mercredi 31 mars 2010

La sueur des promesses sur le genou d'Hubert




LA MÈRE D’UN FILS NE SERA JAMAIS SON AMIE
Jean Cocteau

Une mère qui mange un bagel au fromage à la crème et qui suce ses doigts devant son fils/c’est-tu assez dégueulasse ça, Madame Lemming ? Madame Lemming, ou Chantale, la mère morte d’un auteur de demain, qui n’aime pas les papillons sur ses murs de banlieue plate, un jeune auteur qui se fout un I-Pod sur les oreilles pour ne plus l'entendre parler, qui lui crie qu'elle vient de passer sur la rouge, qui se fera offrir des bonbons par une douce et gentille professeure... Hubert/Xavier, oui, pour un premier film, c’est spécial, il y a là quelque chose qui se passe entre lui et cette mère aimante..

Casser de la vaisselle dans sa tête, siffler La vie en rose, avaler des crottes de fromage prédestinées aux fourmis, pédaler entre les craques de rues du 450. PARLER. AIMER. Et CRITIQUER...(positivement) le motif safari de l'abat-jour de la lampe qui s'accorde bien avec le petit rayé du tigre dans le tableau au-dessus du sofa...s'ACCOTER contre un mur de briques rouges, faure une pause...dripper de l'amour au plancher...écouter cette musique amélie poulin, l'avoir coincé dans le travers du coeur et de la gorge....Envoyé promener le monde ou le faire philosopher dans un coin du boudoir de monsieur le marquis...Faire éclater une vitrine dans sa tête...et des assiettes, pour le vrai...Nouer des cravates de bugs bunny à des quotients de 150...Lire la dernière strophe de la page 218....Retrouver l'enfant-roi dans son Royaume, arracher du visage d'un ange de pâte fimo la larme bleue des jours gris...

À Montmagny, on a peut-être fini par se parler...comme avant...

--- « BONJOUR HUBERT, tu sais qu'ici, dans le salon de bronzage, on n'attrape jamais le cancer, parce que c'est même pas du vrai soleil »
***

J'AI TUÉ MA MÈRE, un film fort touchant pour la beaunté des personnages, notamment celle de Sophie Clément en professeur attachée/attachante, mais aussi et surtout très drôle de par l'époustouflante interprétation qu'Anne Dorval fait de cette mère un peu chiante mais si aimante. Et bien évidemment pour Xavier Dolan qui EST ce film. Ses gros plans noir et blanc de lui-même dans la baignoire: du bonbon ! Ces lèvres parfaites, découpées à la James Dean, vraiment j'ai cru revoir en lui ce dieu de ma jeunesse. Cette façon franche qu'il a de nous parler, du direct au but, c'est ce qui m'a le plus charmée et désarmée. Des fils aussi beaux et intelligents qu'Hubert qui parlent ainsi à leur mère, il n'y en a pas qu'au cinéma, et je suis bien placée pour le savoir. ;-) Qui sait ? Peut-être qu'un jour on parlera d'Hubert Minel comme on le fait encore d'Antoine Doinel.

« Soyez à l'écoute »

dimanche 28 mars 2010

Des joues en feu



Jean Cocteau, Georges Auric
Raymond Radiguet et John Russell 
Bibliothèque Jacques Doucet, Paris
don Marie Laurencin © Bibliothèque Jacques Doucet / fonds iconographique




Hier soir, au gala des Jutra, après avoir vu la joue en feu de Patrice L'Écuyer, celles tout aussi en feu d'un jeune créateur d'ici. Avec son regard embué et ses paroles vibrantes, il a encore une fois envoûter toute la place. Je n'ai pas encore vu son J'AI TUÉ MA MÈRE, mais ça ne saurait tarder. Cependant, il me plaît d'imaginer que par son audace Xavier Dolan pourrait être de ceux que l'on oubliera pas de sitôt.

Peut-être est-ce là le simple fait que je lise LES JOUES EN FEU de Raymond Radiguet ces jours-ci et que j'aie terminé LE GRAND ÉCART de Jean Cocteau il y a quelques semaines, mais il existe certainement un lien entre eux et lui, parce que la fraîche beauté de leur audace aura fait la preuve de leur touchante intelligence. Il est à souhaiter que Xavier Dolan puisse vivre un peu plus longtemps que l'impossible M. Bébé, que sa belle et surprenante histoire puisse se poursuivre ici et là, surtout là.

