dimanche 16 octobre 2016

GLOUCESTER: Tempête dans une tasse de thé


ANTOINE ET CLÉOPÂTRE,
CORIOLAN, 
HAMLET, 
JULES CÉSAR, 
MACBETH, 
OTHELLO, 
LE ROI LEAR, 
ROMÉO ET JULIETTE, 
BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN, 
LA NUIT DES ROIS, 
LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ, 
RICHARD III, 
HENRI IV, 
LA TEMPÊTE…


Jean-Guy Legault, Simon Boudreault
et Mario-Josée Bastien
Photo: Isabelle Jetté


GLOUCESTER, que nous attendions avec impatience depuis l’annonce de sa venue en mars dernier lors de la présentation de la saison 2016-17 de La Bordée, a inébranlablement atteint la cible parfaite des spectateurs avides de longues pièces que nous sommes A. et moi, et j’ose l’espérer de plusieurs autres comme nous... 




Quel magnifique déploiement de talents, à commencer par l’écriture des deux auteurs, Simon Boudreault et Jean-Guy Legault, et à l’énergique mise en scène de l’impériale Marie-Josée Bastien. Et que dire de l’exceptionnelle habileté verbale et physique des comédiens et comédiennes ? Qu’ils et elles se sont tous littéralement * tué(e)s * à la tâche afin de nous faire voir toutes les couleurs mêlées à l’ardeur de ce feu roulant de scènes déchaînées ? Bien évidemment, comme dirait l’autre, nous avons été comblés au plus haut point par leur jeu indéfectible...




Simon Boudreault et Jean-Guy Legault, * aucteurs * de ce marathon théâtral de presque 3 heures, tiennent le fort avec toute la force nécessaire pour faire aboutir les caractères loufoques et délirants de leurs Gloucester et York (YARKQUE). Rien de plus, rien de moins, parce que LE DIVERTISSEMENT LE PLUS AGRÉABLE EST CELUI QUI PLAÎT À SON INSU, dixit Shakespeare en personne (lu dans le programme de cette soirée 5 étoiles)...




Emmanuel Bédard, dont la voix grave et tant reconnaissable entre mille sillonne les ondes radio d’un Roi de grand boulevard ;-), monte sur ses grands chevaux, de bois et de métal, et fait rire aux éclats de verre. Il campe un Brutus absolument délirant. Il s’est d’ailleurs mérité une salve d’applaudissements PENDANT l’exécution d’un soliloque qui demandait plus que du simple souffle. Il donne à tout coup d’épée, et même ceux dans l’eau, de cette joie profonde qui habille et habite les textes de tous ceux et celles pour lesquels IL JOUE...




David Bouchard, son jeune compagnon, avec ses Iago, Edmond et autres, a offert à nouveau une puissante performance qui m’a fait penser que nous avons eu droit à la naissance d’un futur roi de la scène. Brillant, éloquent, agile, intense, on n’a surtout pas fini d’entendre parler de lui. On doit d’ailleurs être en train de lui courir après pour des rôles demandant de la rigueur et de la patience...




Jonathan Gagnon, qui fait également partie de l'équipe des FIVE KINGS du Théâtre de Poche (qui je l’espère ardemment viendra faire un tour dans la Capitale un de ces quatre), a définitivement conquis la salle avec son truculent roi Édouard et son licheux de crucifix d'abbé de Westminster ;-). Investi de toutes parts par le fantôme mort-vivant de Shakespeare, il nous a à nouveau fait don de son immense savoir être...




Éloi Cousineau, hallucinants Caliban et Horatio, une * tête * que je ne suis pas prête d’oublier ;-), il a déclenché moult fous rires tant par ses mimiques et ses contorsions que par son JEU d’ensemble AVEC LES MOTS...





Érika Gagnon, en reine Goneril ou en soldat et autres rôles, naviguait en terrain de guerre connu puisque elle campait au printemps 2015, sous la même gouverne de Marie-Josée Bastien, une Lady Macbeth des plus sublimes, émouvantes et machiavéliques...




