vendredi 8 mars 2013

L'AFFICHE: Nous ?


L'image lauréate du 56ème World Press Photo Award.
Photo : Paul Hansen


« NOUS étions installés dans un hôtel près de Gaza proche d’un hôpital où travaillait un docteur norvégien pendant la crise. Il nous a raconté l’histoire tragique d’une famille dont la maison avait été frappée par un missile. Ils avaient dans leur salle la mère et ils étaient très stressés parce qu’ils savaient qu’ils devraient la réveiller et lui annoncer la mort de son mari et de ses deux enfants. Le jour suivant, nous nous sommes rendus à l’un des enterrements au bord de la ville et il s’avérait qu’il s’agissait de cette famille."






Einstein aurait de beaucoup préféré « que la communauté juive se constituât et s’installât en Palestine avec l’accord des Arabes, sans devenir un État national ».
«Je n’ai jamais trouvé bonne l’idée d’un État, à la fois pour des raisons économiques, politiques et militaires. Mais à présent il n’est plus possible de revenir en arrière et on doit se battre. »

Albert Einstein
SCIENCE & VIE (hors-série)
Einstein un homme d’exception





C'est mon histoire. Moi, Max Schulz, fils bâtard mais aryen pur souche, génocidaire nazi reconverti en Juif pour sauver ma peau. Une métamorphose. Un SS devenu barbier en Israël, et sioniste fanatique par-dessus le marché. Je me suis installé en Terre promise comme chez moi, combattant pour la liberté du peuple élu. Voilà l'affaire. Mais laissez-moi vous raconter en détail.




Toutes les bonnes choses vont par trois. Et cette fois l’enjeu est de taille. L’ENJEU, C’EST LES BANCS BLANC ET BLEU. L’ENJEU, C’EST LES FRONTIÈRES HISTORIQUES QUI VONT BIEN AU-DELÀ DE NOS FRONTIÈRES ACTUELLES. L’ENJEU, C’EST JÉRUSALEM. L’ENJEU, C’EST LA VIEILLE VILLE. Parce que là-bas, dans la vieille ville, il y a le mur des Lamentations ! Les derniers vestiges du Grand Temple, le site le plus sacré du judaïsme !




La vie change vite et les gens se changent avec le développement technique. Moi comme palestinienne, mes habitudes alimentaires ne sont pas comme il y a cinq ou six ans mais j'ai gardé les traditions de mon pays la Palestine. Je mangeais plus de trois repas mais aujourd'hui je prends mon petit déjeuner, mon déjeuner et quelques fois mon dîner. Notre petit déjeuner se compose du fromage, fèves, pois chiches purées avec du thé. Le déjeuner se compose de riz, de viande, de salade et de soupe. Le dîner se compose de beurre, de confiture, de zatar (thym). Le vendredi est le jour où toute la famille se regroupe pour manger un plat traditionnel comme Fata (pain léger avec du riz et du poulet ) et maklouba (du riz avec la viande et l'aubergine). L'alimentation représente pour moi et pour mon peuple une identité culturelle puisque quand nous mangeons ces plats traditionnels palestiniens hérités de nos parents et grand parents, nous gardons nos habitudes et j'en suis fière. Mais, j'essaie aussi de manger à la mode car la façon de manger représente la personne, son caractère et aussi sa culture et sa façon de vivre.
Wafaà Hmid (15 ans )
Articles préparés par les élèves du collège Ramla des jeunes filles-Gaza-Palestine
Suivi par le Professeur Ziad Medoukh


Dôme des Rochers



 Un jeune manifestant palestinien prêt à lancer une pierre
contre les soldats israéliens, près du barrage militaire de Jamala,
Le 24 février 2013 - Photo : AFP/Saif Dahlah


Curieusement, au retour de L’AFFICHE, il y avait la mort de Stéphane Hessel
http://www.humanite.fr/monde/stephane-hessel-inlassable-militant-des-resolution-516339


 Colonie juive de Har Homa, à Jérusalem-Est

Une pièce béton qui fesse, autant en dedans qu'en dehors.
(Mon premier commentaire (via Facebook) au PÉRISCOPE)


FAILLURE 1
Patrick Bérubé




LES LANCEURS DE PIERRES



Le mot éther est comme le mot Dieu; 
il masque et déguise somptueusement ce que nous ignorons.
Maurice Maeterlinck



Devant l’immensité de tes oliviers décapités
le cœur à dévorer des aubergines violacées

