la vie n’a eu son pareil, athée jusqu’au fanatisme, en deux mots me voilà, et encore un coup, ou tuez-moi ou prenez-moi comme cela; car JE NE CHANGERAI PAS ».

Donatien Alphonse François de Sade 
à sa femme Renée-Pélagie de Montreuil
Septembre 1783



Sade sympathise avec le directeur de Charenton, M. de Coulmier. Ce dernier avait toujours cru aux vertus thérapeutiques du spectacle sur les maladies mentales. De son côté, le marquis nourrissait une passion sans borne pour le théâtre. Il va devenir l’ordonnateur de fêtes qui défrayèrent la chronique de l’époque.

Sources: wikipedia





Pour la rentrée de la demi-saison, 
on ne fera pas dans la dentelle:

QUILLS nous a sciés en deux,  
fendus  en quatre, 
écartelés,
pris de tous bords tous côtés,
éclaboussés, 
éviscérés,
dévorés, 
envoûtés
tiré la langue à terre,
fait tout simplement perdre la tête.
Point final.


LE MODÈLE ROUGE *
René Magritte
1935

Le problème des souliers démontre combien les choses les plus barbares passent, par la force de l’habitude, pour être tout à fait convenables. On ressent, grâce au MODÈLE ROUGE, que l’union d’un pied humain et d’un soulier en cuir relève en réalité d’une coutume monstrueuse. 

Mes tableaux ont été conçus pour être des signes matériels de la liberté de pensée.

René Magritte





Une mise en scène de virtuoses, de purs moments de grâce, QUILLS, de l’américain Doug Wright, traduit par Jean-Pierre Cloutier, a créé dans le Trident d’Anne-Marie Olivier un espace absolument dément le temps de quelques deux heures vingt, le temps de faire le tour de l'asile de Charenton, là où le Divin Marquis fût enfermé avec toute la crispante folie des autres. La scénographie, les costumes, les éclairages, l’ambiance sonore, les accessoires, les maquillages, les perruques, tous parfaitement « attachés »  les uns aux autres, une véritable liaison…dangereuse. Et la touche techno, indispensable dans l’œuvre de Robert Lepage, qui encore une fois nous aura éblouis du début à la toute fin. Virtuose…jusqu’au bout des doigts !

Photo: Journal de Québec

L’équipe de production EX-MACHINA a de quoi se péter les bretelles et non pas la gueule. Avec son Théâtre fait de surprises, d’ébahissements, de magie, d’éducation et de respect pour l’Art, il en dérange peut-être quelques-uns et quelques-unes de par son audace mais quand on traite d’un sujet aussi sulfureux que celui du Marquis de Sade faut quand même pas s’attendre à faire dans la dentelle mais à recevoir en pleine tête quelques raclures et giclements de toutes sortes. 


Jean-Pierre Cloutier et Robert Lepage
Photo: Erick Labbé


Je n’en attendais pas moins de la lecture personnelle qu’en ont fait messieurs Lepage et Cloutier. Ils ont proprement exécuté le travail qui était celui de nous promener divinement dans les hauts et les bas de cette œuvre tant controversée mais ô combien si nécessaire. Parce que notre monde actuel n’est pas non moins pire que celui de 1814…




« La Révolution française est une période historique d’une violence inimaginable pour nous. On a coupé la tête à des milliers de personnes au nom d’idéaux politiques, à un point tel que la guillotine devait être déplacée à travers Paris parce que l’odeur du sang incommodait les gens. Je trouve qu’il y a là, en quelque sorte, une forme de justification de la violence pour le bien. Tout est une question de perception. Par exemple, on parle des films de Tarentino comme étant extrêmement violents, mais la violence qui se passe pour vrai à chaque jour, je ne sais pas si on serait capables de la regarder en face. »

Jean-Pierre Cloutier
Extrait du programme


Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier à propos de la censure:


http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/6477/robert-lepage-et-jean-pierre-cloutier-reflexion-autour-de-la-censure






LES COMÉDIENS




Robert Lepage, entier, vivant, majestueux, habillé, nu, toujours aussi achevé et articulé, il porte la pièce sur un piédestal devenu échafaud. Son marquis de SADE en sera un qui restera collé dans nos mémoires encore longtemps. À chaque fois, je me dis la chance et le bonheur que nous avons d’assister à l’une de ses rares performances, de le voir en chair en os, d’entendre sa voix unique. Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces grands dramaturges qui l’ont précédés et qui sont encore joués depuis des siècles. Il fait partie de ce groupe d’élite qui bâtit le Théâtre pièce par pièce, qui le façonne projet après projet, qui le réaménage et le promène de par les diverses scènes du monde. C’est un honneur infini que de le côtoyer ICI, dans les jeunes murs de notre Cité. Vous dire combien j’ai hâte de prendre place dans son DIAMANT ne s’écrit pas…