Quant à Alexandrine Warren, une autre habituée des pièces du grand Will, elle a fait de sa Leavinia défigurée aux mains coupées une martyre particulièrement drôle, avec sa langue arrachée qui...continue de parler. En compagnie de ses deux autres compagnes sorcières, Catherine Ruel et Geneviève Bélisle, elle a exécuté avec brio les multiples tâches des divers rôles exigés pour cette histoire suintante, sanglante et baveuse…;-) 




Merci à vous, comédiens et comédiennes, qui avez conquis admirablement ces scènes de guerre et de paix qui habitent le Théâtre de LA BORDÉE depuis 40 ans. En passant, bienvenue à M. Michel Nadeau qui comme l’a fait M. Jacques Leblanc pendant les 12 ans qu’il l’a dirigé, apportera son lot de surprenantes histoires d’ici et d’ailleurs. En espérant que le thé et le sang des majestés coule encore à flots pour longtemps dans la plume de messieurs Boudreault et Legault...Et un tonitruant bravo à ceux et celles qui ont imaginé ce décor pratico-pratique qui s'alliait parfaitement au ton humoristique de l'histoire. 









Et parce qu'on aime tous et toutes Shakespeare, voici quelques extraits de mes impressions sur les spectacles auxquels j’ai assisté mettant en vedette les mots de l'auteur anglais (avec accompagnement musical shakespearien en prime, pour passer le temps à lire mes délires)...





En attendant la mort…le poison errant de leurs amours suspendus dans le temps…et de la neige…enchanteresse...pour les flancs en sang et saupoudrer la tête et les épaules des comédiens qui jouèrent pendant trois heures dans cette brise d’antan, haleine fraîche d’un vieux printemps…

ROMÉO ET JULIETTE
Alexandrine Warren en Juliette

***

Pour retourner vivre quelques deux heures quarante à l’époque des ducs et des comtesses, avec leurs maîtres et valets à bord de la scène…pour partager leurs farces et attrapes…pour voir (ou revoir) et subir leurs grandes et petites manigances…pour étancher la soif des mots qui donnent à boire à toutes ces histoires faites de scènes de choix qui ne vieillissent pas…pour retrouver les mots d’un certain temps qui n’en n’auront probablement jamais fini avec l’histoire de ce grand théâtre qu’a écrit William Shakespeare…ces histoires qui n’en finiront jamais de faire réfléchir et émouvoir le Spectateur, autant le Jeune que le Vieux…pour s’imprégner de la douce folie des grandeurs qui habite encore les esprits-châteaux de cette Angleterre qui ma foi n’a pas réellement changé…pour perpétuer l’œuvre d’un créateur encore si actuel…pour se sécher au soleil d’aujourd’hui…

LA NUIT DES ROIS OU CE QUE VOUS VOUDREZ

  ***

Au sein de leur Écosse en guerre
Au bord de nos larmes en gouffre
À des années-lumière de la Terre
L’odeur sanglante de leurs frimes
Esbroufes et autres bluffs

Le cœur sur la main
La tête sur la pique
La fin n’est pas encore pour demain
La mort dépendra encore pour le fric

MACBETH
Érika Gagnon en Lady Macbeth


 ***

La bave qui sort des bouches pleines de rage, ou d’amour, les coups de langues sur le visage des traîtres, les doigts brûlants qui prennent les peaux froides, les yeux croches qui touchent les âmes pures, la Louve Capitoline ressuscitée pour un soir à Québec, ici, entre les sofas, les projecteurs et le son tonitruant des tambours battants des jeunes musiciens…

TRAGÉDIES ROMAINES
CORIOLAN, JULES CÉSAR, ANTOINE ET CLÉOPÂTRE

***

En ce soir du 18 avril 2013, autour de cette histoire de vengeance qui n’en finira jamais de nous en apprendre sur le comportement humain, nous nous sommes retrouvés * entre amis *, comme si c’étair hier. Traduite dans la langue de Jean-Marc Dalpé, Shakespeare vit encore parmi nous, ici-bas, autour des décombres et dépouilles, dans les ronces et les pierres. Il est toujours aussi captivant et sait comment se faire aimer après plus de 400 ans…