(Bon, il me semblait bien aussi que M. Dolan n'avait pas eu à faire qu'avec Jean Coutu...;-) En tapant Xavier Dolan/Jean Cocteau sur Googles, juste pour voir s'il n'y avait pas déjà eu quelque chose " entre eux ", je suis tombée sur cette interview du Figaro du 10 mai 2009; elle se termine ainsi:

Et, à ces mots, Xavier Dolan, baisse son pantalon. « Cela devient très intime », dit-il, amusé. Et il vous montre, tatouée dans sa chair, au-dessus du genou droit, la phrase de Jean Cocteau « L'œuvre est une sueur ».


(Et voilà. La boucle est bouclée, cher Xavier, nous venons d'assister à la naissance d'un autre beau et grandissant phénomène.)


ÉCHO

Petite niaise ! qui, pour me plaire, se fait fine taille: sa ceinture pourrait être ma couronne. Ville, statue géante, avec, en guise de ceinture, un chemin de fer. Villas abandonnées, instruments de musique qu'on n'a pas baptisés. Gai comme la romance d'un arbre en exil, le vent du Sud émeut les clochettes que le hasard accrocha au cou des beautés déchues. Banlieue criminelle; ici, les roses sont des lanternes sourdes. A quoi pensez-vous ? Quand il mourut, Narcisse avait mon âge. Lac, miroir concave; pour mon anniversaire le lac m'a fait cadeau d'une image qui m'épouvante.

Raymond Radiguet
LES JOUES EN FEU et autres poèmes


1923

En février, Cocteau s’isole quelques jours à Chantilly, à l’hôtel du Grand-Condé. En mars, Le Diable au corps est publié. En avril, Cocteau effectue un voyage à Londres et à Oxford avec Radiguet. A l’automne, Plain-chant, la Rose de François, Picasso et en octobre, à une semaine d’intervalle, Le Grand écart et Thomas l’Imposteur sont publiés. A la fin de novembre, Radiguet s’installe à l’hôtel Foyot. Il meurt, le 12 décembre, d’une typhoïde mal soignée. Cocteau, très affecté, n’assistera pas aux obsèques.


Après la disparition du petit Raymond, tout le monde se persuada que le charme était le secret professionnel des écrivains.
François Bott
Critique littéraire




LE GRAND ÉCART

(Résumé)
Jacques Forestier préparait son baccalauréat. Ses parents, obligés de vivre une année en Touraine, le mirent en pension chez un professeur, monsieur Berlin, rue de l'Estrapade, à Paris. Mais Jacques, qui émeut tant l'imposante madame Berlin, va séduire tout d'abord Louise, qui danse à la Scala. Puis il aimera Germaine, qui elle aussi est dans le spectacle. Puis il y a Nestor, Lazare et Osiris, les amants, les amis, les protecteurs de ces dames. Il y a aussi Paris et la jeunesse qui passe, comme si on faisait un pied de nez au destin. Pourtant, nous savons bien que la fête qui commence devra s'achever un jour, et qu'avant de choisir notre destin, la mort nous a déjà choisis. La carte de notre vie est pliée de telle sorte que nous ne voyons pas une seule grande route qui la traverse, mais au fur et à mesure qu'elle s'ouvre, toujours une petite route neuve. Nous croyons choisir et nous n'avons pas le choix. Dans ce roman, écrit en 1923, Jean Cocteau mêle tendresse, humour et légèreté, comme pour un pastiche. Mais derrière ces pirouettes et ces clins d'oeil, se cache un sourire plus grave. Après avoir dansé et rit, vers quel destin s'en va Jacques ?


EXTRAIT (choisi pour la scène finale entre la mère et le fils)


Le diamant, qu'est-ce ? Un fils de charbonnier, devenu riche. Ne lui sacrifions pas notre chance. Ni fleuve, ni diamant. L'eau molle et l'eau dure n'auront plus ses larmes.

Ainsi Jacques se fait des mots. Il croit fixer un type, cerner l'ennemi, le voir en face, ligoter le fantôme, se mettre en garde contre le danger connu.

