mercredi 18 avril 2018

TRILOGIE ACADIENNE DE FICTION AUTOBIOGRAPHIQUE : l’intégrale intégrité au cube




Je regrette cependant de ne pas être allée voir LES TROIS EXILS DE CHRISTIAN E., mais je me suis mis à rêver de la prochaine pièce qui bâtira probablement l'une des plus fécondes trilogies que l'on aura vue jusqu'ici.

ENVAPEMENTS
14 février 2015


 DES COUSINS DES VOISINS DES AMIS
DES MONONKS DES MATANTES 
UN PÈRE UNE MÈRE 
UN PÉPÈRE UNE MÉMÈRE
DES FRÈRES DES SOEURS
DES CHIENS DES CHATS
DES CHARS DE LA BIÈRE
DU VENT ET DES BIJOUX
ET SURTOUT DE LA MUSIQUE…
(+ UN BON PLAT DE MACARONI) 
;-)

elquidam



Un voyage en première classe en Acadie, au pays de la reconnaissance, dans la patrie de la Sagouine. En compagnie de Christian Essiambre, Pierre Guy Blanchard et Luc LeBlanc, nous nous sommes promenés dans leurs terres, sur et sous leurs eaux. Nous nous sommes reconnus à table, dans le bois, au bar, dans le lit, dans le char, dans le grand cœur de ces familles qui gravitent autour des constellations, des montagnes et des glaces.

Photo: Pascal Ratthé

Fils et filles conçus dans le noir des chambres à découcher, hommes et femmes marchant main dans la main dans le creux humide des bords de mer, enfants et vieillards unis dans la même maison enchantée, frères et sœurs se tiraillant par les cheveux, fantômes et fées rôdant dans les contes de la folie pas ordinaire. Au-delà des rires et des peines, toute la vie qui mord à pleine dents dans le feu de l’action…


SOLO : LES TROIS EXILS DE CHRISTIAN E.

Nous, qui n’avions pas encore assisté à ce morceau d’anthologie acadien, avons été complètement absorbés par le monologue débordant de spontanéité et de vérité de Christian E. Une chaise, un homme, sa parole, son vécu, son départ du patelin, son apprentissage en ville, ses amours, ses amis, sa famille, son travail. Dans ce manège parfois étourdissant qu’est la vie des citadins, on le suit pas à pas, mot par mot. Ses racines, qui le suivent à la trace, ne quitteront jamais les images du tableau humain que sa mémoire lui conserve précieusement comme un porte-bonheur. Sur cette toile immense, où il y appose ses couleurs comme ses noirceurs, on aperçoit le fond brumeux et la lumière des fantômes toujours aussi présents. Christian E. attisait ainsi le public déjà en feu de la CASERNE DALHOUSIE. Des odeurs d’essence flottaient dans l’assistance, probablement celles de Philippe S., l’incomparable metteur en scène de ces histoires extraordinaires…



DUO : LE LONG VOYAGE DE PIERRE-GUY B.

Pour la suite des choses, et non les moindres, LE LONG VOYAGE DE PIERRE-GUY B., que nous avions vu en février 2015 au PÉRISCOPE, et que nous avions adoré A. et moi, et qui fût sans contredit notre découverte de la saison 2014-2015. En ce soir de printemps à saveur plutôt hivernale, tout le plaisir de retrouver Pierre-Guy B., en compagnie de son fidèle compagnon Christian E., a fait doubler l’extase de le réentendre avec le son indéfectible de ses multiples percussions. Comme un rappel tant attendu d’un air de déjà-vu, pour s’en souvenir comme si c’était hier, on clique sur le lien ci-contre :


Et aussi sur celui-ci, pour admirer toute la poésie musicale de ce multi-instrumentiste pas comme les autres:





TRIO : L’INCROYABLE LÉGÈRETÉ DE LUC L.

Pour la troisième période de cette partie parfaite, une recrue, Luc LeBlanc, que les THÉÂTRES SORTIE DE SECOURS et de L’ESCAOUETTE ont été repêché dans les eaux salées entourant l’Île-aux-Puces de Citrouille, personnage qu’il incarne depuis belle lurette. Ses compères ont eux aussi œuvré au Pays de la Sagouine. Tout aussi volubile et émotif que Christian E. et Pierre-Guy B., sa performance est gravée d’un humour particulièrement troublant par moments et totalement délirant à d’autres. Fallait le voir faire cette face à faire peur au diable mais si burlesque à la fois. Avec les éclairages de convenance, il était superbement hypnotisant. La scène lui appartenait littéralement. Il a cassé la baraque. Une autre superbe découverte pour nous, spectateurs heureux du Périscope en cavale.

