dimanche 1 décembre 2019

LA DUCHESSE DE LANGEAIS : Édouard anyways




« LA DUCHESSE : […] C't'effrayant, c'te soleil-là, c't'effrayant! M'as mourir! Mais ça fait rien, tu vas v'nir brune pis belle! (Elle s'éponge le visage.) Ça, c'est pas vrai pantoute, parce que tout c'que j'arrive à être, c'est rouge comme un homard… Un homard! Seigneur-Dieu! J'commencerais-tu à parler de moé au masculin? Quelle horreur! C'est vrai que homarde… »

Michel Tremblay
LA DUCHESSE DE LANGEAIS

Première lecture
Ce texte a été présenté en lecture publique par le CEAD, le 24 juin 1968 au festival ACTA, à Vaudreuil, et le 1er juillet au Théâtre de Quat'Sous; la lecture était dirigée par André Brassard.

Création
Les Insolents de Val d'Or, le 10 mai 1968; Théâtre de Quat'Sous, 18 février 1970


DANSER SUR LA TABLE DANS LE THÉÂTRE QUI FLAMBE
NAPALM 

Keith Kouna


Pour la Duchesse et son interprète

Que tu danses ou boives ta vie
Que tu t’en sacres ou la revive
Tu seras toujours le/la même
Tu seras à jamais LA REINE

Tel(le) que tu hais
Tel (le) que tu aimes
Tel(le) que tu es
On t’aimera toujours, Duchesse
On t’aimera, que tu le veuilles ou non, d’amour. 
Point.

elquidam
30-11-19

Samedi dernier, 23 novembre, 16 heures tapant, dans la rangée double A, siège 7, on l’attendait fébrilement dans un Trident impatient de la voir s’amener avec sa perruque, robe, talons aiguilles, bobettes et paillettes. Contrairement à ses anciennes habitudes, elle n’était pas toute seule: trois beaux jeunes hommes, un pianiste-batteur, un chanteur-guitariste et un danseur l'accompagnaient. Ils étaient fins et prêts à tout pour la mettre en oeuvre et en évidence, elle, LA DUCHESSE DE LANGEAIS. alias Édouard, prince de Tremblay…

18 nuances de gai dans LE VILLAGE

Swing la bacaisse dans l'fond de la boîte à bois ?

En québécois, une bacaisse est un morçeau de tissu que les colons utilisaient pour transporter le bois à l'intérieur des chaumières afin d'alimenter le feu de cheminée. Son orthographe original est baquaisse. Swinguer désigne l'action de lancer quelque chose. Ainsi, Swing la bacaisse dans l'fond de la boîte à bois est une expression québécoise qui nous invite à jeter son instrument de travail (sa bacaisse) dans un coin (ou dans l'fond de la boîte à bois) afin de se libérer les mains et se joindre à la danse pour faire la fête.


California 
mai 1979


Quoique son histoire ait commencée vers la fin des années 60, je me demande si je ne l’aurais pas croisée un soir à L.A. en mai 1979, lors de cette virée sur Sunset Boulevard. Ou peut-être que c’était au LIMELIGHT, la célèbre discothèque du 1254 rue Stanley...


Dans une Métropole en feu remplie de bars et discothèques en tous genres, les femmes au premier, les gays, les blacks, les white, les straight au deuxième et les réguliers au troisième. Tout le monde était presque sur la même longueur d’ondes que celles de la Dufresne, une autre grande dame de Montréal. À coup de coco cognac, de whiskey-à-gogo, et autres drinks exotiques, ça se faisait aller gaiement sur le plancher des vaches sacrées et autres veaux d'or bien bien attifés. Au son des 12 pouces du Dee-Jay Ouimet, on y passait une partie de la nuit à se branler le popotin, swinguer la bacaisse dans le coin de la boîte à bois. Comme des fous et des folles, come on and do it ! 

Toilettes du DRAGUE à Québec

.

