mercredi 12 juin 2013

LA GRANDE ET FABULEUSE HISTOIRE DU COMMERCE: À vendre


Photo: Elisabeth Carecchio





SVP ne jamais prononcer le mot VENTE.

Jamais, ô grand jamais. Parce que…………………….Cinq hommes, cinq âmes. Des chambres d’hôtels. Des moquettes muettes. Des lits, des draps, des oreillers, des bureaux, des tables, des fauteuils. Et des plafonniers, pour y asseoir la lumière sur les ombres..........Du ravissement. Du désordre. Une grande pièce meublée de la diligence des remarquables dialogues. Plus de la musique qui se rend jusqu’au cœur du drame. LA GRANDE ET FABULEUSE HISTOIRE DU COMMERCE: avant tout une histoire d’hommes. De la houle sous la braise. Un bijou sorti tout droit d’un écrin rempli de réalité. Une finale poignante d’humanité pour la poignée d’humains qui assistait à cette autre MAN-Œuvre théâtrale.
 ***

Présentée au Théâtre de la Bordée, sur une scène habillée en complets-cravates, la compagnie Louis Brouillard s'amenait ici, à Québec, pour me faire goûter à mon premier Pommerat, et je l'espère, sûrement pas le dernier. Ai principalement apprécié le noir lumineux des changements de décor, cet entre-deux scènes qui nous fabrique un temps d’arrêt, une pause de la parole pour mieux y voir rejaillir l’étincelle des brillants dialogues. Même s’il faut ne jamais prononcer le mot VENTE, les cinq remarquables  comédiens, avec leur indéniable talent, m’ont vendu une partie de leur génie, celui qui nous fait goûter à la magnitude absolue des histoires dites journalières. L’éloquence avec laquelle ils nous ont « récité »  ce poème suburbain de vendeurs de presque rien aura fait le travail auprès de l’amateur comme du professionnel. Un précieux souvenir pour le creux de ma mémoire d’ex-vendeuse...de rêves...

Comme il est plaisant d’assister à ces grandes soirées de théâtre entourée de spectateurs plus qu'attentionnés, de gens du milieu, qui souvent découvrent en même temps que nous ces pièces qui nous marqueront à vie de leur croix de fer, de bois, ou gammée, ces boules d'énergie captivantes qui laisseront des flashes d'intelligence dans le lac profond de nos yeux éblouis, des pièces qui ont été judicieusement choisies par le cœur de battante qu'est celui de Marie Gignac, la directrice artistique du Carrefour International de théâtre de Québec.



Photo: Nicola-Frank Vachon



 …Ce soir, comme bras droits, j'avais la sublime compagnie Linda Laplante et Gill Champagne, et sur la gauche, un autre ex-directeur artistique du Trident, M. Roland Lepage. Je siégeais sur le D-10, une place de choix pour la fausse foubrac que je suis ;-). Vraiment déBORDÉE de contentement.


***

Résumé de la pièce par Patrick Bebi




LA GRANDE ET FABULEUSE HISTOIRE DU COMMERCE

Une création théâtrale de Joël Pommerat
Collaboration artistique 
Philippe Carbonneaux

Avec
Patrick Bebi, Hervé Blanc, Éric Forterre,
Ludovic Molière, Jean-Claude Perrin
Lumières 
Éric Soyer assisté de Renaud Fouquet
Scénographie Éric Soyer
Costumes Isabelle Deffin
Créations sonores 
François Leymarie
Recherches sonores 
Yann Priest
Musique 
Antonin Leymarie *
Construction décors et accessoires 
Vano Hotton, Thomas Ramon - À travers Champs
Création vidéo 
Renaud Rubiano
Direction technique
Emmanuel Abate
Régie lumière 
Renaud Fouquet Régie son et vidéo Yann Priest Régie plateau Lorenzo Graouer, Élodie Prud’homme
Répétitrice textes, aide-mémoire 
Léa Franc
Documentation 
Évelyne Pommerat
Interviews dans le Béthunois 
Philippe Carbonneaux, Virginie Labroche-Cornil Production Compagnie Louis Brouillard








dimanche 9 juin 2013

UN ENNEMI DU PEUPLE: Marge de manoeuvre



http://www.canvashotel.no/

« NOUS NE SOMMES PAS DÉPRIMÉS 
NOUS SOMMES EN GRÈVE »
Henrik Ibsen
1883 



« Le pire ennemi de la vérité,
c'est cette putain de majorité libérale »