http://www.journaldequebec.com/2018/03/14/le-charisme-de-luc-leblanc




Dans la Caserne
Photo: L.Langlois

Texte et idée originale
Philippe Soldevila, Christian Essiambre, Pierre Guy Blanchard et Luc LeBlanc
Mise en scène et direction de la création
Philippe Soldevila
Assistance à la création et direction de production
Emile Beauchemin
Direction technique
François Leclerc
Lumières
Marc Paulin 
Musique
Pierre Guy Blanchard
Collaboration artistique
Christian Fontaine
Direction artistique
Philippe Soldevila et Marcia Babineau
Compagnies
Théâtre Sortie de Secours et le théâtre l’Escaouette 
Photos du spectacle : Louis-Philippe Chiasson





Avant d’entreprendre ce périple théâtral, quoi de mieux qu’un détour dans le Petit-Champlain et au Buffet de l’Antiquaire. Pour prendre le pouls de la ville, pour la goûter et y respirer l’air frais de ce 24 mars 2018. Et parfois, on y fait de drôles de rencontres...








Le petit pompier de La Caserne Dahlousie
Photos: L.Langlois

Et le feu, en revenant du show, celui sur la rue Seigneuriale à Beauport, comme si celui auquel nous venions d'assister à la CASERNE DALHOUSIE, ne nous avait pas suffit...Puis ce goût de macaroni à la viande le lendemain, celui avec deux boîtes de soupe aux tomates. Miam!



Photo: L.Langlois
25 mars 2018



samedi 14 avril 2018

UNE BÊTE SUR LA LUNE : d’un continent à l’autre



Gar or chugar
Il y avait et il n’y avait pas

Le 24 avril 1915 est un jour funeste pour les Arméniens. Ce jour-là, à Constantinople, le coup d'envoi du premier génocide du XXe siècle est donné par une rafle de l'élite arménienne. En quelques jours, plus de 2000 intellectuels et notables sont jetés en prison. La majorité d'entre eux sont assassinés. Un plan concerté d'extermination des Arméniens de l'Empire ottoman est mis en œuvre par le gouvernement jeune-turc. Bilan: entre 1,2 et 1,5 million de victimes. Les survivants seront condamnés à l'exil, sans possibilité de retour.



UNE BÊTE SUR LA LUNE, un homme, une femme, et un enfant. Trois jeunes protagonistes secondés par un vétéran raconteur. Une histoire éclatante d’humanité, ponctuée d’explosions de silence. Inspirée par la famille rescapée de son épouse arménienne, Richard Kalinoski, un auteur américain né dans le Wisconsin, dépeint avec une force tranquille et un réconfortant minimalisme le quotidien d’exilés venus trouver une certaine paix aux USA. Charles Aznavour, Arménien de renom, chante ici le souvenir de leur douloureuse délivrance... 



Amélie Bergeron, qui avait cosigné avec Agnès Zacharie le sublime PIANO À VOILE (vu l’an dernier dans le stationnement du Périscope), n’a pas ménagé son talent de metteure en scène, elle a su faire progresser, avec toute la subtilité exigée, cet ignoble désastre humanitaire qu’ont eu à subir les millions d’Arméniens et d’Arméniennes. Secondée par des concepteurs tout aussi qualifiés, on se plaît à espérer une prochaine production dans laquelle on pourrait tous les retrouver.


Gorges nouées par une émotion éclose de l’exil, Mustapha Aramis et Ariane Bellavance-Fafard ont réussi  à fixer l’attention du public averti de LA BORDÉE. Leurs Aram et Seta faisaient partie de ceux qui ont fui le fléau mortel du génocide arménien. Avec toute la rigueur de l’un et la légèreté de l’autre, ils ont formé avec grâce ce couple uni malgré quelques embûches et confrontations. Ayant accepté leur sort, ils avaient l’air si heureux lors du dénouement que l’on aurait voulu leur souhaiter la meilleure des chances pour l’avenir.


En ce 24 avril 2015, j'aurais aimé pouvoir en discuter avec mon grand-père Naïm, qui, dès 1921, du fin fond du petit bled syrien où il s'était réfugié après le génocide, était abonné à La Presse. J'aurais aimé aussi pouvoir en parler avec ma grand-mère Laurice, morte il y a deux ans, elle qui, après la mort de mon grand-père, était la gardienne de sa mémoire et de ses espoirs.

