mercredi 25 janvier 2012

ANNETTE: Star on ice ou le coeur à la bonne place

 © OFQ
Auteur: MM. N. Bazin et A. Readman
Commanditaire: Office du Film du Québec
Commanditaire: Office du Film du Québec
Référence: Archives nationales du Québec, à Québec Fonds E6, S7, 507-57
Responsable: Stéphane Fontaine
Numéro d'image: 2200

« C’est facile de chanter Limoilou, tu sais, Sylvain Lelièvre l’a fait. Parce que c’est beau,  c’est un peu  dramatique, c’est vraiment très inspirant » *
Anne-Marie Olivier

« ON A TELLEMENT PEUR D’AVOIR PEUR »
Sylvain Lelièvre
VENIR AU MONDE

Du défilé du Carnaval au bord du confessionnal, Annette/Ghislaine Rochette trouve toujours des moyennes solutions…
Une autre petite veine qui éclate dans une tête…un avc tricoté serré, un texte sans caviardage d’Anne-Marie Olivier qui touche droit au ventre…l'histoire d'une vie qui bat sous le sourire du soleil de Limoilou…l’impression de s’être retrouvé en plein 1980, au lendemain d'un scrutin d'illusions...finir par se dire enfin OUI…


UNE MAILLE  l’ENDROIT, UNE MAILLE À L’ENVERS
UNE MAILLE À L’ENDROIT, UNE MAILLE DE TRAVERS

 http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=xE_45_jtaF8

En Europe les aurores polaires créent une réaction de peur. En effet il arrive qu'elles prennent des teintes rouges. Cette couleur étant associée au sang, ce type d'aurore polaire présageait une catastrophe. C'est cette même teinte qui est responsable du fait que les Esquimaux de l'est du Groenland croient que les aurores polaires sont l'âme d'enfants mort-nés. Les Esquimaux vivant sur la partie sud de la rivière Yukon croyaient que les aurores polaires étaient la danse des esprits de certains animaux, particulièrement les saumons, les rennes, les phoques et les bélugas.

Source WIKIPEDIA

En cette avant-veille du Carnaval de Québec, avant d'aller voir THÉRÈSE ET PIERRETTE...






photo: Le Soleil, Laetitia Deconinck


ANNETTE, un foisonnement de sentiments dans une forêt urbaine remplie de sève d’érables...une lame d’argent sous la peau de roses fanées...des aiguilles à tricoter dans le ventre d'une adorée...de l’amour inconditionnel pour une brosse à dents retrouvée près des étoiles...les bras bleus d'une rivière qui enlacent le coeur d'un fleuve au milieu d'un océan de sang…un bruit grinçant de corde à linge séchant au soleil couchant de Limoilou…un chuchotement fait au vent délinquant…un tour de notre si petit monde en CCM...de l’amour à bras raccourcis pour un pays qui lentement se bâtit...qui finira, on l'espère bien, par advenir... un beau jour..

ANNETTE, c'est l'immensité d'une toute petite heure et cinq minutes, une histoire racontée sous la pleine lune du parc Cartier-Brébeuf, une nouvelle fin de partie jouée sur une patinoire créée directement de l'imaginaire de l'Auteure, avec deux joueurs d’avant exceptionnels. ANNETTE, c'est la petite fille aux allumettes de Limoilou qui a grandi  au coeur de la Cité avec comme trame sonore LE CHUCHOTEMENT D’UNE MÈRE DANS LE CREUX DE L’OREILLE D’UNE VACHE…

ANNETTE, c'est le goût du givre, le goût de vivre et celui d'une bonne crème glacée...

Anne-Marie Olivier est une pure passionnée, une engagée, une magicienne, une auteure qui parle vrai. C'est aussi une jeune mère de famille, elle me l'a chaleureusement appris le 10 janvier dernier alors que nous étions côte à côte pour témoigner de ce somptueux SEPSIS du tout aussi engagé Christian Lapointe. Cette voix, unique propriétaire de toutes les variations de tons possibles, a le don rare d'y faire circuler des émotions qui touchent à la fine fleur de nos peaux de spectateurs satisfaits. Que le ton monte, descende, rauque, chuchote ou feule, c’est selon la gravité du moment, il image parfaitement à chaque nanosecondes les gestes qui vont et font avec, il sculpte les grands soirs de l'âme en peine comme les petits matins au coeur rempli de mains...

ANNETTE, une source lumilaineuse émergeant d’une ruelle dont je ne suis pas prête d'en oublier la couleur bleutée. Avec toute cette glace étendue sur les rues et trottoirs de Québec aujourd’hui, je n'ai pas peur d’écrire que ce n'est pas là que je suis tombée sur le cul, mais sur l'une des quelques deux cents chaises du Théâtre PÉRISCOPE. Tel un vent solaire, ANNETTE est passée dans nos vies le temps d'en admirer les retombées électriques qui pleuvaient sur nous, inspectateurs présents  ici ce soir.

lI y avait des rimes, du rire, du drame, de la colère, tout le charme de sa poésie. On détectait  bien le son de sa pensée profonde, du pas peur de dire, du pas peur de dénoncer, du pas peur de grandir, du pas peur d’être « qui je suis ». Mais il reste encore beaucoup à faire pour arriver au bout de notre espoir. Encore beaucoup de travail à créer et de pièces de théâtre à voir pour nos petits et arrière-petits-enfants…

La balle de laine rouge géante, utérus pour sans abri, piscine chauffée; au creux du ventre gonflé de nos mères accouchantes, antre d'entre les antres, celui de la rivière de sang qui nous unit à elles…et au vent et aux étoiles…ANNETTE faite enfant un soir de SAINT-JEAN, fille et femme, qui aimait aller droit au devant de son pays, là où son CCM voulait qu'elle s'arrête pour poursuivre sa course bien au-delà de son rêve...