Les mots fleuve, diamant, vitre, sirène, sont des fétiches nègres. Mieux vaudrait un signalement. Mais quel signalement ? Le vrai monstre a beaucoup trop de têtes différentes. Leur multitude cache son corps.

Jacques bouge, regarde sa mère en souriant. Elle se lève. Elle va faire une maladresse charmante, avouer sa jalousie.

--- Jacques, dit-elle, mon Jacques, il ne faut plus te tourmenter pour une mauvaise femme.

Jacques lâche ses résolutions d'un seul coup. Il se contracte, se révolte. Mme Forestier se rasseoit. Il cherche sur la table un porte-carte, l'ouvre, tire par bravade la photographie de Germaine. Que voit-il ? Une actrice. Il ferme les yeux. Sa martingale réapparaît. Il s'y accroche. Sa mère pardonne et, pour rompre le silence:

--- Tu te souviens d'Idgi d'Ybreo à Mürren ?

Elle compte ses mailles...

--- Le journal annonce sa mort au Caire.

Cette fois, Mme Forestier lâche son ouvrage. Jacques se renverse. Des larmes coulent sur ses joues, des larmes profondes.

--- Jacques...mon ange...s'écrie-t-elle. Qu'y a-t-il ? Jacques !

Elle l'embrasse, l'enferme dans son châle. Il sanglote sans répondre.

Il voit un lit. Contre ce lit, le dieu Anubis se dresse. Il a une tête de chien. Il lèche une petite figure toute froide, toute noble, déjà momifiée par la douleur.

Jean Cocteau
Le grand écart (p. 153-154)

POÉSIE

De son amour noircir les murs,
C'est très difficile à la ville;
Souvent les murs étant de verre
Aux patineurs je porte envie

Mais me contente de mes vers;
Seuls les voleurs sont assez riches
Pour inscrire sur la vitrine
Le prénom de leur bien-aimée.

Que ton diamant, Poésie,
Une de ces vitrines raye,
Des bavardes boucles d'oreilles,
J'achète ou vole le silence,

Pour en orner de roses lobes.
Patineur, la glace est rompue
(En belle anglaise copiée,
Ma poésie, avec ses pieds).

Raymond Radiguet
Les Joues en feu et autres poèmes


NOTRE PETIT MONSIEUR

Comme les fins fétus de paille tirés au sort, romancier de l'angélique urgence de vivre, tu te fis aimer automatiquement de la Mort/Comme le moustique gavé de sang qui éclate après avoir trop bu, ivre, comme un bourgeon gavé de ton printemps, Cocteau éclatant, s'aspergeant de ton essence/Autour de ce corps givré de jouvence, esprit libéré de toutes ses souffrances, tu préféras t'emmurer dans le Silence/Nous relisions ensemble cet unique roman dans lequel tu y avais déposé tout le talent qui méritait amplement ta frêle immortalité/Au sein de tous ces futurs malentendus, tu pourras désormais dormir en paix, décoré par les mots de ta transparence avec comme seul cachet, ton nom: Radiguet/Comme elle fût courte ta jeunesse, Ô ! Raymond, Petit Monsieur protégé des génies bienveillants/Non ! jamais les démons du midi, ces vieilles putes, ne parviendront à cerner tes yeux ni ne les rideront/Après avoir lu tes mots profanés puis consacrés, tu greffas en mon âme importée par ta douce France/ceux du symbole parfait que fût cet Amant du Temps/Amant qui donna ton sang à ceux que nous sommes devenus, ceux-là mêmes qui naquirent des deux fins poètes que vous fûtes.

Claude É. Larousse
Diatomées et Paramécies
1995



samedi 27 mars 2010

Au coin de Ste-Cath et de Champlain

Rodrigue Jean
Photo: ONF




HOMMES À LOUER, réalisé par Rodrigue Jean, (en nomination aux Jutra pour le meilleur documentaire) un autre de ces films documentaires qui secoue les pleumats de l'âme-mère. Ces jeunes hommes qui ont des visages d'anges avec des yeux de chats sauvages, qui se prostituent à cause de la drogue ou/et qui se droguent à cause de la prostitution, m'ont fait penser un instant à Ripley Bogle, ce personnage drop-out du roman du même nom écrit par Robert McLiam Wilson.