Rima Elkouri, La Presse


Rosalie Daoust a brillé de tous ses feux dans le rôle de l’autre rescapé, l’enfant de la résilience, le petit Italien abandonné aux rues de Milwaukee. Son rôle lui vaudra, j’en suis convaincue, d’autres personnages tout aussi convaincants que son Vincent enfant. 


Quant à Jack Robitaille, l’enfant devenu grand, le narrateur, sa seule présence dans ce spectacle promettait déjà le succès. Toujours aussi juste et bon, sa voix unique transporte l’histoire de cette famille reconstituée au-delà de nos espérances. Et quelle superbe nouvelle avons-nous cette semaine en apprenant qu’il sera le nouveau DRAGONFLY DE CHICOUTIMI présenté à La Bordée l’automne prochain. De quoi avoir hâte que l’été finisse ! 

Photos: L.Langlois
15 mars 2018
"J'apporterais ma mémoire
(et une valise)"
L.L.


Pour terminer cette autre belle soirée de culture, après avoir admiré le hall imprégné d'exilés, A. et moi avons eu le bonheur de croiser Agnès Zacharie et Henri-Louis Chalem, avec qui c’est toujours un grand plaisir de converser de théâtre, d’humanité et de société.

(En espérant n'avoir jamais à faire comme Aram)
Photos: L.Langlois

Enfants fragiles des dinosaures
Enfants frugivores des carnivores
Enfants rois des châteaux-forts
Enfants prisonniers des miradors
Enfants martyrs des sanglantes aurores
Enfants soldats des porte-étendards
Enfants comblés par le Jeu et l’Art

elquidam


Cette histoire d’immigrés aboutis dans l’Amérique des réfugiés ne pouvait pas être plus d’actualité. Parce qu'avec l’été qui arrive bientôt, malgré ce printemps de glace qui n’en finit plus, on nous fera voir à nouveau, aux frontières de notre belle province, le visage inquiet de l’Étranger venu trouver un quelconque réconfort dans ce pays si abondant, qui soit dit en passant reconnaît le génocide. Et parce que l’accueil ne sera pas si facile parfois, parce qu'il y aura encore de la véhémence dans les deux sens, et parce qu’il sera toujours temps de prendre le monde par la main: regardons-les en face, les yeux dans les yeux, juste avant qu’ils ne meurent…


A whole race, genocide
Taken away all of our pride

A whole race, genocide

Taken away

Watch them all fall down




UNE BÊTE SUR LA LUNE

TEXTE: Richard Kalinoski
TRADUCTION: dANIEL lOAYZA
adaptation et mise en scène: Amélie bergeron
assistance à la mise en scène: laurence croteau langevin
décor: véronique bertrand
costumes: julie morel
éclairage: keven dubois
musique: pascal robitaille
PHOTOs du spectacle: NICOLA-FRANK VACHON


REPORTAGE






Avant cette sublime cérémonie théâtrale, avions visité LA GALERIE DES ARTS VISUELS qui nous présentait A SUITABLE DEN de ce même Greame Patterson qui nous avait subjugués avec son PLAYER PIANO WALTZ à la GALERIE 3 l’automne dernier. Encore une fois, il nous aura intrigués avec son ingénieuse installation dans laquelle s’y promène un raton-laveur aux allures plutôt bureaucratiques. Allez voir…;-) 


Autres objets tous aussi curieux les uns que les autres, les RAKU PUNK de Jean-François Boulard et Valérie Blaize. Exposés chez MATERIA, ils nous auront mystifié l’art de la cuisson ! Pour la mémoire...










lundi 26 mars 2018

INCENDIES: promesse tenue sous les projecteurs de la vérité



Debout, couchée ou à genoux,
je ne prierai jamais plus pour vous;
Plutôt écrire sur eux et sur nous.
Plus tôt mourir, pauvres fous....

elquidam

Que faire du besoin de miracles qui m’habite alors que tout est détruit autour de moi ?

Wajdi Mouawad
Littoral





LE POSSIBLE N’EST PAS LOIN DU NÉCESSAIRE.

Pythagore, le boxeur mathématicien


A 17 ou 18 ans il participe aux Jeux Olympiques et remporte toutes (oui toutes) les épreuves de pugilat. Le pugilat c'est juste la boxe de l'antiquité : pas de catégories de poids, pas de gants à part quelques fines lanières de cuir sur les mains, pas de protections non plus, avec pour seule issue, l'abandon, le K.O. ou la mort (assez rare cependant car elle est éliminatoire pour le vainqueur).