"Doktor Stockmann"
Ingo Hülsmann
Photo: Arno Declair
Jamais été aussi éloignée des comédiens que ce soir et pourtant, jamais été aussi près de moi-même. Thomas Ostermeier m’a conquise, Ibsen re-conquise. Jamais autant pensé à ce qui se passe par ici en ce moment même, dans notre belle complice cité légionnellosée, nickelée, poudrée du faux fard des masques à rats démocRATisants, des cruci-fixés, des mono-divisés, remplie d’achats landés, top photographiée, pas assez conscientisée, nourrie du monoxyde des VUS et de celui des radios XXXyzzzzzzzzzzzzzzzz, médiatisés à la langue trop bien pendue pour ne pas être assez défendue…Jamais été aussi près et aussi prête…

L’Allemagne, via la Norvège, venue nous visiter pour nous dire qu’il est peut-être encore temps de changer la couleur de ce régime de bananes stériles, issues de variétés domestiquées, de mettre de côté la coke diète de ces porcs qui nous dégraissent de nos derniers deniers, porcs frais qui déroulent leur joint-ventures devant des ass semblés appelés à se multiplier…
Nous sommes un peuple de porcs lâches (sic) qui ne disent pas ce qu'ils pensent: il n'y a pas un seul bon mot allemand pour désigner ce qui est entre les jambes.
(extrait de Das zwischen den Beinen,
Ce qui est entre les jambes)


Der deutsche Mann hat ein Problem, für das ich mich als Deutscher schäm.
Wir sind ein Volk von feigen Schweinen, die nicht sagen, was sie meinen.
Es gibt kein einzges gutes deutsches Wort für das zwischen den Beinen.

JOINT VENTURES
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joint_Venture


MARGE DE MANŒUVRE, n. f.
Domaine : économie d'entreprise.
Définition : moyens dont dispose l'entreprise pour lui permettre de réagir aux variations de son environnement.
Anglais : organizational slack.
Source : APFA.

Vue sur le port...et ses nuages (pas toujours roses !)  
Avenue Royale, Beauport, juin 2013
Photo: L.L. 

Aucune espèce de divinité à implorer devant l’autel théâtral allemand. Aucune générosité de la part des anges directeurs des sociétés à densifier. Que la merde des mouches pour boucher les trous de cul-pabilité des prêt-à-tout-manger qui avalent les restants avariés de génocides à venir.

Jamais été aussi pré occupée par les mots centenaires que ceux qui ne cessent de gruger l’os troué de l’Humanité. Par le sang chaud des peaux trempant dans l’eau intoxiquée de la Vallée du Moulin, je suis encore et autant sous anesthésie aujourd’hui que je l’étais hier et que je le serai demain. L’opération est à veille de commencer. Ibsen/Ostermeier, un théâtre à vivre pour éloigner la mort. Un théâtre sans béquilles où l’on vacille, boite, chute, mais pour mieux se relever…(Je dois vous quitter, faut que j’aille voir le docteur; mon kyste est mûr pour se faire vider la cervelle du pus qui l'empoisonne).




Photo: Christophe RAYNAUD DE LAGE 
WikiSpectacle





(Aperçus parmi la foule venue en grand nombre au GTQ en ce soir unique du 27 mai 2013: Kevin McCoy, Édith Patenaude, Edwige Morin (qui était ma voisine immédiate de gauche dans la corbeille), Jean-Michel Girouard, Jean-Philippe Joubert, Samuel Matteau).


CHANGES

Pretty soon you're gonna get a little older
Time may change me
But I can't trace time
I said that time may change me
But I can't trace time



David Bowie



 
 


UN ENNEMI DU PEUPLE
Auteur: Henrik Ibsen
Mise en scène: Thomas Ostermeier





Adaptation: Florian Borchmeyer
Avec: Thomas Bading, Christoph Gawenda, Moritz Gottwald, Ingo Hülsmann, Eva Meckbach, David Ruland, Stefan Stern

Scénographie: Jan Pappelbaum
Costumes:
Nina Wetzel
Musique:
Malte Beckenbach, Daniel Freitag
Dramaturgie:
Florian Borchmeyer
Lumières:
Erich Schneider
Dessins muraux:
Katharina Ziemke
Production: Schaubühne Berlin


http://www.schaubuehne.de/
http://www.fta.qc.ca/fr/spectacles/entretien/2013/entretien-avec-thomas-ostermeier

L'EAU

Hommage à l’eau de la part d’un ancien capitaine...



La parole est à vous
MAINTENANT


jeudi 6 juin 2013

LES REINES: de coeur et d'esprit


Photo: Stéphane Bourgeois et Hélène Bouffard



Le privilège du Spectateur ? Qu’il ait la joie d'assister à une pièce qui sera jouée dans la Tour Martello 4, celle qui se situe sur la rue Lavigueur dans le quartier Saint-Baptiste, celle qui n'est pas accessible au public en temps normal, là où cette vue imprenable sur la basse-ville y est absolument magnifique…là où plusieurs artistes de Québec l'habitent, la vivent et la jouent...


Photo: L.L.


