samedi 11 février 2017

LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ : sous les couvertures jaunies du Temps qui fuit

Photo: L.Langlois
26 janvier 2017


Encore dans le rêve…et le rire…entre le mur et la Lune…Vos athlètes étaient d’une beauté incomparable. Bravo encore Olivier pour cet autre impeccable moment de théâtre.

L.Langlois
(facebook)

(Remarquez les voiles vélelles)

Qu’est-ce que ça prend de réalité pour parvenir à un aussi beau rêve ? De la virtuosité, beaucoup d'audace et surtout de la persévérance, trois qualités que possède le talentueux Olivier Normand, "l’homme de rêve" derrière cette puissante mise en scène qu'est LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ. Un songe qui ne finira jamais de nous hanter, malgré le cauchemar d’un soir d’hiver qui allait le suivre trois jours plus tard...


 Photo: L.Langlois
26 janvier 2017

Hugues Frenette, Emmanuel Bédard  et Marc Auger, avec leur "pièce adaptée", nous ont plongés dans une comédie loufoque. Trois fous qui rompent carrément la pièce shakespearienne dans un éclatement fracassant de joual et de gaucheries. La juxtaposition avec les scènes originales apporte une dimension nouvelle de l’œuvre de William Shakespeare. Quant à l’apport des danseurs-acrobates voltigeurs, on peut dire que ce spectacle-là nous aura transportés au-delà du songe de ce à quoi nous nous attendions...



Mouvement, lumière, voix, musique, environnement, tous les éléments scéniques se fusionnaient à merveille pour ne faire qu’un, parfaitement ajustés pour que cet événement magique marque l’imaginaire des spectateurs encore longtemps... 


Quelques ondes de LA TEMPÊTE (de Wendake) de Robert Lepage me sont revenues en mémoire. On pouvait y reniflé les odeurs féeriques de cette antique forêt remplis d’Athéniens, et surtout participé à quelque chose d'original qui vous redonne un coup de fouet dans le "mental". Doublé d’une sorte de méga dose de bonheur collectif à applaudir à tout rompre la distribution à la fin, l'emballement a certainement atteint un haut niveau pour le Spectateur qui aime franchement les adaptations qui provoquent des étincelles et allument parfois le feu à la salle. Je dis bravo au TRIDENT, bravo mille fois pour cette énergie HUMAINE déployée devant nos yeux et nos oreilles. Un cadeau tombé du ciel pour les partisans de l’ouverture théâtrale.

Paul Gervais 
La folie de Titania

« Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avez fait qu’un mauvais somme »

Puck, la finale


LES OMBRES

ANDRÉ ROBITAILLE, intense, fin, 
aérien, comme il l’est à chacune de 
ses brillantes apparitions...

PATRICK OUELLET, embrasant, 
espiègle en PUCK magicien...

JEAN-MICHEL GIROUARD
énergique, drôle, investi, qu’il nous 
faisait grand plaisir de retrouver...

JEAN-SÉBASTIEN OUELLETTE
royal et géant, comme toujours...


EMMANUEL BÉDARD
HUGUES FRENETTE 
et MARC AUGER
délirants, larmoyants, décapants...

VALÉRIE LAROCHE
excitante, affriolante...

MARY-LEE PICKNELL 
et MÉLISSA MERLO
mutines, dynamiques et 
tellement belles à voir presque voler...

JOSUÉ BEAUCAGE
énigmatique, imposant...

MATHIAS RAYMOND
ÉMILE PINAULT 
et PAULINE BONNANI
tout simplement magnifiques 
avec leurs envolées multi acrobatiques...


Les éclairages, qui donnent de la profondeur à un décor dépouillé d’artifices...quelques arbres sans feuilles...une table...un livre...un lit...des draps...un oreiller...et des voiles...Telles des vélelles méduses prédatrices, elles semblaient porter en elles une partie du songe inventé par William il y a plus de 400 ans…


Et que dire de la somptueuse musique de Josué Beaucage sinon que comme à l’habitude elle a le don de devenir elle-même l’un des personnages-clef de la pièce, déverrouillant la porte des rêves. Envoûtante en même temps que forte, elle nous a fait passer un immense moment inoubliable sous les couvertures jaunies du Temps qui fuit...








jeudi 9 février 2017

ALBUM DE FINISSANTS : 20 + 20 + 5 = 100 %

Photo: Élise Eleonorre Rousso

Une rentrée hivernale au théâtre tout ce qu’il y avait de plus enthousiasmant. Les uns et les autres, parfois tout contre, bien ou mal assis sur les bancs d’une école secondaire de la région, l’esprit flottant parfois entre deux chaises, le cœur à l’envers, la tête en gigue, les ventres creux, les ventres pleins, avec l’espoir, ou le désespoir, d’en ressortir un jour de fin juin avec la note de passage...