HAMLET
Alexandrine Warren en Ophélie

***

Ne devrions-nous pas nous prosterner devant ce fantôme géant que Shakespeare a dessiné pour la postérité ? Certainement, car après toutes ces années de révolutions ratées, rien n’a vraiment changé, il y a encore autant de tricheries, de malhonnêteté et de harcèlement dans nos sociétés soi-disant évoluées. Il y aura toujours quelque chose de pourri au royaume de ces gros roitelets. Un divorce à l’amiable entre eux et nous pourrait peut-être créer un nid-de-poule gigantesque dans leur budget du mois, soit 1% de moins à dépenser en guenilles et bijoux (mais jamais jamais au grand jamais en œuvres d’art…)

LE MONDE SERA MEILLEUR

***

La mort d’un roi nous rappelle qu’elles furent aux pieds de l’amour, qu’elles firent la fête, qu’elles moururent sans véritable couronnement. Leurs enfants leur ayant survécus, elles revinrent ici, sur la rue Lavigueur, pour nous révéler le secret de leurs tombeaux. Le temps leur a bien arrangé cette chose qu’on appelle éternité...

LES REINES
Dans la tour Martello

***

…ni les chants d’oiseaux de nuit blottis entre le bruit du moteur d’une grosse moto et celui cascadant de la chute Kabir-Kouba; ni l’eau de la mer qui montait inlassablement sur le rivage de l’île; ni les peaux de la trappe qui recouvraient celle des danseurs et danseuses wendats; ni la trahison, ni l’amour, ni la réconciliation; ni le grand départ de l’embarcation des conquérants; ni le sentiment étrange d’être à nouveau en train de recommencer à vivre là notre histoire d’il y a plus de 400 ans; ni celui qui animait ce soir-là les cœurs et la raison de certains d’entre nous, d’eux et de vous…

LA TEMPÊTE
Jouée en plein air à Wendake

***

L’humanité qui éternue tousse toussote,
Lave ses petites mains,
Astique ses menottes enduites du purell
Des plus sains que sains;
Qui assouplit ses langues molles,
Qui durcit ses dagues sales.
Langues molles qui mordent les bagues du vol,
Langues de bois qui lèchent celles du Vassal;
L’humanité qui scrute via le blanc mort de ses yeux glauques,
L’humanité qui colmate ses peines dans les craques aveugles de ses aveux,
Qui recoud le voile de ses tentures déchirées,
Qui décape ses portes d’armoires ébréchées,
Qui graffigne les miroirs de ses parquets cirés,
Qui desserre les cordons malusés de sa bourse,
Qui danse en transe sur le son des vieux records…

MACBETT
Celui de Ionesco

***

HAMLET, encore une fois, comme l’ultime revenant de Shakespeare. Lui qui passera toujours à travers le Temps, au-delà des hommes et de leurs tourments. Lui qui revient enrober de son essence l’esprit du Père via le Fils. Et boire au sein de la Mère…

Je sais que tout ne me reviendra pas, et je le reconnais, car je ne le veux pas. Laisser retomber la fine poussière entre les spectres, ne pas abandonner la vie au détriment du coma. Il n’en fallait pas plus pour que les fantômes de cette opération réussissent à agiter à nouveau l’Émoi et y reconnaissent la fragilité de son état.