Michel Tremblay, l’auteur de ce passage obligé dans la vie d’Édouard, nous aura tenus encore une fois au bout de sa plume trempée dans le moyen malheur de l’homme libre. Jacques Leblanc, ce grand acteur condamné au succès et à l’amour de son public de par ses rôles marquants a, comme d’habitude, tout donné pour satisfaire les buveurs de mots durs et crus que nous sommes devenus au fil du temps qui passe, sans jamais vraiment s’arrêter. Parce que cet aveu du petit garçon agressé sexuellement à l’âge innocent de six ans par un cousin plus âgé nous apprend comment le vice versa en son corps et en son cœur. Tomber pour les uns et les autres à travers les plus grandes villes du monde et finir par rire de soi pour fuir l’amour avec un grand A, pour ne pas mourir tout seul. Non, ce n'est pas toujours facile la vie de starversie. Touchant et direct comme nous ne l’avions pas encore vu, M. Leblanc se méritera probablement encore le prix d’interprétation masculin(e)…;-)


Ses fabuleux acolytes, SUPER-posés à lui, ont apporté une quatrième dimension à ce spectacle dirigé de main de maîtresse par nulle autre que Marie-Hélène Gendreau qui, décidément, est partout cet automne, et ceci est loin d’être un reproche. Elle a trouvé la combinaison parfaite de ce coffre-fort rempli de talents. À commencer par celui de Fabien Piché, prodigieux danseur/personnificateur, transparent comme un cygne de verre, gracieux et ardent, ouvert et secret, juste assez pour le voir contourner l’amour dans les bras de son vieil amant. De toute beauté!


Les deux musiciens que sont Keith Kouna et Vincent Gagnon se sont parfaitement intercalés dès le départ avec leurs envolées tant vocales qu’instrumentales. Ils ont habité une pièce quelque peu fantomatique de la maison de cette belle grande famille à l’univers particulier qu’a créée Michel Tremblay il y a de ça plus de cinquante ans. Keith Kouna, qui a sorti sa voix unique d’inestimable poète des grandes occasions, retentissait comme on le connaît depuis ses débuts : rebelle authentique, sans artifice, avec toute la puissance TNT de ses mots et musiques, accents aigus d'une Amérique plus latine que britannique.


Vincent Gagnon, un pianiste aux métamorphoses multiples, qui passe du jazz au rock au pop sans aucune espèce de difficulté, peut-être à cause de cet amour de la musique qu’il partage avec plusieurs autres musiciens. J’ai d’ailleurs eu le bonheur d’assister à l’un de ses concerts jazz au Palais Montcalm en octobre 2010 alors qu’il jouait avec son quintette. Le résumé de cette soirée ici :



Photo: Catherine Tétreault




CHANSONS ET POÈMES 
CITÉS DANS LE TEXTE




Je me souviens de LA DUCHESSE DE LANGEAIS, celle qui existait dans la peau blanche de feu Claude Gai. Elle avait étrangement fascinée l’enfant que j’étais alors. Je ne me souviens plus si c’était un extrait de Demain matin Montréal m’attends ou bien la pièce elle-même, la mémoire, ça finit par défaillir ça aussi. Une chose est certaine, cette image d’un homme travesti en femme m’est restée collée dans la rétine longtemps. Claude Gai, disciple de Tremblay, a interprété plusieurs rôles de..gays. En l'an 2000, dans le rough n' tough  HOCHELAGA de Michel Jetté, il campait un employé de sauna. Il est mort d'un infarctus le 3 février 2007. Dans la 800, avec une autre spectatrice, il a été l'un de nos sujets de conversation. Jacques Leblanc et lui peuvent s'estimer privilégiés d'avoir été choisis pour interpréter cette grande Dame au langage arc-en-ciel...


J’aimais bien cette époque dorée du noir et blanc où Radio-Canada télédiffusait du théâtre le dimanche soir. Tous ces comédiens et comédiennes qui joualaient du Tremblay, Dubé, Carrier, Barbeau, Gauvreau, Gélinas, VLB et cie, ont développé mon intérêt pour les histoires d’ici. Pour se remettre dans l'ambiance nostalgique, l'extrait ci-haut avec feu Pierre Dufresne et la belle Monique Miller, me rappelle que cette dernière doit commencer à se sentir bien seule ces jours-ci, notre belle et si bonne Andrée Lachapelle étant allée rejoindre les étoiles de la plus grande scène théâtrale qu'est l'Univers...

ALBERTINE À 60 ANS
COMME TOI, DUCHESSE




Claude Gai

C'est peut-être ce qui a fait que j'ai tant aimé me retrouver en compagnie de ces hommes si beaux et fascinants, des fois un peu bitch mais si chaleureux. Sortir avec eux en boîte, dans leurs bars, après le boulot, c'était la cerise sur le sundae de nos amitiés. La plupart travaillaient avec moi chez Trans-Canada Musique Services (TC pour les intimes). C'était en 1975, on était jeunes et la musique nous unissait de la tête aux pieds en passant par les doigts et les narines. On pouvait alors tomber en amour avec tout le monde, enfin presque. Comme dans la chanson de Plamondon, des choses comme l'amour qui se peut pas, ça peut vous arriver...