Photo: Pascal Rhatté, LE SOLEIL

78%,  99%, 60%, peu importe la note, ALBUM DE FINISSANT a parfaitement réussi la sienne avec un franc et fort beau texte, adapté des mots de Mathieu Arsenault et qu’Anne Sophie Rouleau a superbement mis en scène. Écoutons quelques élèves de la Capitale nous parler de ce projet communautaire, qui devrait sûrement donner naissance à quelques carrières de comédiens et comédiennes...



Quelques embardées spectaculaires  sur l’autoroute des rêves d’une jeunesse qui fout le camp et fly à toute allure sur la route des rêves en accrochant de temps en temps un terre-plein semé de fleurs de macadam.Oscillation littéraire, la la la human step dance, regards langoureux, mouvements lents et vigoureux, langues bien pendues, silences d’or, envies de tout lâcher...Des entrées, des sorties, un seul concept, la vie tout court !



Qu’est-ce que cette performance nous a rappelé à A. et moi(moi qui entrais ce soir du 19 janvier 2017 dans ma sixième décennie d’existence) ? Une certaine nostalgie de l’époque qui nous promettait tout en ne nous donnant pas tellement finalement, un peu comme Stevie Wonder l'a chanté il y a longtemps et que Lady Gaga actualise avec merveille. Ou encore le défunt Kurt Kobain avec un SCHOOL un peu plus disjoncté...



Mais le fait d’ÊTRE ENSEMBLE, ici, en 2017, dans un PÉRISCOPE toujours aussi chaleureux et bienveillant, qui sait comment provoquer en même temps qu’émerveiller, aura permis de la voir BOUGER, mais surtout de l’entendre, cette génération post-milléniale, celle qui d’ici quelques années entrera sur le marché du travail, pour faire des pieds et des mains afin de peut-être permettre à cette société quelque fois un peu tordue de ne pas s’enfoncer davantage dans l’individualisme et le paraître, et qui parfois, encore aujourd'hui, peut tomber amoureuse d'un jeune professeur aux allures de pop star...


Ce soir, c’était au tour des élèves de l’École Joseph-François Perreault, située à quelques rues du théâtre. Ils étaient accompagnés des jeunes vétérans Dany Boudreault, Xavier Malo, Joseph Martin, Michelle Parent et Annie Valin. Le temps d’une alliance, ils ont ainsi créé un moment qui, pour l'avoir vécu moi-même un jour, restera gravé à jamais dans leur mémoire à long terme...

1976
CEGEP Édouard-Montepetit
Personnage de Clara 
THÉÂTRE DE LA MAINTENANCE
une pièce de Jean Barbeau
mise en scène par Gilles Cazabon


Le jeu des éclairages,la vitalité des participants, la réflexion que certaines scènes fortes et  touchantes ont apportée au public, aura, je l’espère, fait en sorte que les spectateurs grandissent en même temps que cette belle et fougueuse jeunesse qui fait le présent et promet l’avenir. Merci à Anne Sophie Rouleau d’avoir réalisé ce projet avec un aplomb rempli de sensibilité, surtout lors de cette scène où l’on revoit certains de nos anciens camarades, et un peu nous-mêmes, en arriver à penser à la séparation définitive d’avec ce MAD WORLD


1973

And I find it kinda funny, I find it kinda sad

The dreams in which I'm dying are the best I've ever had

I find it hard to tell you, I find it hard to take

When people run in circles it's a very very

Mad world, mad world

Enlarge your world

Mad world





ALBUM DE FINISSANTS

TEXTE: d’après un texte de Mathieu Arsenault
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE: Anne Sophie Rouleau
ASSISTANCE À LA CRÉATION: Michelle Parent
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE 
ET AUX RÉPÉTITIONS DES JEUNES
Marie-Eve Archambault
DÉCOR: Marie-Eve Fortier
ÉCLAIRAGES: Andréanne Deschênes
VIDÉO: Josué Bertolino
COSTUMES: Marianne Thériault
DIRECTION TECHNIQUE: Samuel Thériault
COMPAGNIES: Matériaux Composites