Parce que nous venons tous du même endroit chaud et humide de la Naissance…

Revoir l’INCENDIES de Wajdi comme si c’était encore le même jour où nous nous sommes promenés le long de son LITTORAL, le même soir où nous nous sommes perdus puis retrouvés dans ses exceptionnelles FORÊTS. Réentendre le souffle mourant d’une femme enfantant le chant du bourreau nouveau-né....


Rien n’a vraiment changé depuis ce soir mémorable de juin 2010. L’histoire de Simon et Jeanne Marwan est toujours aussi présente et essentielle. Encore plus aujourd'hui je dirais. Cette culture du Nous, celle qui nous apprend l’Autre, celle que nous côtoyons chaque jour via les actualités télévisées de ce monde élargi qui semble rapetisser à mesure que le temps passe…


La guerre des mots en feu sur fond d’hostilité, s’entremêlant aux longs silences de la torture intérieure, explose à nouveau la mémoire de nos fureurs antiques. La mère qui se tait entre ses murs de chair martyr, ses enfants qui s’interrogent sur son passé en mode présent. Il y a dans cette histoire de famille quelque chose de surhumain, tellement qu’on se demande si nous ne sommes pas des extraterrestres. Si l’on en juge par la lumineuse reprise, le flambeau d’INCENDIES n’est pas prêt de s’éteindre. Merci à tous les collaborateurs de ce prestigieux spectacle que nous n’oublierons jamais.

L’HEURE ROUGE

L’essence qui brûle encore dans l’autobus.
Les affres de l’exil.
Le cœur à la mauvaise place.
L’odeur de l’Enfance émiettée.
Le brasse-kamarade d’un pays en lambeaux.
Les prisons humides remplies de sang séché.
L’heure rouge du premier matin de la Naissance.

elquidam


C’est l’un des derniers rituels qu’il nous reste : aller au théâtre tout le monde ensemble, arrêter nos vies, éteindre nos cellulaires, nous éloigner de la pensée et du quotidien pour plonger dans une histoire. Ma vie, c’est le théâtre. C’est ce que j’aime le plus au monde.

Marie-Josée Bastien in le programme

Marie-Josée Bastien, la femme bionique du théâtre québécois, a rendu possible cet autre miracle de beauté ardente. Les interprètes qu’elle dirige laissent l’impression qu’ils sont tous et toutes en pleine possession de leurs moyens autant pour s’éclater sans compromis sur cette scène enflammée du Trident que de faire vibrer l'émotion des silences suprêmes de la résilience extrême...


Photo: Trident

LES COMÉDIENS

Charles-Étienne Beaulne : Simon, le fils de Nawal, le boxeur révolté, l’âme sœur, le jumeau de Jeanne. Sarah Villeneuve-Desjardins : la mathématicienne, la tête chercheuse des pressentiments. Nathalie Séguin : Nawal, l’amoureuse, la mère, l’exilée,  à 14 et 19 ans. Dayne Simard : Wahab, son amoureux, père de son enfant. Marie-Hélène Gendreau : Sawda/Elhame : son amie, la force et le courage. Véronika Makdissi-Warren : Nawal, la radicale, la meurtrière, la détenue, la recluse, à 40 ans. Lise Castonguay : Nawal, la silencieuse, la recluse, le témoin, à 60 ans; Nazira, la grand-mère de Nawal. Réjean Vallée, Hermile Lebel, l’ami inconditionnel de Nawal, le confident, l’impayable notaire aux mille citations revues et non corrigées.;-) Gabriel Fournier : Nihad/Abu Tarek : l’enfant-soldat de la mort, l’errant, le bourreau(des coeurs), le fils/frère/père. Jean-Sébastien Ouellette : Ralph, Antoine, Fahim, Chamseddine : le professeur, le chef de guerre. Appréciez quelques extraits:


Faisant corps avec une scénographie parfaitement adaptée au rythme du "scénario", chacun d'eux a offert au public du Trident une performance tranchante de vie mortelle avec beaucoup de bruits PAS POUR RIEN...