Cette musique disco, rock, pop, jazz, classique ou peu importe, on la vendait, on l'achetait, on la mangeait, et surtout on la dansait. Ce qu'on a pu en avoir du fun. Certaines de ces nuits folles ne se finissaient qu'au lever du jour. Comme toi, Duchesse, on aimait ça le NIGHTLIFE...



I can cast a spell,
Of secrets you can't tell,
Mix a special brew,
Put fire inside of you
Anytime you feel danger or fear,
Then instantly
I will appear 'cause
I'm every woman,
It's all in me


IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'EST
LAURENCE ANYWAYS









LA DUCHESSE DE LANGEAIS

CONCEPTION

MICHEL TREMBLAY : TEXTE
MARIE-HÉLÈNE GENDREAU : MISE EN SCÈNE
CATHERINE CÔTÉ : ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE
KEVEN DUBOIS : ÉCLAIRAGES
KEITH KOUNA : MUSIQUE
ALAN LAKE : CHORÉGRAPHIES
VIRGINIE LECLERC : COSTUMES
JULIE LEVESQUE : SCÉNOGRAPHIE
ÉLÈNE PEARSON : MAQUILLAGES
STÉPHANE BOURGEOIS: PHOTOS DU SPECTACLE




 CRITIQUES & ARTICLE






Félix Dumas
Premier duc du Carnaval de Québec

 Francis Bourgea



La Duchesse de Laurent Paquin dans 
DEMAIN MATIN MONTRÉAL M'ATTEND
Photo: Yves Renaud

Céline Dion et Muriel Millard
(montage: L.Langlois)

Près de la porte du Théâtre PÉRISCOPE 
cet automne
Photo: L.Langlois



Ça, c'est juste juste pour les bons, 
Jacques !

;-)


jeudi 21 novembre 2019

HOPE TOWN: road trip au cœur des plages de silence


Dans le hall d'entrée de LA BORDÉE
HOPE TOWN
Wartin Pantois
Photo: L.Langlois
14 novembre 2019

Lettre à un jeune homme made of beautiful

Cher Olivier/Mathieu,

Jeudi, 14 novembre 2019, sur la route mal pavée des sentiments refoulés dans le plus profond de tes entrailles, tu nous as tous et toutes émus. Par les mots parfois très durs de ta Créatrice, nous sommes parvenus à ressentir tout le mal à l’aise qui t’afflige au cœur même de ta famille biologique. Ta sœur, une fille bien, qui ne peut supporter de t’avoir au loin d’elle, fait tout son possible pour que les liens qui vous unissent ne se délacent jamais les uns des autres. Pas toujours facile de te regarder aller, tu nous as tellement fait penser à plein d’autres comme toi qui préfèrent s’en aller loin des leurs sans dire un mot, sans donner de leurs nouvelles pendant de trop longues années, ceux-là que l’on croit dévorés par les différentes bêtes noires de la forêt gaspésienne ou abitibienne, c’est selon où leur pouce droit les aura menés. Il y avait des reniflements dans la salle, peut-être ne les entendais-tu pas de la scène, mais nous, si. Ton retour au sein des tiens nous a certes émus, mais pas autant que je l’aurais cru. C’est de te sentir mal, pas encore à ta place, ta tête entre le panache et le fusil, la lasagne et le berceau du bébé. Tes concepteurs faisaient semblant eux aussi, comme si de RIEN n’était arrivé durant tes six ans d’absence, comme s’ils devaient enjamber la détresse et le désenchantement de cette longue ballade au cœur de ton silence. Si seulement ils avaient su les dessous de ta pensée, peut-être aurais-tu été capable de les plonger eux aussi dans le plus creux de ta volonté pour y accomplir ta complète libération. On ne saura jamais vraiment comment ton histoire se terminera mais on peut espérer que ton malheur aille s’assoupir parfois entre la Gaspésie et le monde, ailleurs que dans un recoin de l'Abitibi....

Louise xx




Merci à Marie-Hélène Gendreau qui, telle une magicienne, s’est à nouveau servi de sa super baguette de metteure en scène pour nous faire apparaître en pleine lumière les gestes que l’âme humaine lui a dictés autour de ce puissant texte de Pascale Renaud- Hébert. Un texte intelligent, composé de dialogues à couper le souffle avec des interprètes qui sonnaient « so natural »...