Le long de la route des colonies
du soleil jaloux sur les lunettes noires

Sous le Dôme des Rochers
la valeur nette d’un battement de cœur

Dans cette mémoire où tu t’enroules
de café amer et d’encre fraîche
l’écume de guerre autour du bleu pâlissant
de tes affiches massacrantes

Pour dormir entre la vie des gens normaux
des caps d’acier poussiéreux sur le drap de tes rêves

Sans levain
Sans terrain
Sans demain

Sans pain ni rien

Que la morsure du silence
et des miettes de grand festin

Au bout de chaque détail de ton espoir
dans la poussière de l’attente
que le silence du mur sous l'éther
que le sifflement de ta pierre

Face à l’éclatement du cœur occidental
les mouettes n’annoncent plus la terre

Par eux j’ai su que rien ne va changer
mais par toi j’ai vu la Palestine m’en parler
car la mémoire ne suffit pas
parce que c'est tous les jours septembre



TO EXIST IS TO RESIST



Photo: Philippe Ducros



L'Esprit de Tsahal

« Pureté des armes — les hommes et femmes de Tsahal n'utiliseront leurs armes et leur force que dans l'objectif et dans le cadre strict de leur mission et conserveront leur humanité même durant les combats. Les soldats de Tsahal n'utiliseront pas leurs armes et leur force pour faire du mal à des êtres humains qui ne sont ni combattants ni prisonniers de guerre et ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de causer des dommages à leurs vies, leurs corps, leur dignité et leur propriété. »



Les mots sont ceux de Philippe Ducros, auteur et metteur en scène de L'AFFICHE; ils sont extraits de ses LANCEURS DE PIERRES, carnet de voyage publié aux éditions Lansman. Je les ai quelque peu trafiqués pour y lire entre les lignes. Ils font aussi partie de cette pièce monumentale que nous avons eu le plaisir, et la douleur, de voir le 27 février dernier au Théâtre Périscope. Il y a des pièces qui nous marquent plus que d’autres, L’AFFICHE sera l’une d’elles. Des mots, des gestes, des silences, de la lumière, de la noirceur, qui resteront à jamais à l’affiche dans l’espace ouvert de nos petites têtes d’occidentaux qui parfois n'en mènent guère plus large que ces peuples isolés de là-bas. Philippe Ducros, dont nous avons pu entendre la voix en lecture deux jours après cette explosion théâtrale, fait du théâtre engagé comme on l'aime. Nous étions LÀ. Nous avons vu. Nous avons su. Nous avons cru.

François Bernier et Michel Mongeau
Photo: Patrice Laroche

La prestation des comédiens était impeccable et ce à tout point de vue, mais notre révélation fût sans contredit le jeu enflammé de François Bernier, il nous est apparu telle une météorite inattendue dans le ciel du Périscope. Son soldat Itzhak nous est rentré dedans comme une balle de M16. Son corps en entier nous a semblé être en feu tout au long de sa captivante prestation, surtout lors de cette scène houleuse avec sa jeune épouse. Son collègue, Étienne Pilon, qui nous avait été révélé dans le FRANKENSTEIN de Jean Leclerc en janvier dernier, ne donnait pas sa place lui non plus avec ses quatre renversants rôles. Passant aisément de la frontière israélienne à celle de la Palestine, la plupart des comédiens avaient à conjuguer avec plusieurs rôles: Mohamed, Sarah, Saïd, Bilal Islam dit le Barbier, le rabbiOum Saïd, Abou Salem, Shahida, Oum Salem, pour ne nommer que ceux-là. La scène de la danse entre autres en était une qui illustrait fort bien cette si fragile interchangeabilité. Dominique Quesnel et Isabelle Vincent, poignantes en mères de martyrs, Klervi Thienpont, explosive en mère porteuse de l'implosion, Richard Thériault, fort et résistant, comme à l'accoutumé, en père et ange, Michel Mongeau, attachant Bilal, impitoyable lieutenant Lévi, érudit rabbi, Larissa Corriveau, touchante Sarah, solide soldat Yehouda, Justin Laramée, journaliste, soldat, docteur, Saïd et homme...Toute un team que cette AFFICHE de l'équipe HOTEL-MOTEL.