Le privilège du Spectateur ?
S’être assis sur une chaise droite, ou sur l’un des bancs haut perchés, ne pas avoir eu froid aux doigts ni...aux yeux, s’être senti comme au moyen-âge, avoir à nouveau frôlé les bras fantômes de Shakespeare autour de nos petites têtes grises, avoir entendu les battement de cœur du vent de 1485 à travers les effets sonores de Meriol Lehman, avoir vu scintiller la couronne d'Élizabeth et frissonner les jupes d'Isabelle et Anne Warwick, s’entasser les souliers des reines mortes, être investi de la parole poignante et du regard intensément troublé de la Duchesse d'York, trouvé la détresse en même temps que l'enchantement, gravi et descendu l’escalier étroit de la tour, rencontré des gens attentionnés et passionnés, avoir conversé avec l’aimable maman d’un comédien photographe, avoir échangé avec les comédiennes, le metteur en scène, la codirectrice du Carrefour International…Que de privilèges en un même soir pour l’amateur que je suis devenue au fil du temps...

Photo: L.L.
En sortant de la Tour Martello 4

Nos vies sont en ligne,
Nos images sont cousues, arrangées…
et
Nous sommes les reines de rien...
Frédéric Dubois





Édith Patenaude, Marie- Hélène Lalande, Laurie-Ève Gagnon, Joanie Lehoux, Valérie Marquis et Anne-Marie Côté (mon coup de cœur de la soirée), nous avaient donné rendez-vous avec l’Histoire, celle qui s’écrit les soirs de tempête, dans le plein du janvier glacial. L'efficace mise en scène de Frédéric Dubois nous a bel et bien déménagés avec elles, dans les fournaises de leur enfer. La mort d’un roi nous rappelle qu’elles furent aux pieds de l’amour, qu’elles firent la fête, qu’elles moururent sans véritable couronnement. Leurs enfants leur ayant survécus, elles revinrent ici, sur la rue Lavigueur, pour nous révéler le secret de leurs tombeaux. Le temps leur a bien arrangé cette chose qu’on appelle éternité.

Je ne vois rien de plus à écrire sur ce chef-d’œuvre de notre théâtre québécois. Merci à tous les concepteurs et conceptrices de cette autre soirée magique mais surtout historique. Nous nous sommes retrouvés dans les bras de la mère, sous ses racines et territoires, de l’aube claire jusque dans la nuit la plus noire…


LES REINES


Texte: Normand Chaurette
Mise en scène: Frédéric Dubois
Comédiennes: Anne-Marie Côté, Laurie-Ève Gagnon,
Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Valérie Marquis,
Édith Patenaude
Éclairages et direction technique: Charlotte Legault
Régie: Olivier Bourque
Costumes: Yasmina Giguère
Maquillages et coiffures: Marilou Bergeron
Environnement sonore: Mériol Lehmann
Répétitrice: Alexandrine Warren
Production: Les Écornifleuses,
avec la participation du Théâtre des Fonds de Tiroirs
Remerciements: André Chagnon et les Compagnons de la Tour, 
Le Théâtre Périscope, Alexandrine Warren, Jeanne Lapierre,
le Théâtre de La Bordée et tous les autres prêteurs de souliers.


Photo: L.L.




LÀ OÙ JE SUIS ALLÉE QUAND JE DORMAIS EN MARCHANT...

Photo: L.L.






Très bientôt, dans l'avenir du prochain Carrefour, nous irons poésier nos pieds sur le Parquet du Nouveau-Monde. Nous dormirons en marchandant « l’optimisme, l’euphorie, la peur, la panique, la dépression et le soulagement.» Nous envahirons la Cité trois soirs d'alignée. Il y aura de la beauté partout sous le ciel de Québec. Il y aura de l’enchantement, de la couleur, des vibrations, de la vie, de la mort, du feu, de l’eau, de la danse, des mots, du bonheur comme du malheur, de la pluie, du vent, du soleil ...et des gens…Des gens qui, comme vous et moi, se croisent au hasard des regards, des effleurements, du coude à coude, du souffle blanc qui emplit le noir…Le Théâtre nous donne rendez-vous, soyons-y !
Commentaire laissé sur Facebook quelques jours juste avant que LA FORÊT ne s'installe au cœur de la Cité , une forêt que je n'ai malheureusement pas pu pénétrer, tant les tableaux du PARQUET et DE MOURIR TOUS LES JOURS ont retenu plus que prévu mon attention en ce vendredi soir frisquet de la fin mai. C'est qu'il y avait foule aussi pour voir, entendre et tout simplement admirer ce que la centaine d'artistes de Québec avait concocté pour le parcours 2013...

Le silence de la foule, alors qu'elle se laissait prendre par cette folie qui régnait sur et autour du PARQUET d'une Bourse tellement éphémère a fait éclore la voix des danseurs vêtus de leurs 3 pièces/chemise/cravate/mallette, qui ont pris d'assaut l'asphalte de la rue Saint-Vallier est, juste en avant du Complexe Méduse....