Olivier Arteau, encore une fois au-dessus de nos attentes, sait s’envelopper de cette flamme qui n’appartient qu’à lui, a rendu le solide texte de sa « grande sœur » encore plus résistant. Pascale Renaud-Hébert, (Isabelle), qui interprétait celle-ci, lui répliquait, à tort ou à raison, avec toute l’incrédulité qu’une frangine peut ressentir envers son petit frère quand il lui dit qu’il est parti de la maison parce qu’il n’aimait pas la famille dans laquelle ils étaient nés tous deux...


Jean-Sébastien Ouellette (Luc) et Nancy Bernier (Jeanne), composent avec toute l’intégrité possible un excellent duo de parents. Des parents qui ne veulent pas vraiment vous dire comment agir mais…mais…mais…


Jean-Michel Déry, (Francis), le beau-frère policier, mal à l’aise avec toute cette « family affair » complète la distribution; il ose même quitter Isabelle à un moment donné alors qu’il en a carrément marre de ses mensonges « doux-amers qu’elle faits au nom de la sacro-sainte unité familiale. On le suit très bien dans cette situation ambiguë, on aurait peut-être agi de la même façon, mais...mais...mais...



Mais…mais…mais…c'est Noël qui s'en vient bientôt et il faudra fêter ça...en famille, acheter des cadeaux, décorer le foyer, faire un sapin artificiel, manger de la fondue, de la dinde ou du tofu, parce que "all THEY want for Christmas is YOU", cher Olivier...Toi, dans ton coin, tu penseras peut-être à Julien, la silhouette manquante dans le hall de LA BORDÉE, aux bons moments que vous avez partagés...avant qu'il n'aille fracasser les fenêtres du firmament...


Wartin Pantois




Merci à M. Michel Nadeau qui donne l’opportunité à de jeunes auteurs comme Pascale Renaud-Hébert de « résider » à LA BORDÉE pour y créer des histoires qui touchent et rassemblent des hommes et des femmes qui à leur tour s’enroberont de cette humanité qui manquent parfois à leur quotidien. Parce que ces soirées passées entre nous, spectateurs choyés de La Bordée et auteurs talentueux, nous rendent plus résilients face aux chambardements de cette planète en éruption. À la longue, toutes ces œuvres choisies rapporteront gros en expériences humaines pour les Entrepreneurs d’évolution que sont les Participants Actifs des différents Théâtres de la Cité.

Et si je dis que je ne suis pas juste une autre de vos pièces?

What if I say I'm not just another one of your plays?




Et maintenant, UN MOT DE LA MAIRESSE de HOPE TOWN...

C'est avec grande fierté que je vous souhaite la bienvenue à notre nouveau site internet. Le but était de créer un site moderne, attrayant et orienté vers les citoyens.
Hope Town est un village en pleine effervescence où se côtoient dynamisme et esprit communautaire. Un havre de paix pour les familles, le calme et le contact constant avec la nature sont ce qui caractérise le mieux les conditions de vie dans notre magnifique municipalité.

HOPE TOWN
Photo: Andy Carton

Deux plages sont à la disposition des amateurs de plein air qui désirent profiter de la nature. Un sentier pédestre en bordure du Barachois, de même que des routes secondaires où il n'est pas rare d'y apercevoir des chevreuils feront le bonheur des randonneurs et des cyclistes. Les jeunes apprécieront le terrain de jeux situé à l'arrière de la salle municipale.


Une municipalité invitante, un environnement agréable et sécuritaire, une qualité de vie exceptionnelle, et l'hospitalité de ses citoyens, voilà autant de critères qui ne vous feront pas regretter votre choix de vous installer à Hope Town.
Je vous invite donc à découvrir notre village. Nous vous réserverons un accueil des plus chaleureux. Bienvenue chez nous!


HOPE TOWN

Une coproduction de La Bordée et du Collectif du vestiaire
TEXTE : Pascale Renaud-Hébert
MISE EN SCÈNE : Marie-Hélène Gendreau
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE : Émile Beauchemin
DÉCOR : Ariane Sauvé
COSTUMES : Julie Levesque
LUMIÈRES : Félix Bernier Guimond
MUSIQUE : Josué Beaucage
MAQUILLAGE ET COIFFURE : Nathalie J. Simard
PHOTOS DU SPECTACLE : Nicolas-Frank Vachon