Pour mes 60 balais, avec A., quoi de mieux que de s’être rapproché du CIEL de Québec, celui qui fait tourner nos têtes en fête. En entrée: anguille fumée de Kamouraska, pommes et betteraves marinées au vinaigre de framboises et citron confit. Un parfait délice pour la nouvelle sexagénaire qui doit maintenant faire attention à son taux de sucre. Comme plat de résistance, une succulente ballottine " volaille des Viandes biologiques de Charlevoix ", accompagnée d’une onctueuse purée de carottes au cumin, d’oignons  au vin rouge, de panais, de pommes de terre rattes. Le tout escorté d’une parfaite sauce à l’estragon et d’un verre de vin blanc issu de la France. DIVIN! Plus besoin de dessert après un tel festin. Faudra bien finir par s’habituer…



VUE SUR LA VILLE
Photo: L.Langlois
Jeudi, 19 janvier 2017


***

Pour clore cet inoubliable chapitre d'ALBUM DE FINISSANTS, un peu de musique faisant écho à ce passage presque obligé de l'école de la vie. Avec Andrew Bird, Devotchkas et Chris Spedding. 



Put your backpack on your shoulder
Be the good little soldier
It’s no different when you’re older
You’re predisposed
That’s all for questions now
The case is closed !

Went to school day after day
Got plenty of looks, but they got nothing to say
Plenty of friends known long years ago
No longer speak cause you’re no more part of the show

When I take my guitar into class
The teacher said, "You're immature"
But I smiled 'cause they didn't understand
I was gonna be the leader of a rockin' band

mardi 7 février 2017

ENTRE AUTRES : plus aucun doute



 « Ivraie » vient du latin ebrietas, ivresse, reflétant les propriétés enivrantes attribuées à la plante, tandis que « zizanie » vient du grec zizanion, un mot d'origine sémitique signifiant division. De nombreuses traces de l'ivraie ont été retrouvées tant écrits qu'à proprement parler dans des sites archéologiques.




Une mise en scène originale comme seul sait en créer Alexandre Fecteau. Le public qui se fait face à face, le lustre de cintres au plafond, l’éclairage, les caméras, la vidéo, les costumes, les connexions, les nouveaux dieux de la proximité virtuelle, PÉGIDA, la prison, l’élection de Trump, l’avortement, le bistro du curé, les carrés blancs, la radio-poubelle: un alignement parfait pour une planète imparfaite. Bon en batinse ! ;-)


EUROPE IS LOST

Avec les événements troublants qui sont survenus le 29 janvier dernier dans notre si tranquille patelin, on peut dire que le sujet d’ENTRE AUTRES brûlait d'une actualité prémonitoire. L’épisode PÉGIDA nous est rentré dedans de plein fouet. Parce qu’on sait qu’il rôde en nos murs fortifiés de ces ombres vilaines qui font, et sans nul doute, referont partiellement ou totalement des dommages collatéraux à notre société. Influencés par une meute qui se pense encore au temps des Vikings, on sait qu’ils sont souvent à fleur de peau à cause de la couleur des uns, de la religion des autres, y répudiant radicalement le sexe des ceux et celles qui sont des celles et ceux ou rien des deux. Parce qu’on sait qu’ils veillent non pas au grain mais à l’ivraie...que sème Satan...

Satan semant des graines
1872
  Félicien Rops


À vouloir l'ivraie, 
on saccage le blé. 





Avec des comédiens remplis d’un dynamisme plus qu'exaltant pour une scène débordant d’éclats et d’éclatements. Rien d’habituel. C'est la procréation des futurs pros. Aucun doute, la cuvée 2017 nous a éblouis de tous les feux de sa rampe. Ils sont maintenant plus que prêts à aller se faire exploser sur toutes les scènes de la Capitale et d’ailleurs. 

Photo: L.Langlois
14 décembre 2016

On a très hâte en mars de tous les retrouver dans le MÉPHISTO d’Ariane Mnouchkine. En espérant que le sujet de la montée de la répression nazie ne soit point précédé ici d’un autre de ces événements démentiels qui ont le don de mettre de l’huile sur le feu de leur rampe... 