« OÙ EST ALLÉ TOUT CE MONDE QUI AVAIT QUEQUE CHOSE À RACONTER ? »

http://www.youtube.com/watch?v=KkDNsKPLXaM



P.S. Pour gagner ses épaulettes, Annette ne patine jamais  sur la bottine !
P.P.S.: Au retour de la pièce, un beau petit hasard: un pot vide de cornichons BICK'S à l'aneth traînait sur le comptoir de ma cuisine. ;-)
P.P.P.S: Pour " revoir " ANNETTE, le texte sera bientôt publié chez DRAMATURGES ÉDITEURS.



photo: l.l.

« QUAND ON PERDAIT L’ARBITRE ÉTAIT TOUJOURS VENDU »

La partie de hockey
Sylvain Lelièvre

«C'ÉTAIT LE TEMPS DE S'ENVOLER DES VILLES MORTES »

Le tricot
Syvain Lelièvre

Chansons retrouvées Sylvain Lelièvre





QU'ATTENDONS-NOUS DONC POUR COUPER LE CORDON ?

1954



vendredi 20 janvier 2012

FIN DE PARTIE: La poésie des Signifiés


photos: Nicolas Tondreau
http://ntphotographe.wordpress.com/




Jeudi le 19 janvier,
Mon cher Clov,
Je ne sais pas si tu as finalement quitté Hamm. J’ose imaginer que oui, et non. La retenue avec laquelle tu as joué ta FIN DE PARTIE m’a bouleversée. Tellement de mots…d'entre les mots...

Comme une bombe sale qui éclabousse tous les jours de nos allées et venues; de la cuisine au salon, du salon à la cuisine, des poubelles à l’évier, de la toilette à la chambre à coucher. Et ces pieds bien enveloppés dans des babouches à bon marché, qui se traînent inlassablement sur les sols gelés et poussiéreux de nos vieux prélarts craquelés, nos jambes qui nous font mal, nos yeux qui baissent à vue d’œil, qui ne lorgnent plus que la lumière grise d’un ciel de béton désarmé, notre oreille moyenne qui n’entend plus guère que les petits sons provenant d'un étrange nulle part, nos lavages de cerveaux et de linge sale en famille, nos piteux visages pâles qui ne retrouvent plus leurs anciennes amours, notre obéissance aux ordres du grand désordre, nos langues roses qui suçotent la fadeur d’un biscuit vert, nos ventres plats ou gras qui ont le mal de mère, nos cœurs dans la tête, la petite veine qui s’éclate de rire sous le regard des fous de solitude, le brouhaha des âmes mortes…



L’obéissance, la tyrannie, l’abandon. La terre, la mer, la forêt. Du sable au fond des poubelles. Du vide pour les fenêtres. Un chien à trois pattes. Un escabeau. Un décor lugubre illuminé par la présence des derniers hommes. Une issue sans faim hors du solage gris.



La scène finale de ton grand départ m’a particulièrement émue: ce changement de manteau, la blancheur de ton chapeau, ton attente dans le noir. Ton silence. Mais qu'y avait-il donc dans cette valise pour que Beckett te la laisse prendre ? Quelques livres de liberté ? Le dernier once upon a time de la fin de l'humanité ? Un paquet de feuilles à jaunir ?
Voilà, mon cher Clov, ce que j’avais envie de t’écrire en ce soir glacial du 19 janvier 2012, quelques 55  ans après la création de ton attachant personnage. Merci à Hugues Frenette de t'avoir rendu aussi vrai et émotif que l’impossible. L’heure cinquante que nous avons passé en ta renversante compagnie restera gravée dans ma mémoire active pour encore très longtemps j’espère, autant, sinon plus, que sa mirifique interprétation de Donatien Marcassilar dans L’ASILE DE LA PURETÉ.

C’est toujours un réel plaisir de venir à la rencontre de l'Artiste, de le voir s’exécuter dans un parcours pratiquement sans faute pour un parterre pas toujours prêt à le recevoir, et d'ainsi apprécier le talent de Beckett, un auteur associé au théâtre de l’absurde, qui le frôle et le dissèque. 
Sur ces mots sans véritable fin, ne sachant plus trop quoi te dire, bah je te quitte. Et à...HIER !
FIN DE PARTIE

Texte Samuel Beckett
Mise en scène Lorraine Côté

DISTRIBUTION
Hugues Frenette CLOV
Jacques Leblanc HAMM
Roland Lepage NAGG
Paule Savard NELL


CONCEPTION
Caroline Martin assistance à la mise en scène
Christian Fontaine décor
Virginie Leclerc costumes
Lucie Bazzo éclairages
Marc Vallée musique


vendredi 13 janvier 2012

SEPSIS: Voyage au pays des six morts

Œuvre de Sophie Jodoin de la série Into the world of shades





Je vis la mort chaque jour
Je rêve la vie chaque nuit
Et parler de soi, c’est tellement à la mode
Les autres c’est passé date

- Sepsis -
Christian Lapointe




Contente d'être arrivée à temps pour mourir 55 minutes d'entre les morts
Pour contempler les ombres éblouissantes des néons de la morgue Lapointe 
Pour vivre les couleurs de la surbrillance des âmes  à+2 C/+4C
Pour être au bord du fin fond d'un dortoir éternel
Pour entendre les corps parler
Pour voir le silence hurler

SEPSIS

Là où les brûlures fondent
où les lèvres éclatent
où un chien meurt gelé à -40 C
L'étiolement des yeux tout le tour de la scène
la musique du gouffre
l'éclairage du noir
les yeux fermés
les bras enveloppés
dans les housses refermables
du temps mort

Au-delà de la disparition
la captation des ondes flottantes
Au centre de la douleur
la forme de la non explication

Le cycle qui se referme
sur une scène multi pliable



crédit photo: Yvan Turcotte

Le 10 janvier 2012
le soir où nous nous sommes
décomposés.

