lundi 14 janvier 2019

COMMENT JE SUIS DEVENU MUSULMAN : Ave Allah !




Simon Boudreault, l’auteur de la pièce, qui nous avait donné l’excellent Gloucester en octobre 2016, dans cette même Bordée, a su autant nous dérider que nous faire pleurer. Son histoire, tirée de celle de son mariage « obligé », dérange DRÔLEment, surtout les deux familles concernées. Des familles qui, par leur sens commun de la fête, apporte la joie même en plein milieu de la détresse. Voici d'ailleurs un extrait de quelques quatre minutes qui nous résume assez bien cet échange culturel haut-de-gamme:


La force des mots justes et bons fait apparaître des sentiments qu’on aurait cru tout d’abord plus difficiles. Des scènes divinement orchestrées par l’auteur lui-même nous transporte au cœur même de ces pères et mères qui ne souhaitent qu’une seule chose au fond d’eux : le bonheur de chacun de leurs enfants. On se souviendra longtemps de ce 29 novembre 2018...







Et cette femme, juste en avant de nous, qui s’est soudainement mise à pleurer si fort qu’elle a dû quitter la salle. Le théâtre c’est parfois ça…aussi...Quelque chose d’émouvant, ou de douloureux, qui nous ramène en quelque part, à quelque chose, à quelqu'un, un moment que l’on a vécu intensément un jour...ou un siècle avant…Et comme il n'y a jamais vraiment de hasard, suis tombée le soir même sur ce texte de Patrick Bilodeau, libraire rencontré juste avant la pièce...J'ai eu une pensée pour le Jean-François de la pièce qui venait de subir à peu de mots près le même sort...

Patrick Bilodeau
Libraire chez PANTOUTE

Et comme nous étions invités aux noces de Jean-François et de Mariam, fallait bien qu'on prenne une pose pour l’album de famille ;-), gracieuseté de ATWOOD PHOTOGRAPHIE.



COMMENT JE SUIS DEVENU MUSULMAN

PRODUCTION: Simoniaques Théâtre
TEXTE ET MISE EN SCÈNE: Simon Boudreault
ASSISTANCE M.E.S.: Marilou Huberdeau
DÉCOR: Richard Lacroix
COSTUMES: Suzanne Harel
LUMIÈRES: André Rioux
MUSIQUE: Michel F. Côté
MAQUILLAGES: Florence Cornet
COACH ARABE MAROCAIN: Houda Rihani 
PHOTOS: Patrick Lamarche



BGL


Avant la pièce, un arrêt obligatoire à la GALERIE 3, rue Saint-Vallier E. pour l'expo GRAND ÉCART de BGL. Toujours aussi surprenant !










Photos et vidéos: L.Langlois

BABY SITTER : confettis




Un banquet sans confettis ? 
Aussi sinistre qu’une femme sans poitrine.

Jacques Dutronc

Photo: L.Langlois
20-11-18

Théâtre Périscope, 20 novembre 2018, dans décor qui nous parle avant que la pièce commence, une chambre d’enfant, un divan et quelques mots…viraux. En place donc pour assister à cette nouvelle bataille des sexes sociaux. Un texte original de Catherine Léger, une autrice qui ne manque ni de verve ni de verbe. À voir aller les quatre dynamiques interprètes que sont David Boutin, Steve Laplante, Isabelle Brouillette et Victoria Diamond, on peut dire qu’ils semblaient s’en donner à cœur joie avec cette histoire pour le moins désopilante par moments. Et c’est pas parce qu’on rit plus qu’autre chose durant cette heure et quelques qu’on ne réfléchit pas aux conséquences des mots de trop…



Obsolescence programmée des cœurs, l’amour 2.0, les jeunes couples d’aujourd’hui, avec ou sans enfants, se parlent maintenant autant par textos qu’en face-à-face, leurs désirs se succèdent à la queue-leu-leu des histoires de sexe, ou d’amour, c’est selon. Pour un oui, un non ou des si peut-être, ils se chicanent, se déchirent, se séparent, s’entretuent même. L’homme rosit, la femme bleuit ? Pas ces temps-ci en tout cas. Ils sont plutôt colorés du gris, noir et blanc d’une mode qu'on appelle non genrée...