Avant la pièce, une belle rencontre avec un ancien du Conservatoire: Jean-Denis Beaudoin. Bien évidemment, on a causé théâtre, écriture, création. Son enthousiasme contagieux nous fait du bien. Ce que j’ai hâte d'assister à sa prochaine oeuvre. Parmi l’assistance, Marie-Ginette Guay, Frédérique Bradet, Steven Lee Potvin, Gabriel Fournier et Hugues Frenette, qui par ses multiples apparitions scéniques cet hiver semble presque avoir acquis le don d'ubiquité ;-)

ENTRE AUTRES...

I don't know Putin,
have no deal in Russia, 
and the haters 
are going crazy-
yet Obama can make 
a deal with Iran, 
HASHTAG, 
in terror, 
no problem !

February, 7th, 2017







BEU-BYE 16 : une autre bonne bordée de rires




Après quelques semaines de ce troisième opus d’un BEU-BYE encore plus époustouflant que celui de l’an dernier, qui aurait pensé que 2017 s’annoncerait aussi pire que 2016 ? Probablement pas vous, qui avez ri de bon cœur en voyant tout le talent humoristique de ces auteurs-comédiens, et certainement pas eux qui, avec les moyens du bord, réussissent année après année à faire de cette inévitable revue de fin d'année un réel happening.


Photo: L.Langlois
9 décembre 2016

  
Avec ce qui vient de se passer de tragique à Québec, l’actualité nationale est vite devenue internationale. Une fusillade dans une mosquée de Sainte-Foy, par un beau dimanche de fin janvier, là où des citoyens s’y étaient rassemblés pour la prière du soir. Qui aurait pu croire qu’un geste aussi insensé, posé par un jeune mouton noir égaré du blanc troupeau, viendrait troubler cette paix si chère dans notre capitale ?


Pour ces temps fous de terreur qui règnent depuis les siècles des siècles sur à peu près toutes les frontières et surfaces de ce monde qui tremblera toujours de peur, de misère et de faim : c’est bien beau la résilience et le pardon, mais faudra bien un jour finir par l’attaquer de front ce problème causé souvent par la haine de jeunes hommes armés comme des chars d’assaut mais aussi de la pire des solitudes, de celle qui font naître dans leur tête à queue les Dragons de leur imaginaire. De jeunes hommes qui vivent sans véritable amour, qui s’enferment à double tour dans les Donjons de leur enfer personnel...


De jeunes hommes qui jouent dur à y combattre des ennemis sur leur consoles qui les consolent de toute cette haine machinale qui leur fait croire qu’ils pourraient être des super-héros, qui font tenir leur vie sur le fil coupant d’un rasoir-miroir taché de sang. Des jeunes gens qui peut-être demeurent à côté de chez vous, dans une banlieue plate et paisible, cloîtrés à l’intérieur de leurs murs virtuels qui les séparent de VOTRE réalité...

Le soir du 29 janvier 2017

Me semble que les temps ont bien changé depuis ceux que Dylan nous chantaient dans les sixties. Mais peut-être que je commence à avoir la mémoire trop courte et non pas la mèche. Espérons-le, car qui sait ce dont l’Homme pourrait être capable lorsqu’il se sent acculé aux pieds des murs et barricades d'un territoire voisin du sien ?


Photo: Vincent Champoux

Merci à Lucien Ratio et à sa fabuleuse équipée du BEU-BYE 16 de nous avoir fait encore tellement rire de toutes ces choses plus ou moins tordues qui peuplent notre quotidien, entre autres avec le segment sur les radios poubelles, celles remplies des petits et gros déchets de notre si belle société, ordures qui parfois pourraient être recyclées en idées réfractaires pour certains personnages, immondices expulsés des micros gluants du sarcasme des animateurs pédants…

Et les politiciens, ceux aux grands cœurs malades ou aux mœurs et scandales si faciles, qui se déhanchent de gauche à droite, de l’hôtel à la basse ville en passant par la butte des parlementaires…Et les chanteuses, celles pompettes pompeuses, vêtues des paillettes ou d’oripeaux, qui chantent la pomme de tire et charment les serpents à lunettes…
Monika Pilon en Céline

Et les grands disparus, ces inoubliables qui avaient de la voix, du charisme et une certaine notoriété…Et un maire, qui rêve et rêvera toujours de splendeur, non jamais de misère, pour acheter les cœurs partisans de ses courtisans et courtisanes. Bref, beaucoup de bonheur et de plaisir pour les spectateurs de  ce troisième tour du chapeau du THÉÂTRE DU TEMPS QUI S’ARRÊTE. Gageons que le THÉÂTRE DE LA BORDÉE a déjà programmé les dates de la quatrième édition. C’est à souhaiter.