Qui sont-ils vraiment ces hommes à louer ? Ils ne le savent pas eux-mêmes, ils sont tout simplement là, en train de se battre, de se débattre, de se défoncer, de se faire sucer, de se demander pourquoi ils font ça. J'ai vu dans la lueur de leur regard quelque chose qui m'a éclairé sur ce qui s'est passé cette semaine à Charlesbourg, alors que L.-P., un jeune homme de 22 ans qui a agressé sa mère au couteau et qui s'est livré à des voies de fait sur son jeune frère âgé de 17 ans, s'est vu arrêté par la police et emmené en prison. L.-P., avec qui j'ai traîné sur les bancs d'école il y a deux ans alors que nous suivions un cours d'immersion anglaise. Pas lui, mais oui, lui, L.-P., qui se droguait et avait un train de vie assez rock'n roll, qui se présentait en classe un jour sur deux, qui justement s'était fait sortir du cours à cause de ça et qui avait menacé l'une des élèves dans la classe en lui disant " je vais te tuer, toé ", parce qu'elle avait manifesté un certain ressentiment à son égard du à son " mauvais " comportement. J'étais assise à un banc de lui quand il lui a dit ça avec des éclairs dans les yeux. Nous avions eu peur qu'il aille plus loin mais il est tout simplement sorti de classe, sans plus. Le lendemain matin il était à nouveau à sa place mais encore passablement amoché, agité et maussade. Sous la pression des élèves troublés le directeur l'a donc mis à la porte du cours, et de l'école. On n'entendit plus jamais parler de lui jusqu'à cette semaine, deux ans plus tard...

Quelle ne fût pas ma stupéfaction lorsque je vis son beau visage dans le carreau de la fenêtre de l'auto de police. De la stupéfaction, oui, c'est sûr, mais pas tant que ça, étant donné ce qui s'était passé dans la classe, mais des interrogations à propos des multiples antécédants judiciaires qu'il a connus lors de ces deux dernières années, pas moins de 14. Alimentés par la violence, la drogue, le manque d'argent et quoi d'autre encore, les risques d'explosions spontanées sont parfois inévitables pour ces jeunes hommes désemparés. J'ai appris que L.-P. avait reçu des verdicts de non-responsabilité parce qu'il souffre de troubles mentaux, il doit d'ailleurs subir un examen psychiatrique afin de déterminer son aptitude à comparaître...



Le film de Rodrigue Jean ne se termine pas, il se poursuit...au coin de Ste-Catherine et de Champlain, là où les doses sont parfois mortelles...








samedi 20 mars 2010

Le Chemin du Trèfle

Miss Marianna O' Gallagher
(dans ce qui sera l'une de ses dernières apparitions publiques)


DÉFILÉ DE LA ST-PATRICK
Québec, rue Fraser
Samedi, 20 mars 2010

photos: L.L.


Le chant écriaillé d’une corneille effrontée dans le samedi matin. Le chauffeur d’autobus de la 44 qui te donnerait la lune si tu la lui demandais. La conversation au coin de l'arrêt de la 800 avec le gentil Jérôme qui s’en allait jouer aux quilles. Une parade pour l’Irlandais dans la ville que tu aimes le plus au monde. Le son des petites fanfares comme celles des plus solennelles. Les cornemuses du NYPD. Le jeune joueur de cymbales des ÉCLAIRS. La grosse caisse des TITANS. Et l'irradiant sourire d’un joyeux troubadour philosophe, beau bonhomme de neige fondu sous le plus chaud des soleils de mars. Le son de sa petite caisse claire d'enfant. Miss Marianna O’Gallagher, amie de la famille K. et grande patronne des Irlandais de Québec.




Le pub Galway sur la rue Cartier pour voir fêter les fêtards. Keith Kouna chez Sillons le disquaire avec SON Labrador, le Zinc no. 3, celui de l’été 2004, avec ses belles lettres-réponses à VLB plus quelques poèmes sans fin briseboisiens...