Ils se confrontent après s’être langoureusement enlacés, ils se disent des mots qu’ils ne regrettent plus, ils font leurs valises en vitesse pour le Sud, pour faire comme tout le monde,  ils s’envolent de leurs cages dorées, ou rouillées, ils déménagent leurs sentiments d’appartement, et ils croient tellement au changement. Mais c’est quand la bonniche s’en mêle que tout se démêle…

Victoria Diamond






Photos: THÉÂTRE CATFIGHT

BABY SITTER

Texte et idée originale 
Catherine Léger
Mise en scène
Philippe Lambert
Décor et costumes 
Elen Ewing
Lumières
Étienne Boucher
Conception sonore 
Benoît Côté
Compagnie
Théâtre Catfight 
Distribution
Isabelle Brouillette
Victoria Diamond
François-Xavier Dufour
Steve Laplante

CRITIQUE





vendredi 4 janvier 2019

THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI : far away dans le cauchemar





«Gaston me parle au coeur. Il me ramène à l’enfance, à la poésie, à la grâce. Il veut me pousser au bout de la générosité. Et c’est un retour vers l’âme, une émotion cruelle, sauvage, violente comme l’amour et comme le théâtre, quand il a la prétention de se faire grand.»
Jean-Louis Millette
VOIR, 25 février 1999


Jeudi 15 novembre 2018


Les grenouilles gèlent au pays du partisan de la déconfiture. Que des miettes de mots pour les oiseaux de passage. Le combat des couleurs sombres recommence avec la tombée de la nuit des longs couteaux. En parlant la langue du Dominant, Gaston Talbot est revenu nous hanter de son Chicoutimi natal. Speak WHITE and please, KEEP IN TOUCH.

LE SEUIL DES FROIDURES

Illustration: L.Langlois
15-11-18

BLIND TRUST



NOVEMBER, THE 15TH, 2018

Nothing is better than a story from here. And for that it takes someone who's speaking our langage. Larry Tremblay is a genius. Nothing less. And Jack Robitaille, aka Gaston Talbot, was simply delightful ! His performance brought us in the nightmare of the country. His mother, played by the brilliant Sarah Villeneuve-Desjardins, who's also a wonderful singer, was definitively more than a secondary role. That's the magic of theatre.Thank you to the director Patric Saucier and La Bordée to have remix this piece of anthology of our dramaturgy. Even if A. is not a bilingual he appreciated the show. ;-) 

Photos: LA BORDÉE


TEXTE : Larry Tremblay
MISE EN SCÈNE : Patric Saucier
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE : Edwige Morin
DÉCOR : Vanessa Cadrin
COSTUMES : Dominique Giguère
LUMIÈRES ET VIDÉO : Keven Dubois
MUSIQUE : Emilie Clepper



Photo: L.Langlois
15 novembre 2018


J'ATTENDRAI

Les fleurs palissent
Le feu s'éteint

L'ombre se glisse

Dans le jardin

L'horloge tisse

Des sons très las

Je crois entendre ton pas

Le vent m'apporte
Des bruits lointains
Guettant ma porte
J'écoute en vain
Helas, plus rien
Plus rien ne vient





So if you hear that sound
I'm talking 'bout
When you know he's near
And your time's run out
Well don't you feel there's nothin'
That you can say
'Cause he will come and take you to that special place
He'll take you there
He'll take you there

DRAGONFLY




LA DÉTRESSE ET L’ENCHANTEMENT: avec les compliments de l'autrice






Elle s’assit au bord du trottoir. Je pris place à ses côtés et, sortant les livres, je les disposai entre nous deux. Sans hésiter, elle choisit la route d’Altamont, un recueil de nouvelles de madame Gabrielle Roy.