Elquidam

****


L'Inconnue de la Seine
 found image (from: Das ewige Antlitz), 2010, 23.8 x 32.8 cm


SEPSIS

Une production du Théâtre Péril en coproduction avec Recto-Verso
Équipe de création

Texte, mise en scène et musique / Christian Lapointe
Assistance à la mise en scène et régie / Alexandra Sutto
Scénographie / Jean-François Labbé
Lumière / Martin Sirois

Interprètes

Sylvio Arriola             
Joanie Lehoux
Israël Gamache          

Jocelyn Pelletier
Rachel Graton           

Eric Robidoux

Équipe de production

Direction de production / Mateo Thébaudeau -
Productions Recto-Verso
Communications et relations de presse / Marie-Ève Charlebois,
Communications Sira ba
Développement des publics / Geneviève Fortin R
Image / happycrimes de la série into the world of shades www.sophiejodoin.com
Graphisme / Denis Landry Contraste
Photos / Yan Turcotte
Site Internet / Sylvain Blondeau
Direction administrative / Jeannine Beaudoin

extrait sonore et littéraire ANKY OU LA FUITE/OPÉRA DU DÉSORDRE

http://www.youtube.com/watch?v=z1rBf-9PPAQ&feature=related


- C'est l'authenticité qui nous brûle
- Qui t'obsède
- Reviens témoigner d'au loin d'où s'effondrent
- Condamné à vivre
- Les empires
- Une correction
- Nous écorchés
- Témoigner de notre chagrin
- Au son de nos erreurs
- Nous qui dansons
- L'aveuglement veut en finir
- Nous demandons l'Euthanasie
- Cette beauté que je déteste
- Ai-je été enfant ?
- Quittons cette scène et ces gradins le coeur torturé
- Je ne me souviens pas
- Fuyons le pire laissant les funambules
- Toi ?
- Se pendre dans le ciel sous les néons
- Été quoi ?

p. 35-36
Christian Lapointe
Éditions LES HERBES ROUGES


dimanche 25 décembre 2011

DU RECOMMENCEMENT À LA FIN; de ce qui en reste



We live in a time where we get fed the same idea
Like junkies addicted to information
and ya go to a new place and you never get anywhere
and I already finished before you begun

NOUS N’AVONS PAS, NOUS SOMMES

JANVIER

En ce début de l’an 2011, via l’un des réseaux sociaux les plus utilisés de notre petite planète bleue verte, les fantômes de Trans-Canada Musique Service s'activent pour la période du temps des Fêtes, ils tentent de reprendre du… service après quelques 35 ans de vies communes…À Wendake, cet été, le 14 juillet, il y aura LA TEMPÊTE d’un certain William Shakespeare et c’est nul autre que Robert Lepage qui la mettra en scène, à l’extérieur, dans les bras de la nuit du plein coeur de l'été…LE DISCOURS DU ROI avec un futur oscarisé : Colin Firth; un film admirablement bien dirigé par Tom Hooper…Une de ces superbes journées ensoleillées pour LA FACE CACHÉE DE LA LUNE; la lecture de mon texte sur L'ASILE DE LA PURETÉ par Gill Champagne, directeur artistique du Trident, tout juste avant la représentation; une performance tout à fait remarquable d’Yves Jacques…Floconnade de janvier pour le rêve de juillet prochain…L'INCENDIE de Wajdi Mouawad, tournée par Denis Villeneuve, joué par un casting extraordinaire dont... Abdelghafour Elaaziz, le magnifique bourreau…aux petits pieds...KUPIPIK (DOIKIPU) de et avec Nicolas-Frank Vachon et Catherine Dorion; du rire bleu-blanc-rouge, la folie pure d’un acte de révolution…LE LABYRINTHE DE PAN, avec l’énigmatique Sergi LópezPOUR UN INSTANT, LA LIBERTÉ, l’Iran des réfugiés; le cygne bouffé par la faim…L’ÉGYPTE de Moubarak entre en révolution….



FÉVRIER

LE LIBRAIRE, de Gérard Bessette, enfin dans ma bibliothèque; ce roman éclairant, publié en 1960, dont VLB nous a tant parlé...TOLSTOÏ en vedette dans le Magazine Littéraire…Le ROMÉO ET JULIETTE d'Olivier Lépine; toute cette neige qui tombe à la fin; une belle tempête d'émotions...Et le record de non précipitation pour un mois de janvier…19-2, réalisée par Podz; de la vraie télé…en réalité…Le Proche-Orient qui prend feu…L’œuvre poétique de Bernard Delvaille à la Table Ronde:
Une nuit
Dans le lourd parfum des orangers
Apte aux aveux
Abandonner une aventure
Pour une autre
Ou bien prendre pour une transcription diaprée
Les sacrifices qui t’incombent
Je n’y crois pas
Non plus qu’aux tendresses fugitives.

(page 229)

SÉRAPHINE, avec la magnifique et géniale Yolande MoreauSamuel Matteau, réalisateur, découvert via son père batteur, en compagnie d’un ami de celui-ci…Après la Tunisie et l’Égypte, L’ALIBI DU TRÈS POLI; une (r)évolution de plus sur la mappe du monde...BEOWOLF en 2-D, du cinéma panoramique...La sacoche oubliée au Panetier…Le CYCLOÏD E des frères Decosterd, 25 minutes hors-terre…Zimoun et le bruit de la pluie dans le noir…Les succulents shish taouk de CHEZ BACHIRPOUR NE PAS MOURIR au MNBA; des cellules de papier pour tête éclatée; de la luminosité pour nos ténèbres; Sylvio Arriola dans sa pleine splendeur; la rencontre rouge feu de l'historienne de l'art Luce Raymond; la musique sensorielle d’Érick D’Orion; une conception originale d’Hanna Abd El Nour; une œuvre en marche vers le vrai monde; une révolution en parallèle…NOUS ALLONS AU THÉÂTRE POUR PARTAGER DES MOMENTS PRIVILÉGIÉS AVEC LES ARTISANS QUI LE CONÇOIVENT ET LE BÂTISSENT PETIT À PETIT…LE MONDE EST TELLEMENT PETIT À QUÉBEC QU'IL FINIT PAR S'AGRANDIR...