RECONNAISSANCE
Exploration de l’univers d’Hamlet

***

Gemme rouges, vifs éclats
Noms anciens de ces grenats;
Rouge cœur de leur stérile célibat;
ESCARBOUCLES de toutes ces envies,
Quand L’HEURE se pare de faux rubis

Les couronnes des royautés d’autrefois,
N’ont depuis ces temps-là que peu terni,
Car de par leur vif-argent de ces dernières
Dont l’on peut extraire pour quelques öres,
De cet allié fluide qu’est le brillant or,
Quelques tiares recyclées pour les néo-rois d’ici

ELSENEUR
Le Hamlet de Robert Lepage


N.B.: Pour lire les textes au complet, n'avez qu'à taper SHAKESPEARE dans la petite fenêtre Blogger en haut à gauche...





ROYAL PINE
Marc Nerbonne 
2010
60 x 60 encaustique 
et technique mixte sur panneau

TIMBERLINE
1989
1500 Royal Pine car air fresheners paint
Cobalt blue pastel pigment
Installation: 10 X 8 X 15 feet
Barbara McCarren


Parce que William Shakespeare sent toujours aussi bon et qu'il sera toujours celui par qui la mort vient et le vent va...parce qu’on ne cessera jamais de lui creuser non pas sa tombe mais un nouveau berceau...parce que nous serons toujours de service pour témoigner de son éternité…

elquidam

Et Line était de service ce soir à LA BORDÉE, toujours aussi accueillante et souriante.




SOL LATINO 
Photos: L.Langlois
6 octobre 2016

Pendant que le soleil brillait de tous ses feux sur la Basse-Ville de Québec, en Floride, un ouragan de force 4 menaçait de déranger passablement le paysage de nos voisins. Jeudi, 6 octobre 2016, le mercure est monté jusqu’à 21 degrés, on se croyait presque…en Floride. Avons donc profité de cet autre bel après-midi d’automne pour se balader dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur...


Avec François G., proprio de DÉJÀ VU, meubles anciens à qui il redonne une seconde vie; CAMILLA SINENSIS, ROCK’N LIVRES, LE LIEU, avec Patrick D., qui nous a conseillé le SOL LATINO sur Saint-Vallier O., IMAGIN’HAIR, avec Bianca V., coiffeuse-propriétaire, une ancienne voisine avec qui nous avons parlé de famille, frère pour elle fils pour moi. 17 heures, le Sol Latino nous ouvrait sa porte. Bianca connaît le proprio, c’est à quelques pas de son salon. Endroit très sympathique, familial. Le menu est simple mais savoureux, et surtout peu dispendieux. Et ce soir, par exception, nous avons bu du vin, du rouge. La chaleur du Mexique, émigrée à Québec en cette superbe fin journée, aura permis encore une fois de s’être sentis bel et bien en vie malgré toutes les sortes de tempêtes que l'on peut traverser...



Photos du spectacle: La Bordée


THÉÂTRE DES VENTRES BLEUS


http://saintluc.over-blog.com/article-26196844.html






dimanche 2 octobre 2016

LES AFFINITÉS ÉLECTIVES : Alice au pays des vermeils

Photo: Jean-Marie Villeneuve, La Presse


Prendre le thé avec un petit cannelé,
Visiter des musées, 
Jardiner...
Causer dans le grand salon
Collectionner des bas nylon
S’étourdir dans les tasses de Disney 
Foncer tout droit vers l'été...

elquidam






Ce sont là les valeurs du plus beau monstre que j’ai vu cette année. Paule Savard, indéniablement l’une de nos plus grandes comédiennes au Québec, m'a ravie avec son élégance, sa richesse et sa connaissance de l’Art…et puis son thé ! Ah ! quel raffinement, nous étions en première classe.


Photo: Nicola Frank Vachon

L’air ambiant de son salon étaient tout simplement à couper le souffle. Reine du foyer, et de sa serre, ce fut un pur ravissement et un grand honneur de faire sa connaissance. C’est grâce à Michel Nadeau et au THÉÂTRE NIVEAU PARKING que nous avons pu nous régaler de ce texte ciselé de l’Américain David Adjmi, one of the Top Ten in Culture selon le New Yorker. Joëlle Bond l’a magnifiquement traduit pour nous, spectateurs de Québec.