Jacques Poulin
L’anglais n’est pas une langue magique

Mercredi 14 novembre, au Théâtre du Trident, c'est l'heure de LA DÉTRESSE ET L’ENCHANTEMENT, monument posthume de Gabrielle Roy. De la fumée de poussière de la ville au bord du Fleuve, en passant par les rues francophones de St-Boniface, la vie de la petite fille qui rêvait grand…

https://maisongabrielleroy.mb.ca/fr/the-house/historique/

Marie-Thérèse Fortin, interprète "appropriée" pour ce solo qui demande beaucoup de mémoire, était toute en beauté, et d’âme et de corps. Ce rôle à la mesure de son talent lui a probablement donné l’envergure pour en incarner plusieurs autres. La vaporeuse mise en scène d’Olivier Kemeid, assisté de Catherine La Frenière, dévoile une partie de la sensibilité de cette femme que je ne connaissais pas vraiment. La vaste scène du Trident a donné de l’ampleur aux mots de l’autrice retrouvée…






TEXTE DE GABRIELLE ROY
MONTAGE DRAMATURGIQUE DE MARIE-THÉRÈSE FORTIN ET OLIVIER KEMEID
MISE EN SCÈNE D'OLIVIER KEMEID
EN COPRODUCTION AVEC LE THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE ET TROIS TRISTES TIGRES

CONCEPTION

VIDÉO: LIONEL ARNOULD 
SCÉNOGRAPHIE: VÉRONIQUE BERTRAND 
ÉCLAIRAGES: ETIENNE BOUCHER 
MUSIQUE: STÉPHANE CARON 
MOUVEMENT: ESTELLE CLARETON 
MAQUILLAGES: FLORENCE CORNET 
ASSISTANTE À LA MISE EN SCÈNE: CATHERINE LA FRENIÈRE 
COSTUMES: VIRGINIE LECLERC 
ACCESSOIRES: ERICA SCHMITZ 
PHOTOS: STÉPHANE BOURGEOIS







DIALOGUE DES CARMÉLITES : La fin de la récréation


Affiche : Annie-Isabelle Paquet

Le 20 octobre dernier, au Théâtre du Conservatoire d’art dramatique de Québec, dans un silence rempli d’Histoire et de Terreur, avait lieu le puissant DIALOGUE DES CARMÉLITES de Georges Bernanos. Dans une superbe mise en scène signée Lorraine Côté, nous avons pu ainsi voyager au cœur saignant de la Révolution française.


Décret de l'Assemblée national [sic] qui supprime les ordres religieux et religieuses. Le mardi 16 février 1790. Caricature anonyme de 1790. « Que ce jour est heureux, mes sœurs. Oui, les doux noms de mère et d'épouse est bien préférable à celui de nonne, il vous rend tous les droits de la nature ainsi qu'à nous. »

Par l’entremise de la troupe des jeunes finissants de 3e année en jeu et scénographie : Gaïa Cherrat Naghshi, Marie Dion-Garneau, Natalie Fontalvo, Noémie F. Savoie, Odile Gagné-Roy, Marie-Ève Lussier, Maureen Roberge, David Boily, Samuel La Rochelle et William Savoie. Pour compléter cette brillante distribution : Stéphanelle Auger, Charles-Antoine Brochu et Laurent Marion, élèves de 2e année en  jeu. Sans oublier les conceptrices : Ariane Bilodeau aux sublimes décors, Jeanne Huguenin aux nobles costumes, Delphine Gagné aux accessoires et Annie-Isabelle Paquet à l’éclairage et conception de l’affiche. Un ensemble parfait qui n’a pas fini de faire ses preuves puisque nous les avons retrouvés quelques semaines plus tard avec l’époustouflant LYSISTRATA. J’y reviendrai  plus tard.

Exécution des Carmélites, 
vitrail de l'église Notre-Dame-du Mont Carmel 
de Quidenham Angleterre


Cette vie de Carmélite, composée du silence divin imposé, mais heureusement truffé de conversations plus ou moins profondes, résonne encore dans les jours sombres de notre poids lourd de 21e siècle. Vivre le quotidien quelque peu angoissant des seize futures condamnées à la guillotine, avec la peur de la mort imminente amalgamée à la sérénité de leur foi, aura fait naître la lumière nécessaire pour passer à travers la froideur des ténèbres de ce funeste 17 JUILLET 1794....SALVE REGINA....







Bande-annonce: 





Reproduction d'une aquarelle 
peinte par une carmélite.
 Illustration extraite de Louis David (o.s.b.), 
Les Seize Carmélites de Compiègne, [1906].