MARS

Le renversant BREIZH de WHO ARE YOU, un groupe made in Québec, et la réalisation video d’un certain Samuel Matteau...

http://www.youtube.com/watch?v=l3yubnEqCDs&feature=related

Le 6:30 du PROJET UN, avec un Jean-Pierre Cloutier des plus hot…Nos tempêtes de mars; le puissant séisme du Japon; et le non moins ravageur tsunami qui s’en est suivi; le nucléaire frappé à la tête…et la Terre entière qui tremble devant la RADIO-ACTIVITY, découverte de Madame Curie...


AU CŒUR DE L’ART, L'HOMME

Le tremplin du bonheur du Train de Nuit, celui de brûler les planches d'un théâtre en compagnie de sa bien-aimée…TEMPS, de Wajdi Mouawad, avec son vent, ses rats, son inceste, et surtout son mur…DES HOMMES ET DES DIEUX avec le so beautiful Farid LarbiUN PROPHÈTE de Jacques Audiard; la poignante interprétation du jeune Tahir RahimBEAUTIFUL, d’Innaritú; pour voir de plus près la face cachée d'une Barcelone glauque et superbe; avec le toujours aussi majestueux Javier BardemSPRINGTIME DE L'EAU SUCRÉE QUI COULE DES ARBRES, DÉGELÉS LE JOUR CONGELÉS LA NUIT...NOOSPHÈRE, de la low nourriture without meat dans un décor zen; bon pour le moral...Et un autre 300 millions $ pour une autre élection…Les dernières extases des 3600 secondes du Marc Labrèche et de sa bande…LA MÉLODIE ENTRE LA VIE ET LA MORT, du toujours de mieux en mieux Jocelyn Pelletier, pour SA direction, SES mots et l’environnement sonore de Millimetrik:


AVRIL



CE QUI RESTE
Denis-F. Doyon

Des mots d’espoir pour le Coyote

TOUJOURS AU LARGE DE QUELQU’UN;
SON ÂME DÉDOUBLÉE D’OMBRES
SUR LE FLEUVE FLOTTANT
DES GLACES D’AVRIL

Mariama, au Burkina Faso; les coups de fusil des contestataires des longues nuits noires; la peur…Le retour au bercail du fil prodigue…Le cul ben assis au gouvernement de Charest pour un petit 11 semaines de contrat…Une soirée au GTQ pour la prochaine saison femelle du Trident…L’affaire Cantat-Mouawad; Wajdi qui se fait brasser la cage par un incertain milieu…Les livres ouverts de Guy Laramée chez Lacerte

http://www.fubiz.net/2011/12/29/carved-book/


Pâques à NDM en plein dans la neige d’avril…




Sur le chemin du retour, tout le long de la 40: chevreuils, bernaches, oies; du printemps dans l'air…Quelques mots à Robert Lepage et Kevin McCoy dans la petite galerie du GTQ, juste avant la représentation de L'OPÉRA DE QUAT’SOUS du génie Genest; 180 secondes d’extase…Le camion à tout faire du Populus Mordicus, Mack the Knife, Jenny, Jack and Lucy, et Jean-Sébastien Ouellette, l’Indéniable; vraiment pas assez de deux yeux pour tout voir…LE DRAGON BLEU de Lepage en B.D., sous les traits lumineux de Fred Jourdain




ROBERT DESNOS QUI SE PROMÈNE DANS LA 54, AU CREUX DE MON SAC; un autre de ces génies anciens qui vit encore dans nos pensées et certaines de nos bonnes bouquineries…Le décès de Pierre Gauvreau; Claude, qui a dû avoir de la visite…L’amitié des poètes Alain Larose et Jean Coulombe qui œuvrent sur CLS Poésie, une source intarissable où s’abreuver de mots francs, un blogue peuplé d’images palpables…Une soirée des plus gay: un souper partage à l’Hôtel des Nations; du cerf rouge et du saumon de l'Atlantique pour les amis et parents de A. et C.; la p’tite grenouille de Frank, et le rire pétillant de la jeune nonagénaire qu'est ma tante Bernadette…

MAI

La Montérégie de Simon G. sous les flots débordants d'un printemps tardif; la Richelieu qui sort de son lit défait; des inondés qui pleurent la disparition prématurée de leurs maisons…La mort subite de Ben Laden, tirée à bout portant…par les chevaux de la guerre au terrorisme…L’agent orange du NPD de Jack qui arrose le Québec presque au complet; le Bloc québécois, et Gilles Duceppe, pratiquement relégués aux oubliettes...UNE SAISON AU CŒUR DE LA REINE du poète Yves Boisvert et MONSIEUR BRETCH ET LE SUCCÈS, de Gonçalo M. Tavares, deux auteurs découverts avec la complicité du jeune libraire poète Christian Girard

Libres éperdus dans les brumes pendues aux montagnes
Entre les chiens de garde et les coyotes faméliques et grichus
Les chevreuils se jettent sur le transport scolaire

Les poètes nagent en pleine géographie comme d'autres
se noient dans les paysages

Yves Boisvert (p.16)

La toujours jeune voix de l'auteur Patrick Brisebois sur les ondes de Radio-Canada, qui nous parle de son TRÉPANÉS, version améliorée…Le HIBOU ROC de Riopelle à la galerie Michel Guimont; juste du frais, juste du vrai…Le photogénique CE QU’IL FAUT POUR VIVRE de Benoît Pilon, avec le naturel Natar Ungalaaq; pour s'enfermer dans le dortoir de neige de la ville de Québec...Les 33 planches des MILLE ANONYMES de Daniel Danis; l’éloge de la lente heure, la beauté des acteurs, le talent de l’auteur…OÙ TU VAS QUAND TU DORS EN MARCHANT 3ème édition; la Cité parcourue sous un autre de ses angles cachés; un splendide bain de foule pour côtoyer l’Humanité retrouvée; une piscine municipale remplie de jeunesse; ses cris dans la nuit; du bruit; de la vie !...Le décès de Lady Alys, la reine des cabarets de minuit….Le départ semi prématuré de Yoav Talmi, chef de l’OSQMILLENUM en neuf parties; la Suède crue, dark et osée de feu Stieg Larsson...