Dans la brume

On

En

Aura beaucoup à se dire


Une tournée des restaurants indiens du quartier Montcalm pour en choisir un dans un avenir rapproché. Une visite de courtoisie chez l'épicier traiteur Morena pour faire se concentrer toutes les bonnes odeurs de ce monde. Pour se pourlécher les babines. Pour imaginer l’été prochain...Une cuillère à café ramassée dans la rue plus un caillou dans la plate-bande dégelée. Un petit lapin tirelire caché dans le coffre à trésors de May. Un Martini siroté avant le shop-suey du mardi. Un pet-de-sœur réchauffé dans la saveur d'un bon thé infusé dans le bijou de la porcelaine anglaise ivoire et dorée…Le soleil pâlot émergeant des nuages dégrisés. Le retour tranquille dans la banlieue voisine. Les retrouvailles avec l’Ami Lapin. Une tiède léchée de sa tendresse. Un amour à recommencer...Le crash glacé dans la froideur de la vitesse en folie. Le contentements des purs plaisirs de ce premier jour de printemps. La lecture d'un simple quotidien. Le Devoir d’en être son unique lecteur....La chaleur de la lune. Le restant de la nuit. Ce jour-là est fini.




jeudi 18 mars 2010

CALIGULA: le pouvoir de la solitude

Photo: Louise Leblanc

Christian Michaud
la preuve qu'il aura fallu que ce monstre existe.




Nous savons pertinemment que nous sommes gouvernés par une administration qui nous ment effrontément. Nous sommes apparemment comme ces parents libéraux qui acceptent volontiers les affabulations de leur enfant préféré. Nous voulons croire que la vie ne va pas sans une certaine vilenie.

Robert McLiam Wilson
LES DÉPOSSÉDÉS 
(p.235)

CALIGULA QUI DANSE DANS SES PLUS BEAUX ATOURS, QUI JOUE DE LA GUITARE ÉLECTRIQUE AU PLAFOND, QUI FAIT PLUTÔT DANS L’ÉMOTIF, QUI FAIT VRAI, QUI JOUE CRU, QUI VOIT GRAND, QUI NOUS DÉTEND. CALIGULA, VIA CAMUS, MIS EN SCÈNE PAR GILL CHAMPAGNE. CALIGULA, DU GRAND THÉÂTRE ET SURTOUT DU GRAND CHRISTIAN MICHAUD. ET DE PARFAITS BEAUX ET BONS ACOLYTES, QUI LUI DONNENT DES BELLES ET FRANCHES RÉPLIQUES. SANS BAVURE. ET DE LA MUSIQUE AJUSTÉE AU CORPS DU TEXTE. PLUS DES COSTUMES HAUTE COUTURE ET DES ÉCLAIRAGES LUNAIRES. CALIGULA, DE LA VIE, DE LA MORT, DU SEXE. ET DES HOMMES. CALIGULA: OU BIEN TU POURLÈCHES, OU BIEN TU LYNCHES, SINON T’ES DANS LA DÈCHE. CALIGULA, POUR LA FOLIE DU POUVOIR, MAIS AUSSI POUR CELLE DE LA POÉSIE QUI ÉMEUT OU QUI DIVERTIT. CALIGULA, QUAND LE ROUGE COLORE LE BLANC DE L’ŒIL, QUAND LA CHAIR ROSIT, QUAND LES CŒURS REFROIDISSENT. CALIGULA, QUAND LE JOUR SE LÈVE SUR L'ANCIEN NOUVEAU MONDE. QUAND LA NUIT LE DÉCOUCHE DANS LES PROCHAINS CERCUEILS. CALIGULA, PARCE QU'IL SERA TOUJOURS BEL ET BIEN TEMPS D'ÊTRE ENCORE VIVANT. ICI, PARTOUT. ET AILLEURS.

Une mention spéciale à messieurs Olivier Normand, Steve Gagnon et Jean-Nicolas Marquis, respectivement dans les rôles de Cherea, Scipion et Hélicon, leur soutenante performance aura fait de cette pièce qu'elle en soit une de douce résistance. Si on avait eu à en demander plus à un acteur, cet acteur n'aurait pas pu exister. Merci à toute l'équipe de production, plus particulièrement au travail impeccable du scénographe, Jean Hazel, qui après Octobre 70 et Lipsynch n'avait rien perdu de son ingéniosité.