Photo: Nicola Frank Vachon


Alice Hauptmann et son majordome, dévoué et gracieux David Grenier, nous ont transportés dans un monde parallèle à la plupart du commun des mortels, dans une somptueuse demeure remplie d’objets d’art plus coûteux les uns que les autres, peut-être comme tableau du Belge René Magritte, mon peintre préféré, qui s'intitule d'ailleurs LES AFFINITÉS ÉLECTIVES. 

One night, I woke up in a room in which a cage with a bird sleeping in it had been placed. A magnificent error caused me to see an egg in the cage, instead of the vanished bird. I then grasped a new and astonishing poetic secret, for the shock which I experienced had been provoked precisely by the affinity of two objects—the cage and the egg—to each other, whereas previously this shock had been caused by my bringing together two objects that were unrelated.




Ce jour-là, Alice vient tout juste d’acquérir, à l’insu de son mari, l’œuvre d’un sculpteur renommé, une forme monstrueusement obscure, ce qui fera fuir celui avec qui elle partage sa vie depuis de nombreuses années. Elle nous raconte donc l’histoire de la provocation que cette œuvre au noir a déclenchée dans son entourage immédiat. Si seulement ça avait été le vermeil de LA NEF DE L'EMPEREUR...ou bien celui de la Maison Blanche...




Mais Alice, malgré la fortune qu’elle et son époux possèdent, se questionne comme nous tous sur ces choses horribles qui se passent dans LE monde, non pas le sien certes, et ni tout à fait le nôtre, mais celui-là qui tant bien que mal essaie de survivre aux attentats des terroristes de toutes sortes, aux conflits des personnes alitées les unes contre les autres dans des abris de fortune, où la désertification et autres famines provoquent souvent la guerre des territoires de ceux et celles qui sont de plus en plus affamés de chair et de sang. Puis, sans crier gare, elle se permet de nous parler de sa petite folie qui est celle de collectionner presque affectueusement les bas nylons.  Tout un contraste dans le propos...




Cela donne à réfléchir sur la vie de ces multimilliardaires, non pas seulement ceux et celles que nous voyons dans les différents médias ou qui se lancent quelque fois en politique pour passer le temps, mais ceux et celles qui vivent cloîtrés dans leurs châteaux barricadés par la peur d’être attaqués par les requins de la finance et autres loups de Wall Street, ou encore par quelques zombies de télé séries. Cette angoisse d’être infiltrés à même le domaine hérité de la richesse absolue de leurs ancêtres ensevelis sous LEURS territoires titanesques, dans les caveaux de la régénération, Alice la vivra jusqu’à son dernier souffle. Pauvre elle ! 




Je n'ai pu m'empêcher d'avoir eu une petite pensée pour Madame Jacqueline Desmarais, Jacky pour les intimes, qui, ma foi, ne chante pas si mal que ça. J’espère qu’elle aura trouvé un aussi bon majordome que celui d'Alice...





Le DOMAINE CATARAQUI, probablement l’un des plus beaux trésors cachés de la ville de Québec, nous a complètement ébahis de par cette étendue de vert, de jardins et de pierres. Arrivés dans l’après-midi, A. et moi avons profité de ce grand espace bucolique pour faire ce que nous voulions faire depuis des lustres: un pique-nique. La température était idéale, aucun nuage n’obstruait le soleil, c’était quasiment la perfection. Nous étions pratiquement seuls dans le Domaine, pour peu qu'on se serait pris pour les propriétaires…



Vidéo: L.Langlois 
1er juin 2016

Voici quelques photos souvenirs de cette autre merveilleuse journée du 1er juin 2016...