JUIN

L’assiette de saumon bien garnie de LA CRÊPE CELTIQUE, avalée dans le calme olympien de la super vue sur les Laurentides…L’EXISTOIRE de Richard Desjardins; des textes d’une beauté légendaire…Le doublé du 3 juin:  STRIPTEASE de et avec Céline (Millia-Baumgartner); la danse charnelle autour de son ami le poteau; une surprenante envolée...puis LA NUIT JUSTE AVANT LES FORÊTS, de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Brigitte Haentje, avec l’inoubliable et charismatique Sébastien Ricard, loulou français dans le coin du garage Bérubé; et à mes côtés, un spectateur accaparé, le non moins talentueux Nicola-Frank VachonLE BONNET D'ÂNE de la rue St-Jean avec May K.; pour encore s'empiffrer d'un de ces parfaits délices québécois, en l'occurence un copieux sandwich au fromage LA SAUVAGINE et beurre de pommes...À travers le vert amoureux de juin, la dévalement tranquille de la Côte-de-la-Négresse



...pour aboutir sur la rue St-Joseph afin d'assister, en direct du Japon, au  CINQ JOURS EN MARS de Toshiki Okada; pour entendre le rire jaune de la jeunesse nippone; pour faire l’amour dans un love hotel en pleine attaque des américains en Irak en mars 2003; pour lire une traduction sous-titrée; pour réaliser une expérience théâtrale hors du commun, comme le Carrefour International aime nous en faire vivre...


…L’éclatement du CABARET GAINSBOURG; l’art de Martin Genest au bout de mes surprises; un renversement complet; une boule d’émotion au fond de la gorge de l’homme à la tête de chou; la satisfaction du Spectateur...La mort du poète pianiste Claude Léveillée, l’une des étoiles de ce mémorable une fois cinq…Le deuxième album CD de Loco Locasss; de quoi réveiller les morts, et plus…Bernard Adamus, avec son beau grand BRUN LA COULEUR DE L’AMOUR; du cru, du cul, du pus, du jus; toute la beauté du ravage de l'amour, accompagnée du tourment des roses pour leurs épines…Émile, le petit-fils du grand V, étudiant en théâtre; rencontré à la représentation d’IMAGINATION DU MONDE, là où toutes les surprenances étaient réunies sous le toit un jour béni de l’église Saint-Cœur-de-Marie; encore une performance hors normes du théâtre de l'URD ce, du début à la fin…




JUILLET


La guerre de récession aux USA…OCCUPY É VOUS DONC DE VOS OIGNONS POUR QUE NOS MAISONS RESTENT À LA MÊME PLACE...UN PETIT MULOT AGONISANT LE LONG DE NOTRE SOLAGE DE MAISON; J.K. LE RÉCUPÈRE ET PUIS L'ABRITE DANS L’IGLOO DE NOS EX HAMSTERS; MAIS AU MATIN, IL N’Y ÉTAIT PLUS…La visite royale de Kate et Will en nos murs de pierres prisonnières d'un Canada de plus en plus monarshist; l'acclamation du bon peuple devant les jeunes sourires; et la propagande des « méchants séparatisses »...




Invocation et table d'hôte à LA SAGAMITÉ; TEMPÊTE À WENDAKE; éclairs, tonnerres, acrobaties; Ariel et Prospéro, Miranda et Ferdinand; la forêt enchantée de la Kabir Kouba, encore plus profonde qu’à l’accoutumée; Frédérick Bouffard, Nicolas Létourneau et Jean Guy sur la terre de nos espérances; Shakespeare et Lepage ensemble sous la lune presque pleine du 14 juillet…LA SEMAINE DERNIÈRE, ASSISE SUR UN BANC DE LA RUE CARTIER, EN FACE DE CHEZ SILLONS LE DISQUAIRE, AVEC RÉAL; PARLÉ DE CINÉMA, DE BAD LUCK ET DU MONDE 2.0. IL FAISAIT BEAU, IL FAISAIT HOT; ÇA NE NOUS A PRIS QUE QUELQUES MINUTES POUR QU’IL NE NOUS SUFFISE DE PRESQUE RIEN



La Couronne d’épine sur la tête de deux petits anges qui aimaient tendrement leur père qui, par sa grande folie passagère, les avait lâchement assassinés…Une folie semblable à celle du tueur d’Oslo et d’Utoya, là où une image ne valait plus aucun mot…La hausse du prix de l'essence à la pompe pour essayer de PRENDRE SON GAZ ÉGAL...Les 40 ans ans " raisonnés "du Chacal ténébreux...




AOÛT

Par la poste, du coeur du Québec, le recueil LA LANGUE EST MON PAYS, du poète blogueur Jean-Marc La Frenière...

La langue est mon pays. J’habiterai toujours dans la courbe du chant, l’alphabet du vivant, l’énoncé lapidaire, la toison rauque des murmures. J’avance au ras des vagues à même l’horizon, les mots comme des pétales, les phrases comme des bras. Je n’ai peur de rien mais j’ai peur pour mes petits-enfants quand il neige des bombes, des mines explosives et des tapis de prières. J’ai peur des phrases aphones sans écho ni murmure, des frontières qu’on trace, des lâchetés qu’on enseigne à l’école. Entre les mots et l’eau, je ne monte pas de bateau, je nage contre la vague.