L'HERBIER LE BOTANISTE

REPLI ET TURBULENCE 2

L'HERBIER, FEUILLE 5

Avant la pièce, un arrêt primordial à LA GALERIE 3, sur Saint-Vallier E. là où PARYSE MARTIN y exposait ses dernières créations. De toute beauté ! Que de travail, surtout celles de carton. Absolument ravissant...Voici trois de mes préférées. Pour voir toutes les œuvres, cliquez sur le lien:




POUR LE PROCHAIN ROAD TRIP


ON THE ROAD AGAIN

Well, I'm so tired of crying
But I'm out on the road again
I'm on the road again
Well, I'm so tired of crying
But I'm out on the road again
I'm on the road again
I ain't got no woman
Just to call my special friend
You know the first time I traveled
Out in the rain and snow
In the rain and snow
You know the first time I traveled
Out in the rain and snow
In the rain and snow
I didn't have no payroll
Not even no place to go
And my dear mother left me
When I was quite young
When I was quite young
And my dear mother left me
When I was quite young
When I was quite young
She said "Lord, have mercy
On my wicked son"
Take a hint from me, mama
Please don't you cry no more
Don't you cry no more
Take a hint from me, mama
Please don't you cry no more
Don't you cry no more
'Cause it's soon one morning
Down the road I'm going
But I ain't going down
That long old lonesome road
All by myself
But I ain't going down
That long old lonesome road
All by myself
I can't carry you, baby
Gonna carry somebody else






mercredi 20 novembre 2019

DÉVORÉ(S) : du ben drôle de beau bon monde (lait)

Conception de la superbe affiche 
Marie-Renée Bourget Harvey

Ce serait mieux s’il n’avait rien. Comme il y a plus de douleur que de plaisir sur terre, toute satisfaction n’est que transitoire, créant de nouveaux désirs et de nouvelles détresses et l’agonie de l’animal dévoré est plus grande que le plaisir du dévoreur.

Schopenhauer
(in le programme)

A la montée du lait commence l'amour maternel.    

André Gide  
Journal: 1889-1939 (édition 1960)     

La Laitière (De melkmeid)
Johannes Vermeer
1658
huile sur toile
45,5 × 41 cm
Collection Rijksmuseum
Amsterdam


Un oiseau blanc de malheur
L’instinct-fusil pour le tueur
Et les masqués de la terreur
Les vomissures à 100 à l’heure

Des broches dans les clennedaques
Un chien mort dans la marmite
Un trou noir dans le mur
Une balle en plein cœur

Des enfants qui n’ont pas peur ?
Ça dépend de leurs mères parfois…

elquidam



Coyote aux alentours de la maison
Photo: Pierre Charette

Victor Hugo
encre

ALL LOUP WIND
30-10-10
elquidam


Six jours après l’Hallowe’en, c’était encore l’Hallowe’en. Et quelle Hallowe’en ! Jamais l’horreur n’a été aussi ensorcelante qu’en ce soir du 5 novembre 2019. Jean-Denis Beaudoin et Jocelyn Pelletier, les maîtres de cette cérémonie comico-macabre nous en ont mis plein les yeux et… la nappe ! On l’attendait ce DÉVORÉ(S) depuis un bon moment déjà, la pièce ayant été annulée lors de la saison 2017-2018 en raison du retard des travaux au PÉRISCOPE. Je savais qu’avec Jocelyn Pelletier à la barre de la mise en scène que nous serions bientôt envahis par une sorte de frénésie dont je me souviendrais longtemps. Nous étions prêts A. et moi depuis la Nuit des Temps...

L'auteur et comédien Jean-Denis Beaudoin
Photo: Radio-Canada



Dans un splendide décor mortifère, la musique, assez dramatique merci, régnait en ces lieux funestes, elle n’en finissait plus de rendre les lieux non moins lugubres. Les savants éclairages de Jean-François Labbé, virtuose incontestable de la lumière des scènes de Québec, complétaient cette scénographie des plus effroyables. Tel un peintre qui sait comment faire ressortir toutes les nuances d’un tableau, il a révélé les sentiments plus ou moins glauques qui habitent LA BÊTE NOIRE. Il a su rendre au texte de Jean-Denis Beaudoin toute la ferveur de ses petites et grandes noirceurs.


Pour nous mettre dans l’ambiance « ménagère » de cette famille plus ou moins décryptable, quoi de mieux que de s’être installés avec eux dans le Grand Salon du PÉRISCOPE ? Munis de nos télécommandes fantômes et vraiment prêts à tout voir pour que notre famille préférée remporte les 5 millions de beaux dollars. Pour se faire, fallait qu’elle travaille dur, la famille. Qu’elle n’ait pas peur de délier sa langue ou de faire claquer ses mandibules afin d’y dévorer vivants une partie de son inconscient.