Page couverture des LANCEURS DE PIERRES
Photo: Philippe Ducros

Il fallait voir cette mise en scène absolument géniale dont on avait tant attendu parler lors du dernier Carrefour international de théâtre de Québec fin mai 2012. La vie, la mort, le deuil, l’espoir, tout s’est parfaitement imprimé dans nos prunelles et cervelles Des comédiens taillés sur mesure pour danser sur le fil du rasoir, des éclairages ingénieux, de la musique accordée au paysage, du noir pour la torture, du rouge sang, de la peinture sur le ventre de la jeunesse, des sons humains à travers le bruit que font les pneus quand ils tombent pour imiter celui des bombes, une danse libre, un festin de beauté, un théâtre d’horreur, une pièce magistrale. Aucun doute qu'elle fera époque, tout autant que l'INCENDIE de Wajdi Mouawad. J’espère vivement qu’elle puisse un jour à nouveau redonner la parole à ceux et celles qui résistent là-bas, au sein de leur damné quotidien, dans un recoin de leur terre...qui rapetisse à vue d’œil. 






« Le texte est très travaillé, parce que ça m’a pris du temps avant qu’il soit joué. Quand est venu le temps de la mise en scène, j’avais déjà un peu de recul sur mon propre travail. »

Philippe Ducros
VOIR 
14 février 2013



L'AFFICHE


Auteur: Philippe Ducros

Mise en scène: Philippe Ducros

Assistance à la mise en scène: Charlotte Ménard

Conception: Magalie Amyot, Nadia Bellefeuille, Ludovic Bonnier, Thomas Godefroid, Philippe Larocque, Anne Plamondon, Catherine La Frenière et Romain Fabre.

DISTRIBUTION

François Bernier, Larissa Corriveau, Justin Laramée, Michel Mongeau, Étienne Pilon, Dominique Quesnel, Richard Thériault, Klervi Thienpont, Isabelle Vincent.     


            








Et parce la pièce ne s'arrête pas ici....











Le samedi 2 mars 2013: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a interdit la publication d'appels d'offre pour des logements de colons en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est occupées d'ici la fin de la visite du président Barack Obama dans trois semaines, rapporte hier un quotidien israélien.



THE GATEKEEPERS




ENFANTS-SOLDATS, un texte datant d’une guerre personnelle.



jeudi 28 février 2013

LA GUERRE DES TUQUES: Yes sir !






Je nous souhaite des hivers blancs à perpétuité et, surtout, que ce spectacle nous donne ou redonne le goût de profiter de cette merveilleuse saison qui nous caractérise autant.

Jean Bélanger
Directeur artistique Théâtre Sous Zéro


  
Photo: L.L.



Voici le paysage féérique que nous avions sous nos yeux éblouis, au coin de Grande-Allée O. et Cartier le 21 février dernier, quelques instants après avoir assisté à la représentation de LA GUERRE DES TUQUES, version Théâtre Sous Zéro. L'hiver semblait s'être invité lui aussi. Il ne voulait pas rater cette adaptation du deuxième Contes pour tous des productions La Fête. La pièce était présentée au MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC.

La mise en scène, de Fabien Cloutier, absolument dynamique et magique, parce que jouée à l'extérieur avec des comédiens qui, tout en travaillant, nous ont semblés s'être amusé comme de vrais petits fous. Des comédiens qui n'avaient pas froid aux yeux. Avec lesquels nous avons partagé cette histoire qui nous rappelle les jeux et guerres de l'enfance, ceux que nous pratiquons encore en tant qu'adulte. Si l'éclairage naturel de cette lune qui s'en allait vers son plein, ceux de Bernard White, absolument sorciers et cinématographiques, venaient bonifier l'atmosphère hivernale de cette véritable soirée de rêve !


Le fort, le feu,
le piège, la neige;
l'amour, l'amitié,
la guerre, la mort.

Cléo,Ti-Guy, Luc, François
Sophie, Pierre, Chabot,
Daniel Blanchette;
ils étaient tous là,
avec Ti-Jacques et madame Sirois,
et le petit frère

revenus jouer avec toi et moi
sur les Plaines d'Abraham Martin,
celles qui un jour de septembre 1759
ont vu du vrai sang
colorer le front de ses enfants

Il y avait du mystère autour de la lune ce soir.
Il y avait de la chaleur en dedans de nos coeurs.
Il y avait aussi de la paix, des rires et de la peur.
De celle qui encercle les lendemains d'Apocalypse.









 Photo: L.L.


 La lune de Ti-Guy, le 21 février dernier 
(au coin de Grande-Allée O. et Cartier)
Photo: L.L.