Écran, musique, paperasse...effervescence, inquiétude, désespoir, sollicitude...des winners, des losers...des hommes, quelques femmes, qui ne prennent pas réellement conscience de qui ils sont ni de ce qu'il font...un méga superbe gaspillage d'énergie, de la sueur qui passe à travers leurs beaux complets gris, des portefeuilles remplis de cartes en or, des couronnes de néo-tsars, des titres à la hausse, des tendances à la baisse, des yeux dans la graisse, des bines déconfites par les papiers jammés dans la machine à explorer l'argent, des bras tendus vers le ciel... et nous...Des hommes et quelques femmes qui sont revenus sur terre pour réaliser à quel point ce monde avait besoin d'eux, mais autrement...
Pour ma part, j'ai eu le bonheur de me retrouver nez à nez avec un Lucien Ratio absolument concentré sur son rôle de jeune boursier, d'y croiser à nouveau son regard de feu, celui qui nous avait acidifiés la rétine dans le transportant TRAINSPOTTING mis en scène par Marie-Hélène Gendreau, puis de me faire serrer très fort entre les longs bras de Frédérique Bradet, elle qui nous a tant émus cette année dans le CHARME de Joëlle Bond et fait rire jaune or dans le puissant RHINOCÉROS d'Alexandre Fecteau...
Merci à Samuel Matteau, jeune et génial réalisateur de ce splendide et émouvant tableau. Samuel, avec qui j'ai eu le plaisir de converser quelque instants, et pour la première fois, après l'excellent UN ENNEMI DU PEUPPLE de Thomas Ostermeier. Tout comme moi, il venait d'être comblé de ce qu'il venait de voir à la salle Louis-Fréchette, une salle bondée de festivaliers. Le CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE QUÉBEC a le don, avec toutes ses pièces d'ici et d'ailleurs qu'il nous présente années après années, de faire se connecter les spectateurs, les comédiens et comédiennes, les metteurs en scène, les techniciens. C'est vrai que c'est une fête pour tous, amateurs comme professionnels. Il fallait entendre les nombreux commentaires d'éblouissement qui peuplaient l'air frais et rougissant de Québec à propos de ce à quoi nous venions d'assister...
L'enchantement, la joie, le plaisir nous ont ensuite emmenés vers le deuxième tableau: MOURIR À TOUS LES JOURS, une réalisation de la non moins talentueuse Anne-Marie Olivier, actuelle directrice artistique du théâtre Trident. Le terrain de jeu de cette opérette de la mort était justement situé dans la cour arrière du complexe funéraire Lépine Cloutier. L'ambiance festive qui régnait dans ce carré mortel nous a très certainement réconciliés avec Elle, cette belle grande dame blanche qui nous attend tous et toutes au coin de la rue de nos fins de vies neuves ou usagées. Au balcon ou au parterre, le rire était de mise...la fanfare à funérailles faisant battre nos petits cœurs saignants...et nos foies et nos reins, qui voyagent tout le tour de la terre au gré du Boucher-Transplanteur d'organes, impayable Nicolas Létourneau...

De la magie, du cirque, des rires, de l'ironie, mais aussi de la tendreté et du dévouement, oui, car c'est aussi ÇA la Mort, ICI-bas au Canada comme dans les USA... au pied d'un lit défait, Ô soins palliatifs, avec de la morphine plein le cœur et du BOOST plein l'estomac...la Mort dans ton loft décoré comme dans un magazine avec de la cocaïne plein les narines...la Mort au centre vil, qui se pompe à l'huile à moteur, ou dans les souls terrains de la banlieue des endormis...C'est LÀ où je suis revenue après être allée quand je dormais en marchant...

N'ayant eu le loisir de prendre des photos des autres tableaux, je me suis permise d'en emprunter quelques unes aux privilégiés qui ont eu le bonheur d'assister à ce vernissage haut en chaleur. En espérant une récidive pour le parcours de l'an prochain, d'autant plus que la troisième représentation fût annulée à cause des intempéries. Nous serons plusieurs encore je pense qui voudront voir, ou revoir, cette magnifique randonnée remplie des fantaisies les plus inouïes.


 Photo: Daniel Mallard
INSOMNIE 
Olivier Normand-Laplante
Comédien, danseur et enseignant à l’école de cirque de Québec



 Photo: Lise Breton
LA FORÊT 
Marie-Renée Bourget Harvey
Scénographe


Photo: Patricia Tadros
LE DERNIER ÉTAGE BGL
Trio d’artistes visuels


 mais tout de même, de loin, et par moi...
ces quelques prises..


LE PARQUET
réalisé par Samuel Matteau


Photos: L.L.



MOURIR À TOUS LES JOURS
réalisé par Anne-Marie Olivier