Une mère aux longs cheveux mauves, qui en mène assez large dans cette fragile valse de jeunes vampires. Elle a un fils qui file un bien mauvais coton, 100 % hanté par l’esprit de la Cabane. Ils sont entourés d’une gentille fille à la robe rutilante, amie du fils, et de trois autres « joueurs » à l’allure plus ou moins louche. Parmi ces trois, deux amis du fils et le laitier du quartier qui s’avérera l’amant qui délivre le Mal et le Lait, celui qui coule dans les veines noires de sa Destinée. On a peur, on rit jaune, le son de la télé est au boutte. On regarde ça comme si c’était une vraie télé-réalité et on se dit qu’on n’est peut-être pas mieux que ceux-là qui regardent ce genre d’émissions le dimanche soir, des genres de reprogrammés qui se font dégénérer par des petits chaperons rouges et des gars à effet de serres…

Pour Jean-Denis qui s'inspire 
de l'oeuvre de David Lynch

Bravo à TOUTE la distribution spontanée : Lise Castonguay et Hugues Frenette, formidables comme à leur habitude, avec jamais un fil du rasoir qui dépasse de leurs prestations; Jean-Denis Beaudoin, intense et inquiétant comme à chaque fois, Ariane Bellavance-Fafard, étincelante et éloquente dans sa superbe robe rouge, et Dayne Simard, aussi convaincant que dans FROID et LA FILLE QUI S’PROMENAIT AVEC UNE HACHE. Le dernier et non le moindre, Mathieu Richard, que nous ne connaissions pas A. et moi mais que nous avons beaucoup apprécié. C’est lui qui amorçait la pièce, tout seul en avant, collé sur la première rangée de spectateurs qui eux n’ont pas manqué de réagir à quelques-uns des «  éclaboussants » effets spéciaux  ! ;-)



On trouve aussi le mot klondyke que l’on prononce « clennedaque » dans la région montréalaise. Pour cette dernière appellation, Michel Lambert, fondateur du site Cuisine patrimoniale du Québec et auteur de la collection Histoire de la cuisine familiale du Québec, affirme que ce mot vient de la francisation Klondike, cette région du Yukon qui connut entre 1896 et 1899 une ruée vers l'or. La couleur de la tire Sainte-Catherine rappelant celle des pépites d'or trouvées à l'époque. Selon le réseau de diffusion des Archives du Québec, « Au 19e siècle, cette journée de festivités faisait place aux pièces de théâtre montées par les élèves qui jouaient souvent le martyre de sainte Catherine. Ensuite prenaient place les jeux organisés, les chansons et les mascarades. [...] des témoignages laissent croire qu'ils y voyaient une belle source de motivation pour maintenir la discipline jusqu'à cette journée tant attendue où l'école appartient aux écoliers ».




gone are the days of the world we used to know

how many times did we try to save tomorrow

but the tides are a changin' love

spaces that held us once drift away

and all that we have lost

sinks into the past and decays

so i run, but every road is broken

circling around an empty world

i'm stuck inside of my emotions

say goodbye to the world we know

tides pull me out into the open waves

and i won't surrender, love

into the deeper waters and away

don't be afraid, it's never too late

sinking like lonely souls, to the bottom of the ocean

drifting home

you said for all we know, it's already set in motion

as the tides pull me from the shore

deeper into the unknown, i let go

and all…




DÉVORÉ(S)

Compagnie  La Bête noire
Texte et idée originale  Jean-Denis Beaudoin
Mise en scène Jocelyn Pelletier
Assistance à la mise en scène Shanya Lachance Pruneau
Distribution Jean-Denis Beaudoin, Ariane Bellavance-Fafard, Lise Castonguay, Hugues Frenette, Mathieu Richard, Dayne Simard
Décor et lumière Jean-François Labbé
Conception vidéo Keven Dubois
Conception musicale et sonore Christophe Dubé
Concepteur aux effets spéciaux Guillaume Perreault
Costumes et accessoires Virginie Leclerc
Direction artistique Jean-Denis Beaudoin
Direction technique Shanya Lachance Pruneau
Photos du spectacle Maxime Paré-Fortin




MÉDIAS





Mobilier de cabane
Rue Saint-Joseph Est
Photos: L.Langlois
3 octobre 2019



How could I ever think 
it's funny how?