Pour ma part, honte à moi, c'était mon baptême Cloutier. J'ai enfin pu me rendre compte de ce « grand talent » et de tout le bien que l'on en dit dans les divers médias. Fabien Cloutier, auteur/conteur/acteur/metteur en scène, originaire de Sainte-Marie de Beauce, nous a incontestablement servi une pièce sur mesure, la sienne, celle qui le caractérise si bien, lui, en tant que chef de meute des auteurs trash-trad. Je me souviens de lui dans la superbe et inoubliable CHARBONNEAU ET LE CHEF de Jean-Philippe Joubert : « Fabien Cloutier, que je découvrais ce soir et qui m'a immédiatement conquise par son naturel » puis dans la folle et magnifique KLINIKEN, en novembre 2010, là où il était le gardien Tomas qui « gave de pilules et surveille ses (im) patients, qui au moindre écart se fait aller le sifflet...», puis dans la monumentale ODYSSÉE de Martin Genest, en avril 2012, là où il pris la peau de quatre personnages dont celui du superbe Poséïdon, et puis dernièrement, en novembre 2012, dans l'excellent et poignant PROJET LARAMIE du grand Gill Champagne. Il était fort touchant, surtout dans les rôles du prêtre et du policier. Il ne laisse personne indifférent. J'ai pu lui serrer la pince après cette prestigieuse prestation. Je lui avouai que je n'avais pas encore assisté à ses solos mais lui promettais que j'irais voir SA guerre en février prochain. Voilà, c'est fait. Ne me reste plus maintenant qu'à rattraper le temps perdu. Mais peut-être y aura-t-il un jour, et c'est à souhaiter, une soirée Cloutier avec Cranbourne et Scotstown, ses contes (pas pour tous ceux-là), ceux dont nous avons tant entendu parler...en bien. En attendant, Billy (les jours du hurlement) sera à l'affiche au Périscope à l'automne prochain. Et on y sera, cette fois.



Fabien Cloutier,
capteur de rêves et d'apocalypse
(avec une tuque !)
 Photo: Le Soleil


Fabien Cloutier
L'annonce de l'Apocalypse
21 décembre 2012

Dans ma cour, au matin de la représentation du 21 février 2013
Photo: L.L.





vendredi 22 février 2013

FRANKENSTEIN: La quête


 
Étienne Pilon, la Créature
Photo: Vincent Champoux

Daniel Bamdad, mannequin
collection Philippe Plein, automne



Le Feu, rage de petite étincelle, observe l'eau des souterrains. Il est agité, il voudrait remonter à la surface, se rouler dans l'herbe, partir en fumée, disparaître. Mais il couve sous terre, il attend la foudre des armes aux côtés de ses racines brûlées. Il faut ou il ne faut pas: le présent c'est toujours aussi embarrassant. Mais un jour, il le faudra. Il le faudra bien. Partir. S'éloigner du soi/moi. Du sous-sol des pauvres rats. Envisager le détournement majeur. Virer boutte pour boutte. Traverser le cul-de-sac des calamités. Fleurir le Néant. Déterrer le Miracle. Aboutir.



Frontispice de l'édition de 1831



Le 31 janvier dernier, dans la salle Octave-Crémazie du GTQ, nous avions rendez-vous avec une époque qui ne nous a pas semblée si lointaine que ça: 1818. Il y aura donc bientôt deux cents ans que la jeune Mary Shelley imagina cette histoire de science-fiction qui n'en finit plus de se métamorphoser au gré des saisons. Une histoire qui s'apparente drôlement à ce que l'humanité actuelle traverse comme évolution scientifique dans un contexte de pessimisme politique rempli de malversations et de corruptions de tout genre. Le FRANKENSTEIN de Nick Dear, qui donne la parole à la Créature, fait réfléchir la plupart de celles que nous sommes devenues.

Entre le bien et le mal, le feu et la glace, l'acier et la forêt, les hommes et les bêtes, nous avons fait connaissance d'un monde peuplé de terrassés/terrassants, dominé par des dominants, instruit par des éduqués, oppressé par des tyrans, soigné par des charlatans, payé pour être mal-entendants, aveuglé par le bleu du firmament. Ce monde fait de faux-semblant, qui remplit de botox les rides du Temps, qui charcute et vide le ventre des petits enfants, qui court après ses tripes au vent, qui illumine les ténèbres, qui embrase la terre, qui couche avec les vers, qui meurt sous la mer...

