dimanche 2 octobre 2016

LES AFFINITÉS ÉLECTIVES : Alice au pays des vermeils

Photo: Jean-Marie Villeneuve, La Presse


Prendre le thé avec un petit cannelé,
Visiter des musées, 
Jardiner...
Causer dans le grand salon
Collectionner des bas nylon
S’étourdir dans les tasses de Disney 
Foncer tout droit vers l'été...

elquidam






Ce sont là les valeurs du plus beau monstre que j’ai vu cette année. Paule Savard, indéniablement l’une de nos plus grandes comédiennes au Québec, m'a ravie avec son élégance, sa richesse et sa connaissance de l’Art…et puis son thé ! Ah ! quel raffinement, nous étions en première classe.


Photo: Nicola Frank Vachon

L’air ambiant de son salon étaient tout simplement à couper le souffle. Reine du foyer, et de sa serre, ce fut un pur ravissement et un grand honneur de faire sa connaissance. C’est grâce à Michel Nadeau et au THÉÂTRE NIVEAU PARKING que nous avons pu nous régaler de ce texte ciselé de l’Américain David Adjmi, one of the Top Ten in Culture selon le New YorkerJoëlle Bond l’a magnifiquement traduit pour nous, spectateurs de Québec.



Photo: Nicola Frank Vachon


Alice Hauptmann et son majordome, dévoué et gracieux David Grenier, nous ont transportés dans un monde parallèle à la plupart du commun des mortels, dans une somptueuse demeure remplie d’objets d’art plus coûteux les uns que les autres, peut-être comme tableau du Belge René Magritte, mon peintre préféré, qui s'intitule d'ailleurs LES AFFINITÉS ÉLECTIVES

One night, I woke up in a room in which a cage with a bird sleeping in it had been placed. A magnificent error caused me to see an egg in the cage, instead of the vanished bird. I then grasped a new and astonishing poetic secret, for the shock which I experienced had been provoked precisely by the affinity of two objects—the cage and the egg—to each other, whereas previously this shock had been caused by my bringing together two objects that were unrelated.




Ce jour-là, Alice vient tout juste d’acquérir, à l’insu de son mari, l’œuvre d’un sculpteur renommé, une forme monstrueusement obscure, ce qui fera fuir celui avec qui elle partage sa vie depuis de nombreuses années. Elle nous raconte donc l’histoire de la provocation que cette œuvre au noir a déclenchée dans son entourage immédiat. Si seulement ça avait été le vermeil de LA NEF DE L'EMPEREUR...ou bien celui de la Maison Blanche...




Mais Alice, malgré la fortune qu’elle et son époux possèdent, se questionne comme nous tous sur ces choses horribles qui se passent dans LE monde, non pas le sien certes, et ni tout à fait le nôtre, mais celui-là qui tant bien que mal essaie de survivre aux attentats des terroristes de toutes sortes, aux conflits des personnes alitées les unes contre les autres dans des abris de fortune, où la désertification et autres famines provoquent souvent la guerres des territoires de ceux et celles qui sont de plus en plus affamés de chair et de sang. Puis, sans crier gare, elle se permet de nous parler de sa petite folie qui est celle de collectionner presque affectueusement les bas nylons.  Tout un contraste dans le propos...




Cela donne à réfléchir sur la vie de ces multimilliardaires, non pas seulement ceux et celles que nous voyons dans les différents médias ou qui se lancent quelque fois en politique pour passer le temps, mais ceux et celles qui vivent cloîtrés dans leurs châteaux barricadés par la peur d’être attaqués par les requins de la finance et autres loups de Wall Street, ou encore par quelques zombies de télé séries. Cette angoisse d’être infiltrés à même le domaine hérité de la richesse absolue de leurs ancêtres ensevelis sous LEURS territoires titanesques, dans les caveaux de la régénération, Alice la vivra jusqu’à son dernier souffle. Pauvre elle ! 




Je n'ai pu m'empêcher d'avoir eu une petite pensée pour Madame Jacqueline Desmarais, Jacky pour les intimes, qui, ma foi, ne chante pas si mal que ça. J’espère qu’elle aura trouvé un aussi bon majordome que celui d'Alice...





Le DOMAINE CATARAQUI, probablement l’un des plus beaux trésors cachés de la ville de Québec, nous a complètement ébahis de par cette étendue de vert, de jardins et de pierres. Arrivés dans l’après-midi, A. et moi avons profité de ce grand espace bucolique pour faire ce que nous voulions faire depuis des lustres: un pique-nique. La température était idéale, aucun nuage n’obstruait le soleil, c’était quasiment la perfection. Nous étions pratiquement seuls dans le Domaine, pour peu qu'on se serait pris pour les propriétaires…



Vidéo: L.Langlois 
1er juin 2016

Voici quelques photos souvenirs de cette autre merveilleuse journée du 1er juin 2016...













Paule Savard et Michel Nadeau
Nouveau directeur artistique 
du Théâtre de La Bordée
Photo: Nicola Frank Vachon

***

Avant de partir pour de bon dans l'Éternité,
Alice aimerait retourner à Disneyland,
tourner une dernière fois dans SA tasse de thé






LES AFFINITÉS ÉLECTIVES

TEXTE: David Adjimi
TRADUCTION: Joëlle Bond
MISE EN SCÈNE: Michel Nadeau
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE: David Grenier
SCÉNOGRAPHIE: Marie-Renée Bourget Harvey



2 commentaires:

  1. via facebook le 7 octobre 2016:

    Merci pour ce bel article.

    Michel Nadeau

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  2. via facebook le 7 octobre 2016:

    Merci pour ce bel article.

    Michel Nadeau

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