(p.66)

LE ROSSIGNOL ET L’EMPEREUR au GTQ; toutes les beautés artistiques réunies sur la scène de la salle Louis-Fréchette; l’âme russe remplie à ras bord par celle de Robert Lepage qui dirigeait, à même les flots noirs du bassin, les ondes magiques de cette soirée mémorable; Julie Novikova et sa voix claire comme de l’eau de roche; les marionnettes aussi émouvantes que les humains qui les manipulent; la musique de Stravinsky, comme un morceau de réalité arraché au rêve…LA BALLADE DE L’IMPOSSIBLE, mon premier Murakami; un roman bu à même les lèvres de la Littérature japonaise; une certaine pensée pour Mishima




NOTES SUR LA MÉLODIE DES CHOSES, le parfait petit livre de jeunesse de Rainer Maria Rilke qu’il fallait lire d'une traite…pour apprendre sa réflexion sur une nouvelle manière de faire du théâtre:

« De la hauteur des mots se laisser choir dans une mélodie une et commune »

La Petite de Simon G., qui souffre d'une fièvre qui aurait pu être enrayée plus rapidement n'eut été de l'incertaine incompétence d'un centre hospitalier, probablement surchargé de travail…

DES FANTÔMES DE SABLE QUI S'AGITENT SOUS LES BRAS SALÉS DE LA MER D'ÉMEUTES QUI SECOUENT NOTRE MONDE D'ÉPUISÉS...Les émeutes de Londres; l’or qui nous monte à la tête; le pétrole qui nous assassine, qui descend de leurs pompes à fric...Et le futur brillant du DIAMANT qui luira dans l’ombre des chiffres...ÇA NE SERA PAS LA PREMIÈRE FOIS QU’ON DEVRA SERRER LA CEINTURE (FLÉCHÉE) dU CANADA; MAIS AU FAIT, ON N'EN A PLUS DE CEINTURE, ELLE EST PARTIE DONNER LA STRAP AU VIDE DES CERVEAUX ENFLÉS...(Une phrase sans mot est une page de trop)...Le bijou de documentaire MICHEL CHARTRAND, LE MALCOMMODE, de Manuel Foglia, allumeur de réverbères de notre crépuscule…La mort de Jack Layton, parti pour une autre sorte de gloire, éternelle celle-là…LES BALLETS RUSSES au MNBA; l’art du vêtement de scène pour envelopper l’âme de Diaghilev; la musique des grands compositeurs dans la tête et sur les écrans géants…Les toiles de l’autodidacte Jacques Payette; un monde fait d’encaustique, d’acrylique, d’huile, d’encre, de fusain, de pastel, de crayon de plomb,et de cire...Le recueil somptueux de L’ÉTOILE POURPRE d’Alain Grandbois, de la pure poésie…

Des fleurs lunaires s'allongent
Gravissant autour de nous
Nous sommes tendus droits
Le pied pointant vers les fonds
Comme celui du plongeur renversé
Déchirant les aurores spectrales
L'absolu nous guette
Comme un loup dévorant


«Les poètes de ma génération ont «chanté» la solitude parce qu'ils ne trouvaient pas cette présence de l'autre, et cette sorte de fraternité que vous éprouvez maintenant. Nous étions seuls, durement seuls, et nous le sommes encore.

Un autre coup de théâtre de l'inespéré Frédéric Dubois: FALLAIT RESTER CHEZ VOUS, TÊTE DE NŒUD, de Rodrigo Garcia; du théâtre qui déplace de l’air…en masse; qui fait vibrer la corde sensible de nos sanglots d’automne; du théâtre qui sort de ses gonds…Le suicide d’Allain Leprest, le plus inconnu des chanteurs connus, un poète qui descend en ligne directe avec le Brel enchantant; heureusement qu’il nous reste YouTube pour le voir et le revoir nous chanter ses mots aussi beaux que cruels…


ON JASE
ON PLACOTTE
ON ASTICOTE,
LA VIE TRÉPASSE;
LA VIE SE PELOTE
CONTRE LA MORT

LES CHEMINS INVISIBLES du Cirque du Soleil sous les bretelles de béton; des rebondissements exemplaires sur les matelas du possible; une troupe de magnificos...IRÈNE, méchante femme; ouragan venu causer ravage à nos arbres et parterres, routes et fenêtres; qui a fait revoler toute la Côte Est à l'envers de l’Amérique du Nord…LIRE ET ÉCRIRE, des frères Cohen; un film sur le sarcasme qu’est la *** (je ne tape pas le mot, au cas où des on sait jamais)...




SCRAPITUDE, le premier recueil de Christian Girard, le libraire le plus attentionné de la Cité; avec des mots de SON cru, ceux de la page 51:

La ville où je m'enfarge
en cherchant mes racines
sous les fleurs du tapis



SEPTEMBRE

LES TROIS JOURS DU CONDOR, film indémodable de Sydney Pollack ; encore une histoire de *** avec les trois lettres qu'il faut taire; quelques scènes où on voit les tours jumelles de 1974…Le dixième anniversaire de leur chute spectaculaire dans le plus grand attentat de tous les temps qui restera veut veut pas ancré dans nos mémoires pour longtemps; et James Taylor qui chante en ce jour triste du 11 septembre 2011:

 http://www.youtube.com/watch?v=2-WICd9G6es&feature=related

XANADU, la série télé française sur la porno, tournée en partie par Podz, le Québécois; des images CULbutantes, des acteurs au quart de tour, du concret; du nouveau…Le CHANT POUR ENFANTS MORTS du Prince des Ténèbres lui-même, Patrick Brisebois; pour les peaux fines et les pas fins ;-)...François Vincent chez Lacerte: UN SOIR UNE NUIT ET SIX JOURS; une prose de non-dits, des apparences, du silence...LE RAGOÛT DU SEPTUAGÉNAIRE de Charles Bukowski, une autre de ces excellentes suggestions de mon cher libraire de chez PantouteLA PATIENCE DE MAURICETTE, de Lucien Suel, deuxième roman du poète de Nord-Pas-de-Calais; constructeur de textes, sculpteur de mots, blogueur à L'ACADÉMIE 23; jardinier qu’il fait toujours bon défricher et déchiffrer...

crédit photo:L'ÉCHO DE LA LYS



Une autre fois IMAGINATION DU MONDE, à l’église Saint-Cœur-de-Marie (avant qu’on ne la démolisse); le Théâtre de l’Urd, une aventure au centre même de la Crise; la même autre vision de la Divine Comédie de Dante vue le 9 juin dernier; Hanna Abd El Nour, qui, sans aucun doute, avec Wajdi Mouawad, est l'un des plus intéressants créateurs que le Québec ait « transe-formé »...