Paule Savard et Michel Nadeau
Nouveau directeur artistique 
du Théâtre de La Bordée
Photo: Nicola Frank Vachon

***

Avant de partir pour de bon dans l'Éternité,
Alice aimerait retourner à Disneyland,
tourner une dernière fois dans SA tasse de thé







LES AFFINITÉS ÉLECTIVES

TEXTE: David Adjimi
TRADUCTION: Joëlle Bond
MISE EN SCÈNE: Michel Nadeau
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE: David Grenier
SCÉNOGRAPHIE: Marie-Renée Bourget Harvey



samedi 1 octobre 2016

ILS ÉTAIENT QUATRE : tous pour un un pour tous



 Photo: Jérémie Battaglia


En Extrême-Orient, le nombre 4 évoque le Chaos. Quatre est un chiffre porte-malheur car il symbolise la mort. Trinh Xuan Thuan souligne que lorsque la croissance annuelle dépasse 3,57, le Chaos prend le dessus.



Un autre retour sur le CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE QUÉBEC, cette fois sur le fameux et tant attendu ILS ÉTAIENT QUATRE de Mani Soleymanlou. Un VÉRITABLE morceau d’anthologie sur l’implosion d’une génération qui veut tout changer mais qui ne sait JUSTE pas par où commencer, dixit Mani…




ILS ÉTAIENT QUATRE

Comme les trois mousquetaires
Comme les quatre cavaliers de l’Apocalypse
Comme les quatre couleurs plus le Joker
Comme le printemps, l'été, l'automne, l'hiver
Comme l’eau, l’air, le feu, la terre...

Dans la chaleur de la salle des GROS BECS
La déferlante d’une vague de sucre et de sueur
Quelques bières à boire, quelques filles au cœur
Et de la musique entre les deux oreilles

Un matin de lendemain de veille de brosse
Quelques pas dans la vase communicante
Une ligne d’inconduite dans la nuit d’enfer
Un glissement de terrain dans cette extase-ci

elquidam




Mani, Guillaume, Jean-Moïse et Éric, quatre amigos qui se paient toute une virée dans le parti pris de la Nuit. Ils nous en ont mis plein la vue et…le pif ! Vraiment de toute beauté de les avoir là, sous nos yeux, à quelques mètres de la ligne qui sépare le Spectateur de l’Acteur. De les voir se démener comme des diables dans l’eau bénite pendant une heure nous a presque autant maganés qu’eux…


LES FRUITS DES FENDUS


Pas toujours reposant le théâtre et c’est bien tant mieux. On a pu ainsi se mettre dans la peau de ces trentenaires qui entrevoient avec une certaine angoisse leur quarantaine qui approche à grands pas. Et qu’ils soient pères, célibataires, solitaires ou solidaires, ils ont tous contribué à faire de cette autre excellente mise en scène de Mani Soleymanlou un numéro de haute voltige, avec effets stroboscopiques et…secondaires ;-)  


LOVE IS THE DRUG


On l’appelle aussi pilule d’amour, car elle provoque dans la majeure partie des cas un sentiment de tolérance, d’amour universel et de paix intérieure. La MDMA peut augmenter la sensation de désir pour quelqu’un mais n’augmente pas les performances sexuelles. L’ecstasy provoque une sensation de bien-être intense et rend plus réceptif à la musique. Elle permet aussi de rapprocher les consommateurs par une sensation de compréhension totale de l’autre.

ENTACTOGÈNE 

STROBOSCOPIQUE





Après le show, avons piqué une jasette avec chacun des comédiens pour les féliciter et parler un peu de leur futur. On souhaite tous que Mani et sa gang soient de retour au prochain Carrefour, c’est qu’on n’a pas encore vu son 5 à 7 à Québec plus le nouveau show, 8, qui sera joué en janvier à Montréal à la PDA. On trépigne juste à l'idée d'assister à un happening éventuel: ILS ÉTAIENT QUATRE, 5 À 7 et 8 , les 3 joués...en ligne !


Photo: Jérémie Battaglia 
Graphisme: Vincent Poirier 




Guillaume Cyr, si impressionnant non pas seulement par sa stature mais par son statut de grand chaleureux. Nous le reverrons au Périscope en 2017 avec POUR RÉUSSIR UN POULET du versatile, prolifique et impayable Fabien Cloutier. En ai profité pour le féliciter pour ses récentes prestations télévisuelles dans 30 VIES et RUPTURES, des rôles ô combien intenses.