La mise en scène de Jean Leclerc nous a promenés dans les environs nébuleux de cette race de monde qui n'en finit plus d'exister pour essayer d'être. Certaines scènes éblouissantes, dignes de Broadway, nous en ont mis plein la vue, d'autres plus épurées ont révélé le talent indéniable des interprètes. L'alternance des rôles a fait d'Étienne Pilon qu'il fût notre Créature ce soir-là. Christian Michaud lui donnait donc la réplique en tant que docteur Victor Frankenstein. Un excellent duel d'acteurs. Le reste de la distribution, composé de mesdames Catherine Hugues, Linda Laplante, Éva Saïda, Danièle Belley, Meggie Proulx Lapierre et de messieurs Jean-Jacqui Boutet, Pierre ChagnonPierre Colin, Eliot Laprise et Nicola-Frank Vachon a donné la pleine mesure à ce spectacle que nous ne sommes pas prêts d'oublier.



La co-population dans le ventre des cœurs brisés/la banquise au nord des sentiments/les bras forts autour des doutes de l’amour/les restants de vent étreignant les feux roulants/L’air de rien de la terre sous le blues des nuits sans fin...
FRANKENSTEIN


TEXTE: Nick Dear d'après le roman de Mary Shelley
TRADUCTION: Maryse Warda
MISE EN SCÈNE: Jean Leclerc
SCÉNOGRAPHIE: Michel Gauthier
COSTUMES: Luce Pelletier
ÉCLAIRAGES: Sonoyo Nishikawa
MUSIQUE: Paul Baillargeon et les Frères Grands
CHORÉGRAPHIES: Lydia Wagerer
VIDÉO: David Leclerc
MAQUILLAGES ET EFFETS SPÉCIAUX: Élène Pearson


Photos du spectacle:
http://www.flickr.com/photos/letheatredutrident/sets/72157632553877722/




lundi 4 février 2013

CHARME: du coeur à l'âme




Une lumière spectrale de candeur étendue dans les beaux draps de satin graffigné du sceau du destin. Une atmosphère réconfortante pour l'oeil gelé des derniers jours. Une place réservée et toujours de choix...





À la vue du chaleureux décor, nous nous sommes immédiatement réfugiés sous le CHARME de Joëlle Bond. Nous avions encore à l’esprit son superbe CARDIGAN DE GLORIA ESTEBAN qui nous avait transportés dans les contours mystérieux de l'âme des femmes. À nouveau, elle récidive avec cette pièce qu'elle et Jean-Sébastien Ouellette ont mise en scène pour le public de chez PREMIER ACTE. La salle était pleine à craquer. Il y planait comme une odeur de chasteté « dans nos corps de jeunes filles »...



Photo: A. Langlois
Laval-des-Rapides
1967


Comme un rendez-vous en cachette, comme la toute première cigarette, comme le premier slow, comme le premier french kiss,  nous nous sommes enlacés à travers une époque qui donnait souvent lieu à des situations gaies puis désespérées, là où les émotions à fêlures de peau flottent autour de nos petits corps pris « entre les deux mon cœur balance »…






Y’a des âmes en pleurs qui peuplent des placards remplis de vide, des femmes en fleurs qui jamais n’en sortent, des femmes qui chantent très tard le soir dans des bars miteux de la main, des bras de quinqua qui ballottent au vent de la sécheresse, des rides au creux de leurs amours perdus, des brouhahas qui se terrent dans leurs têtes à claques, des viols lents au bout de leur langue percée de baisers sulfureux, des risques d'aimer dans le métier de femme immense et typée, des maquillages outrageusement ordonnés qui fondent des familles éparpillées, des tickets de bus achetés puis déchirés, des larmes au fond de regards bienheureux, des chansons d'effet mère, des prières de pacotille…et des adieux…

CHARME, c’est un peu tout ça. Du vous, du moi, du elles, du eux; de l’enfer, des cieux; de la misère coupée en deux, des cellules, de la liberté. CHARME, une histoire qui n'en finit plus de s'arrêter au beau milieu de la vie, des hommes...et des je te veux...




ELLE EST LIBRE



PRODUCTION: Le Petit Luxe
TEXTE: Joëlle Bond
MISE EN SCÈNE: Jean-Sébastien Ouellette et Joëlle Bond
SCÉNOGRAPHIE: Ariane Sauvé

DISTRIBUTION  
Ann-Sophie Archer
Marc Auger-Gosselin
Frédérique Bradet
François Édouard Bernier
Claudiane Ruelland
Sophie Thibeault

Et dire que j'ai lu ça...
un jour...un jour...


SOURIEZ. 
SOURIEZ SOUVENT.


C’est une habitude charmante qu’il vous faut cultiver. Elle vous donnera une expression jeune et séduisante tout au long de votre existence. Et à la longue, votre humeur
s’y assortira, car elle reflète votre MOI intime.
Joëlle Bond


En 67, tout était beau...