LA CRISE: CE N'EST PAS TELLEMENT COMPLIQUÉ: C'EST TOUT LE MONDE QUI DOIT DE L'ARGENT À PRESQUE TOUT LE MONDE.


L’hommage pourri à VLB lors du Gala des Gémeaux; une vraie honte…PUBLIQUE...TOM À LA FERME, de Michel-Marc Bouchard; de la beauté cruelle, mise en scène par Marie-Hélène Gendreau; avec un quatuor de comédiens exceptionnels: Steve Gagnon, Frédérick Bouffard, Lise Castonguay et Joëlle Bond; de la lumière rouge sang dans l'étable des ténèbres…Le bon chocolat chaud de La Brûlerie St-Roch; la causerie avec A., toujours aussi longue que belle...



photo: Patrick Dubé

L'intriguant MATER DOLOROSA de Jean-Marc Mathieu-Lajoie au LIEU centre d’art, là où nous avons rencontré le sympathique Patrick Dubé, artiste iconographe; Patrick qui a donné un " généreux " coup de main en laissant tomber anges et statues au-dessus de l'abîme d'une église qui se fracasse de plus en plus; LE LIEU, où pour 5 malheureux dollars, j'ai pu acheter...un lingot d’or...





NOTES DE CUISINE, un autre texte de Rodrigo Garcia mis en scène par le surdoué Frédéric Dubois; une pièce de choix jouée dans LA CUISINE de la rue Saint-Vallier; un " beau morceau " dans lequel le Spectateur est souvent convié à mordre dedans...pendant qu’il mange; du théâtre qui sort du cadre traditionnel; un avant-goût peut-être de ce que pourrait ressembler la prochaine saison du Périscope avec à son bord, comme directeur artistique le même Frédéric Dubois, un artiste qui vous sort dans SES sentiers abattus…LA NUIT DES ROIS OU CE QUE VOUS VOUDREZ, la première des cinq pièces présentées au Trident cette saison; une distribution exceptionnelle, avec entre autres Jean-Sébastien Ouellette, Lucien Ratio et Olivier Normand; du talent à revendre pour ce Shakespeare dont on ne se lasse jamais (dans mon cas)…COMMENT APPELLE-T-ON UNE CHOSE ? de François Mathieu, à la Bibliothèque Gabrielle-Roy; un voyage fascinant à travers quelques-uns de ses objets volants...


OCTOBRE



photo: Bernard Brault, La Presse

Une petite entrée chez COCAGNE de la rue Saint-Denis une demi-heure avant la CANTATE DE GUERRE au THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI; malgré les mots cruels de Larry Tremblay, cette œuvre valait largement la peine d'être vue de plus près de ce que les critiques en avait non-dit, ne serait-ce que pour la performance absolument démente et éblouissante de Paul Ahmarani, un bourreau de travail qui a sonné la charge à tous ses confrères comédiens; eux qui ont fait plusieurs détours sur une scène découpée aux couteaux bien aiguisés, entre autres celui d’Abdelghafour Elaaziz, qu'il faisait plaisir de voir jouer en live...but la guerre for me, no sir !...



La captation télé de François Morency au Théâtre Corona; du rire en fût; une ambiance de fête avec les fans finis du blond comique...L'exposition de LINO à l’UQAM; ses œuvres originales, splendidement et quelques fois outrageusement exaltantes; de l'art-ériel sur les coeurs fendus…LES CENDRES DE MAMAN, de Lolita Séchan, illustré par LINO; une belle histoire pour enfants, petits et grands…




Le passage express à Laval-des-Rapides, quartier d’enfance de la rue De Galais; le Dairy Queen; l'autoroute 15; et un coucher de soleil d’enfer…À NDM, chez Maman, avec les trois chats, les quilles, Tante Lucille, mes frères, ces combattants toujours vivants…







Les 5 ans de vie commune avec notre lapin Tit-Boule, ma beauté suprême…Le cadavre de Khadafi exposé à la face exponentielle de notre monde facebooké…LA PROMENADE DES ÉCRIVAINS dans le Vieux-Québec, en la pétillante compagnie de notre guide, Marie-Ève Sévigny; les mots de Jacques Poulin sous le ciel de Québec; une vraie belle tournée d’automne…jusqu'au cimetière; mais aucune espèce de trace de VLB au Périscope…pour le lancement de son antiterre...




LE THÉÂTRE ME RASSURE SUR CE MONDE QUI TROP SOUVENT EUT TENDANCE À OUBLIER QUI IL EST (OU ÉTAIT) ET D’OÙ IL VIENT (OU VENAIT).

LES HOMMES ET LEURS SUEURS
DES FEMMES PRISES DANS LEURS COEURS;
EMBRASSONS LES MAUDITS POÈTES;
CHÉRISSONS LEURS VIEILLES CONQUÊTES

Martin Bureau chez Lacerte: FROM CHINA WITH LOVE; graphite, acrylique, feuilles d’aluminium; absolument grandiose…



From China with Love 19 (2011)
Graphite, acrylique et feuille d'aluminium sur bois
122 X 183 cm

Les TROPHOUX de Roch Plante, alias Réjean Ducharme, exposés à la Bibliothèque Gabrielle-Roy; un spectaculaire ramassis d'objets qu’il trouve dans la rue et qu’il assemble sur des toiles, moins grandes que je ne l’aurais cru; un rêve que d’en avoir vu quelques-unes…MOI, PIERRE LEROY, PROPHÈTE, MARTYR ET UN PEU FÊLÉ DU CHAUDRON, de VLB; trouvé en surprise à La Bonne OccasionENTRE VOUS ET MOI IL N’Y A QU’UN MUR de Jocelyn Pelletier; un auteur, un vrai, un metteur en scène d’avenir au service du présent…Le last câll inattendu de Mister Jarvis; comme une espérance d’il y a un million d’années…

NOVEMBRE

Le mois des morts...LA GRÈCE QUI FOND MONÉTAIREMENT À VUE D'OEIL...TOUT QUI S'EN VA; RIEN QUI REVIENT...TOUT QUI FOUT L'CAMPS, RIEN QUI RETIENT...DANS LES BOIS BRISÉS, LE VENT SE LÈVE...