Jean-Pierre Cloutier, précieux acolyte de Lepage dans ce projet audacieux, interprète un abbé de Coulmier rempli de tourments silencieux et de vérité, pas toujours facile à dire. Homme qui combattit le mépris en même temps que l’admiration qu’il avait de l’écrivain prolifique et contesté que fût Donatien Alphonse François. Il a offert un jeu impeccable qui je crois transformera à jamais l’homme de théâtre qu’il est devenu depuis son odyssée circassienne avec Éos. Pour avoir assister à la plupart des pièces de créations auxquelles il a participé, de BANG ! à TRAINSPOTTING, et avec ce que j’ai vu mercredi soir dernier, j'imagine un peu ce que l’avenir lui réserve comme autres retentissants succès...




Jean-Sébastien Ouellette, encore une fois à la hauteur des exigences des mots de l’auteur et des deux metteurs en scènes, ce même si sa perruque le rendait quelque peu méconnaissable ;-). Un docteur Royer-Collard, médecin en chef de l’asile de Charenton, qui ne croit pas tellement aux vertus thérapeutiques des séances théâtrales de l’abbé Coulmier…





Érika Gagnon, épouse épouvantée, drôle à point, folle à souhait, énergique, hypocrite, prête à tout pour que l’on fasse taire l’homme jadis tant aimé. Renée-Pélagie de Montreuil, la Correspondante, copiste, relectrice des textes de son mari, mère de leurs trois fils, soumise et dévote, masochiste, sacrifiée...   




Mary-Lee Picknell, transcendante Madeleine, lavandière fidèle au pied du maître emprisonné, qui s’est donnée corps et âme dans cette arène pour le moins sanglante. Une autre brebis sacrifiée...

Finalement, Pierre-Olivier Grondin, découvert dans l’inoubliable et énigmatique VIANDE de Maxime Robin puis dans HAMLET et LES FOURBERIES DE SCAPIN, offre une solide interprétation dont celle de l’architecte Proulx, un rôle qui je l’espère lui en apportera d’autres tout aussi providentiels. N'ayant pas trouvé de photo tirée de la pièce, on peut l'apercevoir dans l'extrait de Radio-Canada ci-dessous. Il joue l'un des merveilleux fous de l'asile de Charenton. Un bijou !  




Les superbes photos de la pièce sont celles de Stéphane Bourgeois.

***

QUILLS m’a ramenée à MADAME DE SADE, une pièce présentée au Trident en mars 2012. Écrite par Yukio Mishima, Sade y était crûment revisité par ses femmes via la mise en scène de Martine Beaulne. Mes impressions:



***

Anecdote no. 1:  le soir de la première, un homme dans la soixantaine, assis dans le milieu de la cinquième rangée, a perdu connaissance lorsque le marquis y perd…sa première plume. Quelques jours plus tard, probablement assise à la même place que lui, ou tout près, (je siège à l’E-5), j’ai entendu quelques spectatrices émettre quelques bruits de répulsion et d’étonnement. Puis, un boom dans mon cœur surpris par cette scène disons-le saisissante. Apparemment que le malaise du spectateur n’y était aucunement lié. Mais permettez-moi d’en douter un peu…;-)

Anecdote no. 2: En lisant sur la vie de Sade, j'appris qu'un certain Jacques-André Langlois, son valet, était également son complice du vice lors de certaines parties intimes. Qui sait ? J’ai peut-être un lien quelconque de parenté avec ce Langlois-là...;-)






Moulage du crâne du Marquis de Sade


En furetant sur Youtube, découvert la chanson MARQUIS DE SADE de Syrano, un auteur compositeur interprète français qui ma foi ne ferait pas honte à ce cher Donatien. Il y mentionne le nom de Magnota (!!!), comme quoi ce Canadien qui a démembré un Chinois à Montréal défigure à jamais la mappemonde du vice international ! Syrano, une autre belle découverte.



Appelle-moi Magnota, 
mes textes te ligotent
Te trépanent et ça m’excite 
quand ton cerveau mijote
Le couteau dans la plaie, 
mon grain de sel juste après, 
du son dans le sang
Qu’on leur couse les lèvres, 
le silence est rêve sombre 
et indécent





Paroles