Mon exemplaire

Quant à Jean-Moïse Martin, seulement un bref salut car le temps pressait en ce dimanche soir du 29 mai. Avons profité de l’occasion de cette rencontre pour acheter deux publications de Mani: TROIS pour moi, pour me rappeler l’excellence de ce superbe spectacle que nous avions vu l’an passé, toujours à la Bordée. A. a choisi ILS ÉTAIENT QUATRE, autographiés bien sûr par l’auteur en personne et ses complices de scène. Merci !


Guillaume, Éric, Jean-Moïse et Mani
Photo: Bernard Brault


Sur le trottoir, en face des GROS BECS, le beau et sympathique mais surtout fort talentueux Éric Bruneau. Il conversait avec une de nos jeunes comédiennes de Québec. Quelques mots d’appréciation sur sa performance absolument démente et à la prochaine on espère bien.


ILS ÉTAIENT QUATRE

TEXTE: Mani Soleymanlou et Mathieu Gosselin, 
avec la collaboration des interprètes
MISE EN SCÈNE: Mani Soleymanlou
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE 
ET RÉGIE: Jean Gaudreau
SCÉNOGRAPHIE: Max-Otto Fauteux
LUMIÈRES: Erwann Bernard
MUSIQUE: Philipe Brault
SCRIPTE: Béatrice Gingras
DIRECTRICE DE PRODUCTION: Catherine La Frenière
DIRECTEUR TECHNIQUE: Simon Cloutier
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL: Xavier Inchauspé
UNE CRÉATION DE: ORANGE NOYÉE
COPRODUCTION: Théâtre français du Centre national des Arts

 ***

Line S., une de nos connaissances abonnée au théâtre depuis quelques quarante ans, avait pris place avant nous, et comme c’était admission libre, elle a eu la gentillesse de nous garder deux places en avant de la scène. Ainsi, on a pu ne presque pas perdre un seul mot ;-) Nous avons marché avec elle jusqu'au carré d’Youville. Elle nous a fait remarquer l’inscription de la YOUNG MEN’S CHRISTIAN ASSOCIATION, là où y brillera un jour le nom d'un certain DIAMANT, un jour, en 2018, on espère. En attendant, y rêver sur DIAMOND DUST, cette exceptionnelle musique de Mr Jeff Beck, certainement l'un des meilleurs guitaristes rock de tous les temps. Les photos de la vidéo sont de toute beauté. 





Nous nous sommes donc souhaité un très bel été et à la revoyure dans l’un de nos théâtres préférés cet automne. Ai immortalisé ce moments inoubliable. Et voilà que déjà nous y sommes arrivés à cet automne des miracles et c'est avec une joie immense que nous l'abordons avec toutes ces pièces qui seront à l'affiche dans nos salles préférées et qui sauront, je le sais d'avance, nous faire entrer par la noirceur des salles dans l'imaginaire arc-en-ciel des auteurs d'ici et d'ailleurs...



Line et Alain
Carré d'Youville
29 mai 2016
Photo: L.Langlois


Avant la pièce, avions essayé ce tout nouveau resto situé dans l’ancien Patriarche: le BECLUB. Il est à quelques portes du Théâtre du Conservatoire d’Art Dramatique de Québec, rue Saint-Stanislas. Nous avons beaucoup aimé l’ambiance rustique qui s’y dégage ainsi que l’accueil fort sympathique du jeune proprio. Mon club sandwich au homard, accompagné d’un excellent verre de blanc Domaine de Joy, Viogner, Côte de Gascogne, a fait la job comme on dit. La cave à vin, achetée de l’ancien proprio, en est une des plus relevée à Québec. On y retourna sûrement au cour de l’hiver, lorsqu’on ira voir l’une des pièces des finissants et finissantes du Conservatoire...


Le Beclub
Photo: L.Langlois