Chez HISTORIA, EN VIVANT, EN ÉCRIVANT d’Annie Dillard, une auteure dont j’ai souvent entendu parler par Robert Lalonde…L’arôme et le décor invitant du Pain et Passion juste avant KANATA, un Loup Bleu qui nous a parlé de l’histoire inversée des Amérindiens; instructif et renversant; comment ne pas avoir eu un peu mal à l'âme après ça ?...VLB qui gagne le prix Gilles-Corbeil et les 100,000 beaux dollars qui l’accompagnent; le juste retour des choses…OCCUPY QUÉBEC qui se démantèle au Jardin Saint-Roch…Brrr…pour que vive la révolution…(83 amis facebook mais parmi eux plusieurs qui font le mort)…LES DERNIÈRES FEUILLES D'UN AUTOMNE QUI N'EN FINIT PLUS ET QUI SE RAMASSENT À LA MAIN…LA MÉDÉE D’EURIPIDE, d’après Diego Aramburo; ou jusqu’où l’amour d’une mère peut aller sans l’homme de sa vie; les touchantes interprétations de Linda Laplante et Hugues Frenette ont rapporté au Trident une autre de ces soirées mémorables…La création du slogan ON VERRA par le chef d’un tout vieux néo-parti parti pour la gloire de nos pères (si l’on se fie aux sons d’âges)…La réédition du CHANT POUR ENFANTS MORTS de Patrick Brisebois; une œuvre qui chemine autour de ses déra-pages et qui, je l’espère, sera aussi connue que Barabbas dans la passion…LE PARCHEMIN DU ROY, boutique de l’écriture sur Crémazie Ouest; tout pour enluminer les mots et les images…LAURIER-STATION 1000 répliques pour dire je t’aime; Jean-Sébastien Ouellette à la mise en scène et Isabelle Hubert aux textes, le match parfait; l’intensité dans le quotidien des petites choses; le pluriel et le singulier; la sincérité au bout de la plume…La Tour Martello numéro 4, grosse masse de pierre grise qui embellit le paysage tranquille de la rue Lavigueur…La GALERIE LINDA VERGE (de la seule et vraie rue Des Érables à Québec); GRANDS ESPACES, PETITS FORMATS, la plus récente production de Claude Pelletier, un pastelliste unique; rivages, fleuve, plénitude des gris bleu avec le vert des espérances; et les immenses toiles de Marc Paquet, le flambant nu de la poésie émanée de ses coups de racloir; le papier comme une lumière fantôme; LA ROUTE VERS ST-GABRIEL de Simon Carmichaël, enfin devant mes yeux...



Claude Pelletier
SEULEMENT


LE LIEU DU LIVRE, une bouquinerie, rue Crémazie Ouest, qui existe depuis 28 ans mais que je ne connaissais pas encore; le bonheur d’y voir s'entasser une multitude de livres et d'y trouver parmi eux quatre VLB théâtre qui me manquaient: LA MAISON CASSÉE, VOTRE FILLE PEUPLESSE, PAR INADVERTANCE, MONSIEUR ZÉRO et LA NUIT DE LA GRANDE CITROUILLE; de quoi y retourner…L’ABSENCE DE GUERRE de David Hare, dans une brillebouillante mise en scène d’Édith Patenaude; l’opposition sous son pire jour mais à son meilleur; avec un Normand Bissonnette des plus exaltant; des moments théâtraux comme on aime en vivre dans la petite salle de chez PREMIER ACTE

DES GROSSES ANGUILLES S'ÉTAIENT CACHÉES SOUS LES ROCHES DE LA JALOUSIE; ELLES AVALAIENT LE DOUX VENINS DES PETITES MÉCHANCETÉS, PUIS LES RECRACHAIENT À LA FACE DES TROP JEUNES ET JOLIES FILLES SANS DÉFENSE...(à la mémoire de Marjorie Raymond




DÉCEMBRE

Frans Ben Callado, El Caimán Divino, compositeur, poète, cinéaste, peintre, québécois d’origine espagnole et colombienne; J’ajouterais blogueur, DEMENTIA UNIVERSALIS; ses deux recueils, FAIRE CONFIANCE À UN ANIMAL et VISAGES APRÈS L'AVERSE sommeillent au Pantoute de la rue St-Jean, mais en attendant, écouter quelques-unes de ses compositions: http://www.myspace.com/fransbencallado 

L'invitation surprise de PREMIER ACTE pour re-voir LE CARDIGAN DE GLORIA ESTEBAN; avec toujours la même émotion, Jonathan Gagnon et Marie-Ginette Guay, encore plus at-touchants que la première fois...La séparation, non douloureuse, d'avec mon vieil ordinateur; l'acquisition du nouvelle machine plus performante, pour écrire plus vite mais peut-être pas mieux...

Voilà, une autre année qui s'achève dans la neige, le froid, la pluie et le vent. Une année bien remplie par tous ces artistes et artisans qui contribuent à me la rendre meilleure. En avoir fait le tour pour me rendre compte à quel point l'Art, sous toutes ses formes, est mon allié le plus précieux pour m'évader d'un monde parfois embarrassant. J'en profite pour les remercier en même temps que VOUS, très chers et précieux Lecteurs. Je ne vous nomme pas parce que je sais que vous savez qui vous êtes...

AU NORD DU CONTINENT, LES LIÈVRES SONT BLANCS
MAIS LA TERRE ENCORE BRUNE.
ILS VONT FINIR PAR SE FAIRE MANGER.

LA MÉMOIRE M’OUBLIE

POUR 2012,
JE MANGERAIS BIEN VOLONTIERS
UN PLAT DE CHAUDE SÉRÉNITÉ...
VOLONTAIRE, SI POSSIBLE.
PARCE QUE LA TERRE TOURNE ENCORE
...POUR LE MOMENT