© David Betzinger / Hans Lucas / AFP




INCENDIES

TEXTE: Wajdi Mouawad
MISE EN SCÈNE: Marie-Josée Bastien
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE: Joée Lachapelle
SCÉNOGRAPHIE: Marie-Renée Bourget Harvey
ÉCLAIRAGES: Sonoyo Nishikawa
COSTUMES: Sébastien Dionne
MUSIQUE: Stéphane Caron
MAQUILLAGES: Gabrielle Brulotte
PHOTOS: Stéphane Bourgeois

LE RÈGNE DES COULEURS
Illustration: L.Langlois

L’attelage de nos propres sentiments à celui du corps bandé de l’Homme, son sexe pris entre la peau et la pierre, son sang bouillonnant dans la marmite de la Maternité, le temps d’un viol et/ou d’un accouchement…La dominance des dominés. L’exil de l’expatrié. La mémoire de l’aisance. 




Deir-el-Qamar

C'est une des rares communes du Liban à avoir un plan concret d'urbanisme et à s'y tenir. Elle a souffert en octobre 2007 d'incendies de forêt de très grande ampleur qui, sans atteindre le centre historique, ont dévasté les environs boisés et en particulier les terrasses séculaires séparant la cité du Palais de Beiteddine ainsi que la Colline de la Croix.
Wikipedia



Je devrai trouver où prendre mon personnage dans sa douleur. Mais le travail de l’acteur, c’est toujours ça : choisir quoi cacher et quoi dévoiler.

Lise Castonguay in le programme


BLACK BETTY

Selon Charles Wolf et Kip Lornell, la chanson proviendrait d'une marche de cadence du xviiie siècle avec un fusil à silex dont la crosse est peinte en noir, les paroles « bam-ba-lam » se référant à la détonation de l'arme. On disait des soldats sur le champ de bataille qu'ils « embrassaient Black Betty ». Dans cette interprétation, le fusil a été surpassé par son successeur, un fusil avec une crosse en noyer non peinte connu sous le nom de Brown Bess.


Black Betty had a baby, Bam da lam
Black Betty had a baby, Bam da lam
Damn thing gone crazy, Bam da lam
Damn thing gone crazy, Bam da lam







Pour suive la chronologie de cette histoire qui n'en finira JAMAIS de nous surprendre:

Chronologie d’Incendies par Cécile Roy
La photo de Nawal et Sawda (p. 42), l’année des massacres dans les camps de réfugiés de Kfar Riad et Kfar Matra qui coïncide avec celle de la construction de la prison à Kfar Rayat (p. 56) sont les rares indices temporels dont nous disposions dans la pièce. Ils nous permettent néanmoins d’envisager que Nawal a 40 ans en 1978.
À partir de là, on peut supposer la chronologie suivante :
1938 : Naissance de Nawal Marwan au Liban.
1952 : Nawal (14 ans) est enceinte. (p. 22)
1953 : Naissance du fils de Nawal et Wahab.
1954 : Mort de Nazira, la grand-mère de Nawal. Départ de Nawal (16 ans) pour apprendre à lire et à écrire. (p. 28)
1957 : Nawal (19 ans) revient dans son village pour écrire le nom de sa grand-mère sur la tombe. Rencontre avec Sawda. Départ vers le sud. (p. 33-34)
Entre 1970 environ et 1978, Nihad rencontre Chamseddine, chef spirituel de la résistance. Il se bat pour défendre la cause des gens du Sud avant de partir pour le Nord chercher sa mère. Après plusieurs années d’errance, il devient franc-tireur avant d’être récupéré par la milice elle-même soutenue par l’armée étrangère qui envahit le pays. (cf. récit p. 83)
1978 : Massacres dans les camps de réfugiés.
Meurtre du chef des miliciens Chad, assassiné par Nawal (40 ans). (cf. projet des deux femmes p. 60-61)
Emprisonnement à Kfar Rayat.
Nihad Harmanni devient Abou Tarek. (p. 84)
1980 : 20 août, naissance des jumeaux
1983 : Sortie de prison de Nawal qui retrouve à Kisserwan ses deux bébés nés en prison. (p. 66)
1993 : Début des procès. (mentionné par Simon p. 17)
1998 : Témoignage de Nawal (60 ans) devant les juges. (p. 68)
2003 : Mort de Nawal à Montréal (65 ans)
L’action de la pièce se déroulerait donc au Liban, approximativement de 1938 à 1983.
Cette période d’une cinquantaine d’années environ est ponctuée d’événements historiques majeurs. Ils ne sont pas mentionnés précisément, les dates et certains noms peuvent avoir été modifiés mais ils ont une incidence sur la trajectoire des personnages.

 Soha Bechara
germe de Nawal Marwam
alias " la femme qui chante".




MAINTENANT 
QUE NOUS SOMMES 
ENSEMBLE,
ÇA VA MIEUX.


 Montage: L.Langlois